Charles Blaisot

De Wikimanche

Charles Paul Désiré Louis Blaisot, né à Azeville le 11 juillet 1916 [1] et mort en République démocratique d'Allemagne le 5 décembre 1987 [2], est une personnalité de la Manche.

La double vie d’un prisonnier

Il n’y a sans doute que les guerres pour engendrer des histoires comme celle de Charles Blaisot, jeune père d’un enfant de trois mois que rien ne prédisposait à vivre une telle aventure.

Mobilisé en septembre 1939 au 8e Régiment d’infanterie de Saint-Lô, il est fait prisonnier en 1940 et déporté en Allemagne [3].

« Il n’est pourtant pas un prisonnier tout à fait comme les autres, explique son fils Charles, car il a refusé de tirer sur des soldats allemands, ce qui lui fait risquer le tribunal militaire, voire l’éxécution. » [3].

Cette menace ne le quitte jamais et à la Libération de peur d’être poursuivi, il reste en Allemagne... de l’Est de surcroît, ce qui ne facilite pas les contacts [3]. Il est déclaré « mort pour la France », le 1er juillet 1946, inscrit sur le monument aux morts [3]. Son épouse et ses parents fort logiquement toucheront une pension. Pourtant en 1963 ,un jugement du Tribunal de Coutances le reconnaît vivant, mais classe l’affaire [3].

Plus tard, son fils Charles, mis en éveil par quelques indices montrant que son père serait bien vivant, enquête et parvient à découvrir celui que (presque) tous croyaient mort : il vit à Meerane, petite ville de l’ex-RDA, s’est remarié avec de faux papiers, et a une fille, Martina [3].

Le bonheur du fils va cependant se confronter à la lenteur voire l’absurdité de l’administration qui met plus d’un an à reconnaître la « non-mort » de Charles Blaisot [3]. Le regretté Charles Mélingue, de France 3 Normandie, obtient un scoop en allant le filmer à Berlin, avec une caméra cachée [3].

Tout finit par s’arranger quand Charles Blaisot revient passer quelques jours chez son fils en juillet 1987, sauf pour sa première épouse qui s’est remariée et ne souhaite par renouer le contact [3]. Mais les retrouvailles sont de courte durée : Charles Blaisot, reparti en Allemagne, succombe, en décembre 1987 d’une commotion cérébrale [3].

Dans cette histoire, Charles Blaisot fils a au moins découvert qu’il ne fallait jamais céder au découragement et gagné… une demi-sœur qui vient régulièrement le rencontrer à Valognes.

Notes et références

  1. « Fichier des personnes décédées », data.gouv.fr, Insee, année 1987.
  2. « Acte de décès n° 22/88 - République démocratique d'Allemagne - Fichier des personnes décédées », data.gouv.fr, Insee, année 1987.
  3. 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4 3,5 3,6 3,7 3,8 et 3,9 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 4, sous la direction de René Gautier.

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