Faune sous-marine de la Manche

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La Manche est un département mais aussi une mer.

On y trouve une faune et une flore très riches. Cette page ne constitue pas un inventaire exhaustif mais une invitation à découvrir la faune maritime de la Manche en vous inscrivant dans l'un des nombreux clubs de plongées du département.

Les poissons

On trouve (entre autres) dans la Manche :

  • des lumpes (Cyclopterus lumpus) : sur les fonds rocheux
  • des tacauds (Trisopterus minutus) (ou "gode" en terme local) : sur les surplombs rocheux ou en bancs au-dessus des épaves
  • des orphies (Belone belone) ou aiguillettes, poissons qui ressemblent à de mini espadons.
  • des chinchards (surnommés carangues à Cherbourg) (Trachurus trachurus) de la famille des caranguidés, poisson très combattif que l'on rencontre aussi bien à la côte dans les ports qu'au large. Il a la particularité de "grogner" une fois sorti de l'eau. Il est muni de nombreuses épines.
  • des maquereaux (Scomber scombrus).
  • des bars(dicentrarcus labrax) : aussi bien sur les zones côtières (roches, plages, zone ostréicoles et conchylicoles, estuaires), que hauturières (épaves, basses, zones de grands laminaires, roches immergées)
  • des lieus jaunes (Pollachius pollachius ou appelés localement "colins")
  • des morues (Gadus morhua) (ou cabillaud) au large sur les ridins, dunes sous-marines et autres épaves.
  • des saint-pierres (Zeus faber) : il est assez rare mais lorsqu’on a la chance d’en trouver un, il se laisse approcher relativement facilement. Il reste en effet immobile au-dessus du sable.
Saint-pierre.
  • des labres aussi appelés coquettes ou vieilles (Labrus bergylta) (ou "vras" dans le Nord Cotentin), poissons oranges (pour les femelles et les jeunes) ou orange et bleus (pour les mâles) vivant sur les fonds rocheux.
  • des blennies rayées ou « cabots » : poissons de 15-20 cm à l’aspect étrange (avec de petits tentacules buissonneux placés au-dessus des yeux) que l’on trouve souvent posés sur les rochers à faible profondeur. Ils sont très facile à observer.
Blennie rayée.
  • Toutes sortes de blennies, gobies et triptérygions…
  • des congres (Conger Conger) ou anguilles de mer : ils trouvent refuge dans les épaves ou les trous de rochers.
  • des juliennes (ou lingue) (Molva molva) présentes souvent sur des épaves situées très au large, ce poisson est fréquemment sur les mêmes biotopes que le congres.
  • des hippocampes (Hippocampus hippocampus) : pour les trouver, il n’est pas nécessaire de plonger très profond. Ces petits poissons trouvent refuge dans les herbiers de zostères, plantes aquatiques à laquelle ils s’accrochent avec leur queue.
Hippocampe.
  • Et les requins ? On peut observer, avec de la chance, de petites roussettes (Scyliorhinus canicula) (appelées aussi saumonettes une fois préparées par les poissonniers), petits squales totalement inoffensifs pour l’homme : leur taille ne dépassent pas 80 cm et leur régime alimentaire est à base de crustacés, vers et mollusques et parfois de petits poissons.
Petite roussette.‎

On peut parler d'autres espèces de requins comme les peaux bleus (Prionace glauca), les requins taupes communs (Lamna nasus) présents entre la côte ouest du Cotentin et les îles anglo-normandes.

Les images sont issues de Wikipédia

Les éponges

Les cnidaires

Les mollusques

Lorsque l'on parle de mollusques, les gourmets (gourmands ?) penseront surtout aux moules, huîtres, bulots et autres délices des plateaux de fruits de mer. Mais l'un des plaisirs des plongeurs est aussi de débusquer les nudibranches et limaces de mer.

Les nudibranches

Les nudibranches sont de petits mollusques marins dont les branchies sont apparentes. Ils ne possèdent pas de coquilles et adoptent des formes et des couleurs très variées. Chaque espèce a son éponge, hydraire ou gorgone préférée. Après quelques plongées avec un moniteur sensible à la "bio", vous apprendrez donc rapidement à les débusquer et à les identifier. L’un des « trucs » pour repérer ces petits animaux est de trouver leur ponte : blanche en forme de ruban enroulé : le nudibranche n’est en général pas loin.

Nudibranche flabelline.

Pour une véritable définition scientifique, vous pouvez consulter Wikidive.

Les céphalopodes

Les encornets ou calmars communs (Loligo vulgaris) et seiches (Sepioloidea lineolata) sont très présents sur tout le littoral du Cotentin. On peut en observer en plongée sous-marine, dans les zones rocheuses, couloirs de sables et roches et enrochements portuaires de type brises-lames. De nombreux pêcheurs à la ligne les traquent dans le port de Cherbourg, sur les quais : Mielles, de France et digues : Querqueville, digue du centre, Hersant... et aussi bien du bord qu'à partir d'une embarcation. Les leurres utilisés pour les capturer se nomment turluttes : leurre entre 5 et 150 g de forme pisciforme (en plastique, en toile ou en plomb) muni d'une ou plusieurs couronnes d'épines. La fin de l'automne et l'hiver sont des bons moments pour rencontrer ces céphalopodes dans notre région.

Les crustacés

On trouve abondamment dans la Manche :

  • homards (Homarus gammarus)
  • tourteaux (Cancer pagurus), appelés localement "dormeurs, poupards ou clospoings" et houvets dans la région de Granville
  • araignées (Maja brachydactyla), surnommées moussettes dans la Manche quand elles sont jeunes ; leur pêche est cependant interdite aux plongeurs bouteille ; elles se pêchent à la balance, en pêche à pied à l'aide d'un crochet, aux casiers ou en apnée pour les adeptes de la chasse sous-marine.
  • étrilles Necora puber ou Macropipus puber. Dans le sud Cotentin, on les surnomme crabe à laine, en raison de leur carapace velue. Elles sont très combattives.
  • crabes verts Carcinus maenas
  • dromies (Dromia dromia, Dromia personata), velus, en boule, grises, peu vivaces. Elles peuvent elles aussi porter le nom de crabe à laine.
  • bernard-l'hermite (Pagurus bernhardus).
  • crevettes grises (Crangon-crangon).
  • bouquets ou crevettes roses (Paleamon ...).

Les mammifères

En 1898, le zoologiste rouennais Henri Gadeau de Kerville recense quatorze espèces de mammifères marins sur le littoral normand. Cette présence est ancienne puisqu'elle est attestée par les archives de l'abbaye de Moutons[1].

Le globicéphale et le grand dauphin (tursiops) sont les espèces les plus courantes. Elles se nourrissent principalement de poissons et de céphalopodes comme les seiches, dont la Manche est très pourvue[1].

On trouve des colonies de grands dauphins dans la baie de Saint-Vaast-la-Hougue et dans Le triangle Carteret-Jersey-Granville[1].

Des phoques gris sont présents aux Écréhou et aux Minquiers, et des phoques communs dans la baie des Veys et la baie du Mont-Saint-Michel[1].

En août 2006, une baleine à bosse est identifiée au large d'Omonville-la-Rogue[1]. Ce phénomène s'est reproduit par la suite en comme point d'orgue le repêchage d'un baleineau à bosse de neuf mètres et huit tonnes par un pêcheur local le 15 février 2009. Celui-ci parvient à tirer le cadavre du baleineau pris dans ses filets avec son bateau de sept mètres[2].

Le Groupe d'étude des cétacés du Cotentin (GECC) veille sur ces populations.

Aquariums

Bibliographie

  • A.-E. Malard, « Catalogue des poissons des côtes de la Manche dans les environs de Saint-Vaast », Bulletin de la société phil. de Paris, 8e série, t. II, n° 2.

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 et 1,4 Pays de Normandie, hors-série n° 10 « La Normandie côte mer », octobre 2007.
  2. Fred Guibot, « Une baleine dans le port d'Omonville-la-Rogue », Hague marine, site internet, 16 février 2009 (lire en ligne).