Drogon de Hauteville

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Drogon ou Dreux de Hauteville, né probablement à Hauteville-la-Guichard, mort à Monte Ilaro (Italie) le 10 août 1051, est une personnalité militaire de la Manche.

Fils cadet de Tancrède de Hauteville et de sa première femme Murielle, Drogon part dans les années 1030 avec ses frères Guillaume et Onfroi en Italie méridionale, pour servir comme milites auprès du comte normand Rainolf d’Aversa, et au service du prince Guaimar IV de Salerne[1].

Drogon combat auprès de Guillaume en Sicile, entre 1038 et 1041, puis en Pouille, et obtient la place de Venosa lors du partage des Pouilles entre les 12 barons normands à Melfi en 1042[2]. Il occupe Bovino, en 1045.

Lorsque Guillaume meurt, en 1046, le second des Hauteville, candidat du prince Guaimar IV de Salerne[2], devient à son tour Duc de Pouilles, malgré la concurrence d'un parent, Pierre de Trani, soutenu par une partie des barons normands[1]. Il épouse une fille de Guaimar IV, Gaitelgrima, qui lui apporte la légitimité de l'ascendance des princes lombards et une riche dot[1]. Mais le duché reste faible et instable[3].

Drogon poursuit le combat contre les Grecs, fortifie les villes, fait comte son frère Onfroi, et envoie son demi-frère Robert, en Calabre[4].

« Chevalier sage et craignant Dieu » selon Aimé du Mont-Cassin, il accroit sa puissance, au point d'égaler celle des princes lombards. Henry III, le 3 février 1047, le reconnaît Comte des Pouilles, "dux et magister totius italia cameque Normanumum totius Apuliae et Calabriae", tout en restant vassal, ou au moins dépendant, du prince de Salerne[5].

De retour de Salerne[6], il est assassiné dans la nuit du 9 au 10 août 1051, la veille de la Saint-Laurent, dans l'église de Montelari ou Monte Ilari (auj. Orsara di Puglia), près de Bovino. Chalandon et Vincenzo De Bartholomaeis voient dans l’assassinat de Dreux la main d'Argyros de Bari, allié des Byzantins. Malaterra donne à l'assassin, Risus, une proximité amicale avec sa victime, accentuant l'ampleur de la trahison[7].

Sa jeune veuve, se remarie ensuite avec Robert, frère de Richard comte d'Aversa[1].

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2 et 1,3 Aurélie Thomas, « La carrière matrimoniale des fils de Tancrède de Hauteville en Italie méridionale: rivalités fraternelles et stratégies concurrentes. Les stratégies matrimoniales (IXe-XIIIe siècle) », 14, BREPOLS, pp.89-99, 2013, Histoires de famille. La parenté au moyen âge, (lire en ligne).
  2. 2,0 et 2,1 Éric Barré, « Les Normands en Méditerranée », Revue de la Manche, tome 59, fascicule 237, Société d'archéologie et d'histoire de la Manche, juillet-septembre 2017
  3. Pierre Aubé, Roger II, Tempus Perrin, 2016.
  4. Ferdinand Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie et en Sicile, 1907
  5. Jules Gay, L'Italie méridionale et l'empire byzantin depuis l'avènement de Basile Ier jusqu'à la prise de Bari par les Normands (867-1071), A. Fontemoing, Paris, 1904.
  6. « Drogóne d'Altavilla conte di Puglia », Treccani, enciclopedie on line, [http://www.treccani.it/enciclopedia/drogone-d-altavilla-conte-di-puglia/ (lire en ligne).
  7. Geoffroi Malaterra, Histoire du Grand Comte Roger et de son frère Robert Guiscard. Vol. I – Livres I & II (traduction et commentaire par Marie-Agnès Lucas-Avenel), Presses universitaires de Caen, 2016.

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