Fournée de Valognes (1794)

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La fournée de Valognes est le nom donné au renvoi devant le Tribunal révolutionnaire par le représentant du Peuple Jean-Baptiste Lecarpentier, de suspects contre-révolutionnaires en 1794 dans le district de Valognes. Elle s'inscrit dans une série d'arrestations du même genre dans le département appelée « fournées de la Manche ».

Le même jour que la Fournée de Cherbourg, le 27 messidor an II (15 juillet 1794), Lecarpentier signe un deuxième arrêté envoyant devant le Tribunal révolutionnaire dix-neuf ennemis de la République du district de Valogne, plus nombreux par le caractère aristocratique de la ville. Elles sont sauvées par la chute de Robespierre le 9 thermidor[1].

  1. . Charles-Antoine Sivard de Beaulieu, de Valognes : subdélégué puis lieutenant général civil du bailliage de Valognes, puis maire en 1790, accusé d'aristocratie et de mépris pour la Révolution, relaxé par le Tribunal révolutionnaire le 19 vendémiaire an III.
  2. . Edme-Robert-Louis Guyard, soixante-cinq ans, domicilié à Valognes : ancien receveur des tailles et secrétaire de l'intendant de Caen, incarcéré depuis le 15 messidor.
  3. . Jacques-Pierre d'Ozeville-Poisson, soixante-dix-huit ans, domicilié à Valognes : ancien officier d'artillerie, et chevalier de Saint-Louis, arrêté le 5 germinal an II pour aristocratie, il est acquitté le 19 vendémiaire an III.
  4. . Jean-Réné Lecauf de Banoville, de Valognes : noble incarcéré depuis le mois d'août 1793 , comme frère de deux émigrés puis comme contre-révolutionnaire, il est acquitté le 19 vendémiaire an III.
  5. . Victor de Lahaye, soixante-huit ans : noble, ancien commandant d'artillerie et inspecteur des forêts, arrêté le 4 novembre 1793 comme contre-révolutionnaire.
  6. . Jacques Dursus, soixante-quinze ans : noble, ancien lieutenant de cuirassiers, arrêté le 17 octobre 1793 comme père d'émigrés, relaxé le 19 vendémiaire an III.
  7. . Anonyme Anquetil de Beaudreville, cinquante ans : ancien noble, capitaine du régiment de Cravatte cavalerie et chevalier de Saint-Louis ; né à Surtainville et domicilié à Valognes : arrêté le 22 frimaire an II comme aristocrate et royaliste, relaxé le 19 vendémiaire mais maintenu en détention par le Tribunal révolutionnaire en application de la loi des suspects du 17 septembre 1793
  8. Théodore-Sylvain-Auguste de Lacour, quarante ans : né à Alleaume, domicilié à Valognes : ancien militaire arrêté le 8 octobre 1793 comme père d'émigré et contre-révolutionnaire, suspecté à tort d'avoir participé à la journée du 10 août dans les rangs royalistes, il est libéré le 19 vendémiaire an III.
  9. Jean-François de Vauquelin, soixante-dix ans, ex-noble, né à Anneville-en-Saire : ancien seigneur du Tourps, incarcéré le 28 octobre 1793 comme noble et père d'émigrés, il est acquitté le 19 vendémiaire an III.
  10. . Louis Robert François de Lassommaiserie, cinquante-deux ans : ex-noble, né et domicilié à Brix, libéré le 12 brumaire an III par la chambre du conseil du Tribunal .
  11. . Jean-Baptiste Lecourtois de Sainte-Colombe, cinquante ans, né à Coutances, ex-noble; ex-seigneur , puis maire, de Sainte-Colombe, noble, partisan des idées libérales avec sa femme, née de la Houssaie d'Ouville, suspect à la suite de l'émigration de son fils et de sa présence à Paris le 10 août 1792, incarcéré le 14 prairial an II, acquitté le 22 vendémiaire an III , mais resté en rétention en prison comme suspect.
  12. . Robert-François Piquot , domicilié à Omonville-la-Folliot, ancien maître de pension à Paris, suspecté d'avoir participé à la défense de la royauté lors du 10 défendre Louis XVI dans la journée du 10, arrêté le 14 octobre 1793, libéré le 5 vendémiaire an III.
  13. . Françoise-Charlotte Maillard , veuve de Charles-Louis-Hector, marquis d'Harcourt, gouverneur de la Normandie ; soixante-treize ans, ex-noble, née à Nancy, domiciliée à Valognes : arrêtée en germinal an II mais assignée à résidence dans son hôtel valognais, puis incarcéré à Paris après l'arrêté de Lecarpentier, libérée le 19 vendémiaire an III.
  14. . Jeanne-Félicité Jallot, femme de Jacques Louis Gabriel du Mesnildot, âgée de trente- sept ans, ex-noble née à Beaumont-Hague, domiciliée à Valognes, arrêtée le 1er octobre 1793 sur ordre de Lecarpentier comme femme d'émigré, relaxée le 19 vendémiaire an III mais maintenue en prison comme suspecte, où elle meurt.
  15. . Bonne-Jeanne-Scholastique de la Haye, femme de de Jean Berthou , ex-lieutenant au régiment de Turenne ; ex-noble , vingt-trois ans arrêtée le 8 octobre 1793 comme femme d'émigré, relaxée mais maintenue en détention comme suspecte.
  16. . Marie-Anne-Jacqueline de Camprond, veuve Danneville, soixante-quinze ans, ex-noble : arrêtée comme mère d'émigrés le 14 floréal, libérée le 19 vendémiaire an III.
  17. . Marie-Thomasse Simon, veuve Lamare, cinquante-six ans , ex-noble , domiciliée à Teurthéville-Bocage : arrêtée le 5 germinal an II comme mère d'émigré, libérée le 19 vendémiaire an III par le Tribunal en chambre du conseil
  18. . Marie-Jeanne-Victoire Beatrix, femme de Lamare, ex-capitaine de dragons, trente-trois ans, ex-noble ; arrêtée le 5 germinal comme femme d'émigré, relaxée le 19 vendémiaire an III, mais maintenue en détention comme suspecte.
  19. . Marie-Françoise-Suzanne Lemperière, veuve du Poirier de Portbail, soixante-quatre ans, ex-noble : arrêtée le 5 octobre 1793 comme mère d'émigrés, acquitté après le 9 thermidor.

Notes et références

  1. Émile Sarot, La Terreur dans le département de la Manche, Salettes, 1877.

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