Fort de Querqueville

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La cour intérieure.

Le fort de Querqueville est une fortification maritime de la Manche, située à Querqueville.

La construction en est décidée par Louis XVI en juin 1786 [1]. Construit sur la pointe de Querqueville, le fort est destiné à assurer la défense de la rade de Cherbourg, et notamment de la passe de l'Ouest.

Les travaux commencent en 1787 [1], sur l'emplacement d'un fortin semi-circulaire de la Guerre de Sept ans. Mais dès l'année suivante une complication vient perturber les plans des concepteurs. On découvre en effet qu'à l'emplacement initialement prévu des rochers moins profonds qu'on ne l'avait imaginé empêcheront les navires de fort tonnage d'emprunter la passe. On éloigne donc l'ouverture, d'un bon kilomètre. Problème, les canons du fort ne couvrent plus la passe et seront donc d'aucune utilité. Le fort perd « son intérêt opérationnel avant d'être terminé » [1]. On revoit alors le projet à la baisse et le dédie au casernement. Il faudra attendre la construction, en 1854 du fort de Chavagnac pour que la défense de la passe de l'ouest soit effectivement assurée par croisement avec le fort du musoir ouest.

À l'origine, ses canons devaient se répartir sur trois étages, comme à l'île Pelée. Mais, au final, le fort ne sera doté que d'une batterie circulaire voûtée et casematée, pouvant recevoir 53 fûts, qui est achevée en 1795. Cette batterie est surmontée d'une batterie à ciel ouvert, destinée surtout à recevoir ultérieurement des mortiers de gros calibre. En 1852, le fort reçoit son armement et une caserne est construite pour accueillir officiers et matelots.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands occupent naturellement le fort et en font une pièce, modeste, de leur défense de Cherbourg. Ils montent une tourelle de char Renault tout à l'ouest du fort pour s'assurer le contrôle de l'anse de Nacqueville [1].

En septembre 2013, le fort et ses six hectares de terrain, propriété de la Marine nationale, est acheté par deux investisseurs privés, Thierry Maraud et Xavier Taburiaux, [2] pour 50 000 € alors que les Domaines l'avaient estimé à 600 000 € [3]. La ville de Querqueville n'exerce pas son droit de préemption [3]. Les deux promoteurs affirment vouloir consacrer 20 millions d'euros à la réhabilitation de l'ouvrage et à sa transformation [3]. Ils annoncent vouloir créer un hôtel-restaurant de luxe, 80 logements locatifs, des boxes commerciaux et organiser des manifestations culturelles [2]. Finalement, à l'été 2015, le projet est abandonné [4]. « Les deux actionnaires avaient des visions différentes », constate Jean-Michel Maghe, maire de Querqueville [2].

Le 15 mai 2017, le tribunal de grande instance d'Évreux (Eure) adjuge pour 500 000 € le fort à Boubekeur Khelfaoui, gérant de la société immobilière Fox à Paris [5], pour y ouvrir un hôtel.

En 2018, le 1er Festival des continents y est organisé du 5 au 8 juillet, qui accueille conférences, concerts et animations diverses autour de l'Afrique [6]. Plusieurs ministres africains assistent à l'événement placé sous le parrainage de l'Unesco [7]. La manifestation s'achève avec un concert de Manu Dibango.

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 et 1,3 « Un fort, une folie... un chef d'œuvre ! », La Manche Libre, site internet, 1er août 2010 (lire en ligne).
  2. 2,0 2,1 et 2,2 Aurélie Bacheley, « Le fort de Querqueville remis en vente », Ouest-France, 16 juillet 2015.
  3. 3,0 3,1 et 3,2 « Querqueville : estimé 600 000 €, le fort vendu 50 000 € », Ouest-France, 11 septembre 2013.
  4. « Querqueville : les deux promoteurs jettent l'éponge », La Presse de la Manche, 15 juillet 2015.
  5. Gilles Motteau, « Le fort de Querqueville adjugé 500 000 € », Ouest-France, 16 mai 2017.
  6. « Le Premier Festival des continents au fort de Querqueville », La Presse de la Manche, site internet, 6 juillet 2018.
  7. « Festival des continents : plusieurs ministres africains en visite à Querqueville », La Presse de la Manche, site internet, 8 juillet 2018.

Articles connexes

Lien externe