Champcervon

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Champcervon est une ancienne commune du département de la Manche, supprimée, intégrée à la commune du Grippon depuis le 1er janvier 2016.

Commune de Champcervon Coordonnées géographiques de la mairie Logo-Mairie.png
48° 46' 34.38" N, 1° 23' 45.14" W (OSM)
Arrondissement Avranches
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Canton Bréhal
Ancien canton La Haye-Pesnel
Intercommunalité CA Mont-Saint-Michel-Normandie
Gentilé Champcervonnais(es)
Population 215 hab. (2013)
Superficie 5,63 km²
Densité 38 hab./km2
Altitude 81 m (mini) - 132 m (maxi)
Code postal 50320
N° INSEE 50115
Maire Rémi Pinet

Map commune FR insee code 50115.png


Toponymie

Attestations anciennes

  • ecclesi[a] de Campcervor 1178/1182 [1], [2].
  • Campus cervorum 1172/1182, 1181/1185 [2].
  • [abl.] Campo cervol 1227 [2].
  • [abl.] Campo cervorum 1251 [2].
  • Champcervoux 1342 [2].
  • Champcervoul 1348 [2].
  • [abl.] Campo servoso 1369/1370, 1371/1372 [3].
  • ecclesia de Campo cervoso 1412 [4].
  • Champcervoul 1448, 1494 [2].
  • Champhervon [sic; lire Champservon ?] 1612/1636 [5].
  • Champcervon 1677 [6], 1689 [7], ~1700 [8], 1713 [9].
  • Chancervon 1716 [10].
  • Champ Cervon 1719 [11].
  • Champcervon 1720 [12].
  • Champ Cervons 1758 [13].
  • Champcervon 1753/1785 [14], 1793 [15], 1801 [16], 1804 [17].
  • Champiervon [lire Champcervon] 1828 [18].
  • Champservon 1829 [19].
  • Champoervon [sic; lire Champcervon] 1854 [20].
  • Champcervon 1889 [21], 1903 [22].
  • Champservon 1903 [23].
  • Champcervon 1962 [24], 1972 [25], 1978, 1993 [26], 2007 [27].

Étymologie

Toponyme médiéval issu de l'ancien normano-picard camp °servour « champ supérieur, champ d'en haut ». L'appellatif camp a ensuite été francisé en champ à partir du 14e siècle. Quant à la finale -on, qui apparaît dans notre documentation au 17e siècle, il semble qu'elle constitue une cacographie pour la forme évoluée °champ servoux noté °Champcervou (puis Champcervon avec u lu n), et postulé par les formes antérieures Champcervoux (1342) et Champcervoul (1348, 1448, 1494). Ce traitement en -ou représente un trait dialectal de l'Ouest de la finale -or.

L'ancien français °servor puis °serveux, formes de l'Ouest °servour puis °servoux, non attesté dans les textes mais postulé par la toponymie, procède d'une métathèse de °sevror, °sevreux; °sevrour, °sevroux < gallo-roman °SUPERIORE, du latin superior, comparatif de superus, soit « plus au-dessus, plus haut, plus élevé ». On le retrouve dans le nom du hameau de Campcerveux au Lorey, attesté sous la forme le Campcerveur en 1753/1785 sur la carte de Cassini. Cette analyse est confortée d'une part par l'existence formelle de ce type toponymique en Normandie : ainsi, les Grands Rôles de l'échiquier de Normandie mentionnent en 1198 monialibus de Campo superiori [28], peut-être dans l'Eure; ensuite, par celle du toponyme les Cansœuvres, hameau à Saint-Philbert-des-Champs dans le Calvados (en la couture du camp Souvre 1261/1266 [29], Canseure [lire Cansevre] 1261/1266 [30], le Canseuvre 1753/1785 [14]), qui repose sur l'ancien français °sovre, °souvre, °seuvre, °sevre, etc. < gallo-roman °SÚPERU, du latin superus [31]. L'attraction du mot cerf s'est manifestée assez tôt dans les formes anciennes de Champcervon, et celles-ci ont lancé plusieurs spécialistes sur ce qui semble être une une mauvaise piste.

Cette interprétation de Champcervon par « champ supérieur » fut d'abord proposée par François de Beaurepaire [2], puis reprise par René Lepelley [32], qui hésite cependant entre celle-ci et la suivante.

En effet, on a également proposé d’interpréter Champcervon par °campus cervorum « le champ / la plaine des cerfs » [33], tel que ce nom apparaît à plusieurs reprises dans les formes anciennes. Cette explication n’est pas à exclure absolument (il existe de nombreux exemples de toponymes en champ + nom d’animal), mais semble cependant beaucoup moins probable, étant donné la rareté des cas de conservation en toponymie de la désinence -orum du génitif masculin pluriel latin [34]. Dans cette très incertaine hypothèse [35], Campcerveux représenterait soit une variante phonétique de ce type toponymique, soit le produit de °campus cervosus « le champ / la plaine abondant(e) en cerfs ».

Géographie

Histoire

La commune fusionne avec Les Chambres en 2016 et prend le nom de l'ancienne commune absorbée en 1826 par Les Chambres, Le Grippon. Il n'est pas créé de communes déléguées, les communes de Champcervon, et Les Chambres sont supprimées [36].

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793.
À partir du 21e siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[37]. En 2013, la commune comptait 215 habitants.

           Évolution de la population depuis 1793  [modifier] (Sources : Cassini [38] et INSEE [39])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
448 475 492 439 449 451 492 426 437 449
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
440 415 407 359 374 341 321 301 305 282
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
288 265 289 316 292 316 285 257 200 169
1982 1990 1999 2004 2006 2007 2008 2009 2010 2011
146 142 157 186 203 208 213 218 217 215
2012 2013 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
215 215
Notes : De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Sources :
Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[40] puis INSEE à partir de 2004.



Administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

Circonscriptions administratives depuis la Révolution

Les maires

Liste des maires
Période Identité Parti Qualité Observations
1793-....... Jacques Mancel
.......-....... .
1795-1796 Jacques Micouin
1796-1797 Jacques Mancel
1797-1800 Aubin Anquetil
1800-1816 Louis Maillard
1816-1852 Jean Maillard
1852-1872 Alexandre Alfred Maillard décédé en exercice le 22 septembre 1872
1872-1893 Adolphe Poulain
1893-1908 Constant Lelandais
1908-1924 Jean Reffuveille
1925-1965 Joseph Loivel éleveur
1965-1971 Bernard Levallois
1971-2008 Roger Duquesney SE exploitant agricole
2008-actuel Rémi Pinet SE cadre hospitalier
Sources : État civil de 1790 à 1892 - De 1892 à 1964 : 601 communes et lieux de vie de la Manche.
Toutes les données ne sont pas encore connues.



Mairie

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour signaler une erreur cliquez ici)
Lundi - -
La mairie (2013)

La mairie (2013)

Adresse : Le Bourg Mesnildrey
Champcervon
50320 Le Grippon

Tél./Fax : 02 33 61 60 32

Courriel : Contacter la mairie

Site internet : Officiel

Commentaire :

Source : Site web de la communauté de communes (8 septembre 2012)

Mardi - 14 h - 17 h
Mercredi - -
Jeudi - -
Vendredi - -
Samedi 9 h 30 - 12 h -



Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Patronage

  • Dédicace de l'église paroissiale : Saint-Martin.
  • Patron (présentation) : l'abbé de Savigny.
  • Fête patronale : ?

Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

Lieux et monuments

  • Église Saint-Martin (16e/17e/18e) : mobilier (18e/19e), chaire (1724) et statues de saint Maur, saint Martin, sainte Anne, sainte Appoline, sainte Émerence et Vierge à l'Enfant (14e/18e).
  • Manoir de Lerre
  • Source de la Lerre

Personnalités liées à la commune

Naissances

Lien interne

Notes et références

  1. Léopold Delisle, Recueil des actes de Henri II, revu et publié par Élie Berger, t. II, 1920, p. 178, § DXCI.
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3, 2,4, 2,5, 2,6 et 2,7 Forme datée de 1179 par François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 97.
  3. Comptes du Diocèse d’Avranches, dressés en 1369/1370 et 1371/1372, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 142E, 150B.
  4. Pouillé du Diocèse d’Avranches, 1412, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 155B.
  5. Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BNF, ms. fr. 4620].
  6. Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BNF, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
  7. G. Mariette de La Pagerie, cartographe, Unelli, seu Veneli. Diocese de Coutances, divisé en ses quatre archidiaconés, et vint-deux doiennés ruraux avec les Isles de Iersay, Grenesey, Cers, Herms, Aurigny etc., chez N. Langlois, Paris, 1689 [BNF, Collection d'Anville, cote 00261 I-IV].
  8. Gerard Valk, Normannia Ducatus, tum Superior ad Ortum, tum Inferior ad Occasum, Praefectura Generalis […] Anglici Caesarea sive Jarsey…, Amsterdam, ~1700.
  9. Dénombrement des généralités de 1713 [BNF, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  10. Guillaume de l'Isle, Carte de Normandie, Paris, 1716.
  11. Bernard Jaillot, Le Gouvernement général de Normandie divisée en ses trois généralitez, Paris, 1719.
  12. G. Mariette de la Pagerie, Carte topographique de la Normandie; feuille 3 : Fougères, Vire et Avranches, 1720 [BNF, fonds Cartes et Plans, cote Ge DD 2987 (1009, III) B].
  13. G. Robert de Vaugondy, Carte du gouvernement de Normandie, Paris, 1758.
  14. 14,0 et 14,1 Carte de Cassini.
  15. Site Cassini.
  16. Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Nationale, Paris, 1801-1870.
  17. Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, impr. Baudouin, libr. Laporte, vol. I (A-CNO), an XIII (1804), p. 610a.
  18. Louis Du Bois, Itinéraire descriptif, historique et monumental des cinq départements de la Normandie, Mancel, Caen, 1828, p. 418.
  19. Annuaire de la Manche (1829), Statistique de l'arrondissement d'Avranches, p. 123.
  20. V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
  21. Carte de la Manche, in Adolphe Joanne, Géographie du département de la Manche, Hachette, Paris, 1889.
  22. Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
  23. Ibid..
  24. Atlas de Normandie, Caen, 1962.
  25. Anne Vallez, Pierre Gouhier, Jean-Marie Vallez, Atlas Historique de Normandie II (économie, institutions, comportements), Université de Caen, Caen, 1972.
  26. Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
  27. Carte IGN au 1 : 25 000.
  28. Léchaudé D’Anisy et Antoine Charma, Magni Rotuli Scaccariæ Normanniæ sub regibus Angliæ, pars secunda, Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XVI, 2e série, 6e volume, Paris, 1852, p. 6a.
  29. Joseph Reese Strayer, The royal domain in the baillage of Rouen, Princeton, Princeton University Press, 1936, p. 163.
  30. Ibid., p. 164.
  31. Dominique Fournier, « Notes de toponymie normande : champs / contre-champs », in Histoire et Traditions Populaires n° 85 (mars 2004), p. 35-45.
  32. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993, p. 91a.
  33. En particulier Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. I, 1990, § 5544. Quant à Albert Dauzat, il semblait plutôt penser à un anthroponyme °Cervo dérivé du latin cervus « cerf »; cf. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963 (rééd. Guénégaud, avec supplément de Marie-Thérèse Morlet), p. 139b.
  34. Ce type de formation toponymique est apparemment limité aux noms de peuples : cf. avec Francorum « des Francs », les types Franconville (Seine-et-Oise), Francourville (Eure; Eure-et-Loir), Villefrancœur (Loir-et-Cher) « le village des Francs » et Francorchamps (Belgique, province de Liège) « les champs des Francs »; avec Gothorum « des Goths », Goudourville (Tarn-et-Garonne), Gourville (Charente) « le village des Goths »; avec Alamanorum « des Alamans », Aumenancourt-le-Grand (Marne) « le domaine rural des Alamans »; avec Romanorum « des Romains », Renorville (à Saint-Fort, Charente) « le village des Romains », etc.
  35. D'autant plus que la première attestation, Campcervor, manifeste un traitement dialectal à l'initiale, de telle sorte que s'il s'agissait ici d'un dérivé de cerf (forme normano-picarde cherf), on serait en droit d'en attendre également une forme dialectale, soit °Campchervor, ce qui n'est manifestement pas le cas.
  36. L'arrêté préfectoral fixant les conditions est publié le 4 décembre 2015 (lire en ligne).
  37. Au début du 21e siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  38. Population avant le recensement de 1962.
  39. INSEE : Population depuis le recensement de 1962.
  40. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.