Château de l'Isle-Marie

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Vue générale.
Façade.

Le château de l'Isle-Marie est un monument historique de la Manche, situé à Picauville.

Histoire

Située au milieu des marais du Clos du Cotentin, la place forte est attestée en 1026 et l'enceinte circulaire appelée « Le Homme », du norois holm, signifiant île, remonte au XIe siècle[1].

La forteresse est fortement endommagée lors de la prise de la bastille du Pont-d'Ouve par Jean de Vienne en 1375.

Un château est construit par Bernardin Aux Épaules à la fin du XVIe siècle à proximité de la forteresse. Un pigeonnier lui est adjoint.

Le maréchal de Bellefonds, seigneur de l'Isle-Marie, fait ériger un corps de logis sur l'emplacement de la forteresse normande, puis en 1673 une chapelle dont l'auteur serait l'architecte du Roi, Jules-Hardouin Mansart[1]. La façade du logis, « d'un goût parfait, décorée avec beaucoup de grâce et d'heureuses proportions » selon André Rostand, présente trois portes encadrées par quatre pilastres. Un avant-corps donne sur la porte centrale. Il est formé par deux colonnes ioniques qui portent un balcon à balustrades en pierres, et est surmonté d'un attique de même largeur percé d'une large ouverture et orné de volutes renversées et d'un fronton en arc surbaissé avec trois angelots sur le tympan. Chacune des deux portes latérales, plus basses et plus étroites, est coiffée par un tableau de pierre rectangulaire. Le maitre-autel accueillait une œuvre due à l'école de Raphaël[2].

En 1675[1], le maréchal fait construire à proximité un hôpital pour 20 soldats invalides[2].

Le moraliste Antoine Garaby de La Luzerne meurt au château le 4 juillet 1679. Bellefonds y reçoit Jacques II d'Angleterre en 1692.

Réparé entre 1802 et 1807 des vandalismes de la Révolution française, le château fort est remanié en 1900 par l'architecte cherbourgeois Drancey, qui lui adjoint deux ailes[3].

Un jardin à l'anglaise est aménagé en 1830 à l'emplacement d'une partie de l'enceinte en étoile de type Vauban et des canaux[1], avec de grands arbres mis au sol par les tempêtes ou par l'homme au lendemain de la Seconde Guerre mondiale[2].

L'ensemble du domaine est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 13 septembre 2001, comprenant l'enceinte, le corps de logis, les façades et toitures de la chapelle, des écuries, et de l'hôpital, son escalier intérieur et sa cage, le cimetière, le colombier, les deux pavillons de jardin et les murs de l'ancienne serre et le parc[1].

Jules Barbey d'Aurevilly y situe son roman Ce qui ne meurt pas[4].

Hébergement

Une suite, cinq chambres (dont deux spacieuses) , ainsi que deux appartements (dont un grand) et un studio ont été aménagés dans ce château.

Administration

Adresse : Château de l'Isle-Marie
50360 Picauville
Tél. +33 2 33 93 27 20
Courriel : eh@islandmarie.com
Ouverture : toute l'année
49°22′4.62″N 1°21′35.55″O / 49.36795, -1.359875

Bibliographie

  • A. Prévet, « Bernardin Gigault marquis de Bellefonds et la double fondation d'une chapelle et de son hôpital en son château de l'Isle-Marie (Manche) », Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, tome LXII, 1994-1997, pp. 295-377
  • Anonyme , « L'Isle-Marie », La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc ....Manche, partie 2, éd. Lemasle & Cie, Le Havre, 1899, p.343-345 (lire en ligne)

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3 et 1,4 Notice n°PA50000020, base Mérimée (architecture), médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, ministère de la Culture..
  2. 2,0, 2,1 et 2,2 André Rostand, Monuments meurtris du Cotentin libéré, 1948.
  3. Notice n°IA00001212, base Mérimée (architecture), médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, ministère de la Culture..
  4. www.terresdecrivains.com.

Lien externe

Voir aussi