François Le Jolis de Villiers

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François Alexandre Léonor Le Jolis de Villiers, né à Villiers-Fossard le 13 juillet 1760, mort le le 21 mai 1845, est un homme politique de la Manche.

Il est nommé conseiller général de la Manche en 1791, puis en 1807 jusqu'en 1812 et en 1829 jusqu'en 1833. Il préside le conseil général de la Manche de 1808 à 1810 [1].

Il est maire de Villiers-Fossard, puis de Saint-Lô de 1800 à 1803 [1].

Il est élu député de la Manche en septembre 1817. Il est réélu le 20 octobre 1818 et en novembre 1820. Il siège jusqu'en 1824 [1].

Biographie

Originaire d'une famille noble de Brucheville, il est mis, enfant, au collège de La Flèche (Sarthe). Il en sort à 16 ans, pour entrer en qualité de cadet, dans le régiment de Vermandois (infanterie). L'ancien colonel ce ce régiment, le marquis de Timbrune, alors gouverneur de l'école militaire a distingué le jeune de Villiers ; il lui aplanit les premiers pas dans la carrière. Son protégé est reçu, après un an de service, officier dans le même régiment, avec lequel il va officier dans le même régiment, avec lequel il va en Corse. Il ne le quittera qu'après son mariage en 1787.

Comme on est en temps de paix, de Villiers occupe ses loisirs à des études variées. Le matin, il étudie la physique et la chimie ; le soir, la peinture et la musique.

Pendant son séjour en Corse, de Villiers a une sorte de pressentiment de l'élévation prochaine de la famille de Bonaparte. Il lui fait de fréquentes visites. Il évite les parvenus. Il désire vivre obscur.

À son retour de Corse, Le Jolis passe un semestre dans sa famille. Engagé plusieurs fois à passer quelques heures à l'abbaye de Savigny-le-Vieux, il résiste aux sollicitations du prieur. Une dernière invitation est si pressante qu'il accepte d'y répondre. Quel n'est pas son étonnement de trouver une table splendide, des gentilshommes du voisinage en partie de plaisir, des festins suivis de bals où dansent des femmes entretenues par l'austère Vitalis. Le Jolis y passe huit jours. Il pense que des réformes sont urgentes.

Sa vie militaire et pacifique l'ennuie. Il épouse en 1787 la fille aînée du marquis de Géraldin (Fitz Gérald), brigadier des armées du roi. Nous sommes à la veille de la Révolution. De Villiers l'a prévue et même la souhaite, mais non furieuse et effrénée.

Quand les décrets de la Constituante ruinent les espérances de Le Jolis, il achève de se dépouiller de ses préjugés de famille. Oubliant ses parchemins, il s'empresse de montrer que le ci-devant noble est un excellent citoyen. Il refuse de partir à l'étranger. Il devient maire de sa commune de Villiers-Fossard et répartit les impôts d'après le cadastre.

Lorsqu'un décret, dit Le Nouvelliste de la Manche du 27 mai 1845 le prive de ses fonctions de maire en raison de son appartenance à la noblesse, les autorités, connaissant son patriotisme et ses connaissances en chimie, lui confient la direction de la fabrique de salpêtre de Saint-Clair-sur-l'Elle.

Lorsque Bonaparte est nommé premier Consul, Le Jolis est nommé maire de Saint-Lô. C'est grâce à lui que cette ville garde son titre de préfecture. De Villiers rétablit l'équilibre des finances de la ville. Il utilise les fonds votés pour lui offrir un cabinet de travail pour paver l'emplacement de la poissonnerie.

En 1803, une maladie grave l'amène à démissionner. Mais l'ancien préfet de la Manche lui demande de remplir à Saint-Lô les fonctions de conseiller de préfecture. Aux élections de 1817, le pouvoir le choisit pour candidat. Pendant ce mandat de 1817 à 1824, il donne l'exemple de l'exactitude ce qui, à l'époque, est très rare.

En 1824, la maladie l'oblige au repos. Il ne garde que quelques places honorifiques. Il siège au Conseil général, est membre de la commission de l'hospice et du bureau d'administration du collège.

À 84 ans, il fait encore de longues promenades à pied. Il s'éteint le 21 mai 1845.

Il a fondé un prix de cent francs décerné chaque année à un domestique dit « grand valet », sachant lire et écrire, ayant demeuré cinq ans au moins chez le même maître et s'étant distingué par son intelligence, son zèle et sa probité.

Source

  • Julien Travers, Annuaire du département de la Manche, Saint-Lô, 1846.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1 et 1,2 « Tout sur la Manche », Revue du département de la Manche, tome 29, n° 113-114-115, 1987.

Lien externe