Frédéric Le Rey

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Frédéric Le Rey.

Frédéric Albert Le Rey, né à Cherbourg le 19 mai 1858, mort à Asnières-sur-Seine (aujourd'hui Hauts-de-Seine) le 6 mars 1942, est une personnalité artistique de la Manche, compositeur de profession.

Le compositeur de Dodo, l’enfant do

Né dans une famille de petits commerçants cherbourgeois, ce musicien, chef d’orchestre et compositeur, a été tiré de l’oubli très récemment grâce à un autre Cherbourgeois, Jean-Paul Bonami, grand amateur d’art lyrique, qui lui a consacré en 1998 un ouvrage intitulé Les Mille et une partitions de Frédéric Le Rey (Éditions Paoland) [1].

Grâce à des subventions de la municipalité de sa ville natale, Frédéric Le Rey suit de sérieuses études au Conservatoire de Paris avant de se fixer à Rouen, où, raconte Jean-Paul Bonami, « ses qualités d’animateur et de créateur feront merveille » [1]. Chef d’orchestre et compositeur fécond, il partage plus tard sa carrière entre la Normandie, Paris et la Côte d’Azur.

Formé par des maîtres tels que Frank, Duprato et Delibes, Le Rey se distingue avec un bonheur égal dans l’opérette, l’opéra, le drame lyrique et l’opéra comique [1]. Il laisse un nombre considérable d’ouvertures symphoniques, maintes partitions de musique de scène et de mélodies, quelques musiques de films et une grande variété d’œuvres pour instruments [1]. Son Amphytrion, créé à l’Opéra de Monte-Carlo, lui vaut les « chaleureuses appréciations » de son grand ami Camille Saint-Saëns [1]. Il est impossible de citer toutes ses œuvres (une trentaine d’opéras, d’opéras-comiques et d’opérettes, une douzaine d’ouvrages divers – et parmi lesquels une cantate « en mémoire de Jean-François Millet » - et encore connue de tous puisqu’il s’agit de Dodo l’enfant do [1].

Le 15 mars 1924 et les jours suivants, des milliers de Cherbourgeois font un triomphe à leur illustre compatriote en venant assister à la représentation de son opérette La Reine de Golconde, créée à Paris en 1911 [1].

Justice

En 1931, Frédéric Le Rey intente un procès à MM. Ramon et Collomb, directeurs du théâtre de Cherbourg pour n'avoir toujours pas organisé une représentation de son Amphitryon, ainsi qu'il le lui avait promis verbalement en 1925, et leur demande une indemnité de 4 000 F et 1 000 F de dommages et intérêts [2]. Les directeurs du théâtre se défendent en arguant que le compositeur ne leur a pas fourni le « matériel musical convenable », ni, comme convenu entre eux, le concours d'une chanteuse d'opéra connaissant le rôle d'Alcmène [2]. Quelques mois plus tard, le tribunal de Cherbourg reconnaît le bien fondé de leur défense et déboute Frédéric Le Rey et la Société des auteurs et compositeurs [3].

Hommages

La salle de répétition de l'Orchestre d'harmonie de Cherbourg-Octeville, inaugurée le 25 septembre 2014, rend hommage au compositeur en portant son nom [4].

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3, 1,4, 1,5 et 1,6 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 1, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier.
  2. 2,0 et 2,1 « “Amphitryon” devant le tribunal civil », L'Ouest-Éclair, 18 février 1931.
  3. « Un important jugement en matière théâtrale », L'Ouest-Éclair, 1er juin 1932.
  4. « L'Union lyrique rend hommage à Frédéric Le Rey »,Cherbourg-Octeville Magazine, n° 155, octobre 2014.

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