Couvent des Cordeliers (Valognes)

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Le couvent devenu
manufacture de porcelaine
Couvent des Cordeliers en 1667
en bas à gauche

Le couvent des Cordeliers est un ancien établissement catholique de la Manche, situé à Valognes.

Il n'en reste rien aujourd'hui, hormis un mur de clôture, le long de la rue Saint-François. Les religieux de l'ordre de Saint-François sont appelés Cordeliers à cause de la corde qu'ils portent en guise de ceinture.

Histoire

Au début du 15e siècle, des religieux de l'ordre de Saint-François venus de Chausey[1] se posent aux îles Saint-Marcouf[2] sur un fonds appartenant à l'abbaye de Cerisy[3]. Un acte du 23 avril 1454 révèle les circonstances qui les obligent à abandonner les îles Saint-Marcouf[3].

Après avoir envisagé de s'établir à Saint-Vaast[3], ils s'installent en 1469 à Valognes dans le jardin Piquet[2], près du Grand-Moulin. Grâce à de puissants protecteurs comme Louis de Bourbon († 1486)[1], seigneur de Valognes, et Jeanne de France († 1519)[1] sa femme, leur couvent est très prospère au 16e siècle ; il renferme une église, les bâtiments conventuels (cloître, réfectoire, cuisines, logements pour les hôtes), les communs, celliers, cave et boulangerie, des jardins, un cimetière, plusieurs pièces de terre et un bois[2]. Les moines sont habituellement une quarantaine[1].

Dans leur chapelle, édifiée en 1500, dédiée au roi Saint-Louis (Louis IX) et consacrée par Geoffroy Herbert, évêque de Coutances (1478-1510)[2], le bienheureux Guillaume Cervoisier est massacré par les Huguenots le 18 juin 1562 et le couvent saccagé et pillé[1].

De généreux donateurs dont Jean de Tourlaville en 1586 et un baron de La Luthumière en 1616 aident le couvent à se relever[1].

En 1699, Pierre Mangon du Houguet, voisin du couvent, donne des terres aux Cordeliers qui lui concèdent le droit d'inhumation dans leur église[1].

La Révolution fait disparaître les Cordeliers, le couvent devient bien national en août 1791. En décembre, une portion de l'enclos et le moulin sont vendus, le reste affermé. Une partie des bâtiments est transformée en caserne ; un peu plus tard on y installe une manufacture de porcelaine qui cesse de produire en 1840[1].

L'église et le couvent sont ensuite entièrement démolis, les terrains labourés[1].

Au 19e siècle, le monastère du Refuge, sans lien avec les Cordeliers, s'installera en partie sur les anciennes terres du couvent[1].

Bibliographie

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3, 1,4, 1,5, 1,6, 1,7, 1,8 et 1,9 A. Benoist, « Les Cordeliers de Valognes (1477-1790) », Mémoires de la société archéologique de Valognes, 1885, t.IV, p. 37-54 (lire en ligne)
  2. 2,0, 2,1, 2,2 et 2,3 Congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences, Cherbourg et le Cotentin, impr. E. Le Maout, Cherbourg, 1905 (lire en ligne)
  3. 3,0, 3,1 et 3,2 Léopold Delisle, Les mémoires de Pierre Mangon, vicomte de Valognes, impr. F. Le Tual, Saint-Lo, 1891, p.13 (lire en ligne)