Congrégation des Augustines de Notre-Dame de Saint-Pierre-Église

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Monastère de la congrégation de Notre-Dame, Saint-Pierre-Église (1893)
Communauté des Augustines, Saint-Pierre-Église (vers 1910)

La congrégation des Augustines de Notre-Dame de Saint-Pierre-Église est une ancienne congrégation religieuse féminine de la Manche.

La communauté est créée en novembre 1843, provenant du transfert d'un couvent d'Augustines issu de celui de Valognes et établi précédemment à Vindefontaine, où il se trouvait trop à l'étroit.

Un monastère est construit sur un terrain acheté par les religieuses dès leur arrivée.

La congrégation a pour vocation l'instruction et l'éducation de la jeunesse. Les classes externes commencent le 1er mars 1844. Dès 1846, on y compte 40 élèves, et 150 quelques années plus tard.

Un orphelinat est ajouté en 1859.

Dans la nuit du 4 au 5 janvier 1870, le feu se déclare dans un appartement. En quelques heures, le vaste carré formé par les bâtiments est en ruines. Un pompier, Jean Vauvray, et deux religieuses, M. Rosalie et M. Agnés, trouvent la mort dans l'incendie. Grâce à la générosité de nombreux donateurs, la première pierre de la reconstruction est bénite le 21 juin de la même année, et en septembre 1872, le nouveau pensionnat est terminé.

L'année 1905 amène les lois de séparation de l'Église et de l'État et l'expulsion des religieuses, précédée des inventaires et de la mise en vente des biens de la communauté. La Congrégation enseignante est dissoute par les pouvoirs publics. Mais les religieuses, se considérant comme hospitalières grâce à leur orphelinat, essaient de faire valoir leurs droits tant à Cherbourg qu'en appel à Caen (Calvados), en vain. Les biens, meubles et immeubles, sont adjugés au profit de l'État. Les sœurs (une cinquantaine) sont dispersées, dont un petit groupe à Dinant-sur-Meuse en Belgique ; d'autres, « sécularisées », poursuivent leur œuvre d'éducation en Normandie et à Paris.

Le 20 décembre 1907, la juridiction fait droit au recours des religieuses et annule les décrets de dissolution, mais elles ne peuvent rentrer dans les lieux puisque tout a été vendu. Il faut donc estimer le préjudice subi et suivre quantité de procédures à cet effet. Les religieuses commencent à rentrer à Saint-Pierre-Église le 21 août 1913.

L'œuvre d'éducation s'est poursuivie depuis lors, et les sœurs de Notre-Dame résident toujours à Saint-Pierre-Église.

Bibliographie

  • Auguste Lecanu, Histoire du diocèse de Coutances et Avranches depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, suivie des actes des saints et d'un tableau historique des paroisses, 2 vol., Coutances, imprimerie de Salettes, 1877-1878

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