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Foire Saint-Denis (Romagny)

De Wikimanche

La foire Saint-Denis de Romagny est une ancienne foire de la Manche.

Elle avait lieu sur trois jours (dimanche, lundi et mardi) au mois d'octobre, à deux kilomètres de Mortain, sur un terrain en pente, dans quatre pièces de terre contiguës contenant environ deux hectares chacune [1]. La plus vaste servait à la vente des bestiaux amenés en grand nombre, la deuxième était réservée au commerce forain.

« Des tentes contiguës, alignées de manière à former des rues, abritaient des boutiques de toutes sortes. On y vendait des couvertures de laine, du drap, de la toile, des dentelles, des bijoux, des faucilles et des herses, des faïences et jusqu'à des baromètres et des longue-vues. Un petit coin de ce champ était réservé aux chanteurs ambulants, abrités du soleil et de la pluie par un large parapluie rouge [...] Leur répertoire était très varié; ils chantaient des complaintes, entre autres celle de Sénéchal et de sa femme. Ils célébraient les exploits d'Abd-el-Kader. Mais, ce qui avait le plus de succès, c'étaient les romances sentimentales, les filles de la campagne en raffolaient. La Fille du Pêcheur enthousiasmait, et le refrain : "Sauvez, sauvez la fille du pêcheur ..." était chanté à l'unisson, raconte M. Foulqué, enfant de Mortain, géologue et minéralogiste éminent. » [1]

Dans un troisième champ étaient installés les cirques, les ménageries, les chevaux de bois, les chiens savants, les hercules et les lutteurs, les marionnettes et les diseuses de bonne aventure. Le quatrième champ, « hérissé de rochers et couvert de bruyère, dominait les autres » [1]. Dans sa partie basse s'alignaient de longues tentes servant de cafés et de restaurants. Parallèlement aux tentes s'allongeaient deux ou trois rangées de tonneaux à cidre ou de poiré, portés sur des charrettes. « Le propriétaire de chaque tonneau débitait sa marchandise en prêtant au consommateur des cruches et des tasses, en grès de Ger, et, pour qu'on pût se reconnaître, les tonneaux étaient surmontés d'espèces d'étendards, plus ou moins drôlatiques, portés sur de longues perches, destinés à appeler l'attention des amateurs » [1].

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Ouest-France, 31 janvier 1950.

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