Charles Julian

De Wikimanche

Charles René Sébastien Julian, né à Carentan le 12 octobre 1764, est une personnalité politique de la Manche.

Un farouche sans-culotte peu scrupuleux

Pétition de 1794.

Drôle de phénomène que ce Charles Julian, dit « Julian de Carentan », qui jette sa soutane aux orties dès l’aube de la Révolution. À la suite d’obscures circonstances, l’ancien maître d’études du fameux collège d’Harcourt se retrouve en juillet 1793 premier secrétaire général du Comité de salut public, poste dans lequel il se distingue par ses ardeurs révolutionnaires et anticléricales [1].

Membre actif du Club des Cordeliers, il est toujours revêtu d’une carmagnole couleur de sang et d’un bonnet rouge. Et il aime agiter un sabre énorme pour effrayer les « ennemis de la nation » [1]. Mais le personnage est un tantinet douteux. À force d’intrigues, il parvient à s’introduire dans l’entourage de Robespierre qui semble l’apprécier et pour le compte duquel il a probablement joué les apprentis-espions [1].

Acte de baptême.

En tout cas, l’Incorruptible le fait nommer secrétaire général du Comité de salut public [1]. Toutefois, ce farouche sans-culotte qui se pique de poésie sous le pseudonyme de « Dracon Julian » s’attire rapidement la défiance de plusieurs membres du Comité de Salut Public qui l’accusent d’avoir détourné 138 000 livres au détriment de la Caisse des guerres en province [2].

Charles Julian est jeté en prison au début de l’année 1794 [1]. Il est libéré de la Conciergerie après la chute de Robespierre. On retrouve sa trace dix ans plus tard. Il est alors procureur en Corse ! [1].

Nous ignorons quel fut ensuite son sort. Il ne reste de lui qu’un modeste ouvrage d’inspiration rousseauiste intitulé Éléments du bonheur public.

Bibliographie

  • Marc Bouloiseau, « Julian de Carentan, dit Dracon-Julian, premier secrétaire général du Comité de Salut public », Cahiers Léopold Delisle, t. XV, fasc. 1-2, 1er semestre 1966

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3, 1,4 et 1,5 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 2, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier.
  2. Réimpression de l'ancien Moniteur de la Révolution française, t. 23, éd. Plon, 1847 (lire en ligne).

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