Centre hospitalier de Coutances

De Wikimanche

Hopital de Coutances

Le centre hospitalier de Coutances est un établissement de soins de la Manche, situé à Coutances.

Sa capacité est de 418 lits.

Histoire

L'Hôtel-Dieu

Un établissement de soins aux pauvres et aux voyageurs l'a peut-être précédé, mais l'Hôtel-Dieu de Coutances est créé en 1209 par l'évêque Hugues de Morville (1160-1238), avec une originalité pour l'époque : l'administration est donnée, non pas à un ordre religieux, mais à la confrérie de charité des Frères et sœurs de l'Hôtel-Dieu, qui ne sont pas liés par les trois vœux de religion [1].

Implanté sur le terrain de l'ancien monastère de Saint Potentin, l'Hôtel-Dieu est entouré de murailles.

Le texte de sa fondation précise entre autres : « Je bâtis à Coutances un hôpital pour accueillir les pauvres et les pèlerins… On y donnera à manger à ceux qui ont faim ». L'Hôtel-Dieu ouvre ses portes tant aux pèlerins qui font une étape à Coutances avant de rejoindre le Mont-Saint-Michel, qu'aux riches qui y vivent une « retraite », et aux vagabonds et nécessiteux.

Clocher de l'ancienne chapelle des frères augustins (15e s.).

Au XIVe siècle, en raison de la misère qui s'est répandue par la Guerre de Cent Ans, et malgré les interdits des évêques, se développe la présence des « rendus », hommes et femmes qui donnent corps et biens à l'institution pour y être logés et nourris [1].

En 1584, la charte de l'évêque Arthur de Cossé prouve que les religieux en ont pris la direction, sans présence féminine, fait rare pour ce type d'établissements[1].

Par la suite, les douze moines, dont six sont sur place, et les six autres dans des cures du diocèse, observent la règle de saint Augustin.

Des agrandissements aux 17e et 18e siècles

Chapelle Notre-Dame-de-la-Victoire

Vers 1668, les sœurs augustines font construire trois ailes autour d'une cour bordée par un cloître, avec des arcades en briques, et une chapelle dans le quatrième coté de la cour. La chapelle comprend une rotonde couverte par une coupole portée par huit pilastres corinthiens, et le portail compte quatre colonnes ioniques en marbre de Montmartin. Les autres constructions sont en pierre de Cambernon. Le décor de la chapelle est un des plus aboutis des édifices religieux de la région [2].

En 1696, un édit réunit la maladrerie Saint-Michel à l'Hôtel-Dieu[1].

En 1707, l'évêque Loménie de Brienne entreprend de faire construire un nouveau bâtiment. En plus de la maison principale destinée aux pauvres valides et aux enfants trouvés, des ateliers et des bâtiments pour les manufactures sont construits. Les travaux se terminent en 1719. Jusqu'à 150 pauvres et enfants y seront accueillis.

Le bâtiment construit en 1707 est acheté par les sœurs augustines, présentes depuis 1644, qui ouvrent un pensionnat pour jeunes filles.

Le legs de François Encoignard mort en 1718 permet de construire un bâtiment pour les malades et des aménagements jusqu'en 1900[3].

À partir du 20e siècle

Pont des soupirs.

L'enceinte de l'hôpital comprend une église à coupole et façade classiques dite chapelle de l'hôpital, construite à partir de 1687, alors que l'église qui dessert le couvent des religieuses est démolie en 1680, à l'exception de son clocher flamboyant qui demeure.

En 1933, des travaux concernant les « fondations, ossature, balcons et marches » de la clinique des religieuses augustines sont effectués par les établissements Sottile de Cherbourg (Monsieur Leboucher, architecte). La même année, on construit une maternité et un service de radiologie[3].

En juin 1944, l'hôpital est évacué à Coutainville. Pendant la Reconstruction, on installe des baraques américaines et suédoises qui serviront encore en 1977[3].

La salle des religieuses (XVIIe s.) qui prolonge la chapelle Notre-Dame-de-la-Victoire vers le sud, est inscrite au titre des monuments historiques le 24 janvier 1947 alors que la chapelle est classée le 24 mars 1949. Le classement des façades et toitures du bâtiment numéro 13 et du réfectoire (XVIIe et XVIIIe s.), avec leurs boiseries et peintures murales intervient le 17 juin 1968 et celui du clocher de la chapelle de l'hôtel-Dieu le 18 octobre 1979.

Le passage surplombant la rue Hugues-de-Morville entre l'hôpital et le couvent des augustines, surnommé « pont des soupirs », est détruit en 1973 pour faciliter l'accès des camions.

Les sœurs augustines quittent l'hôpital en 1985, seul subsiste leur cimetière. Leur couvent acheté par la ville devient l'espace Hugues-de-Morville[3].

Le bloc opératoire de l'hôpital est fermé le 18 mai 2007 et le service de chirurgie le 31 mai suivant[4].

En 2021, le plan Ségur de la santé octroie 2,4 millions d'euros à l'hôpital de Coutances, pour aider notamment à la reconstruction du bâtiment de médecine qui date du 19e siècle [5].

En décembre 2022, le bâtiment historique du XVIIe siècle est vendu à la société Solanta MB de Paris ; le groupe François Ier promoteur immobilier est chargé de la reconversion du bâtiment en logements [6].

Services

  • Cardiologie
  • Gastro-entérologie
  • Gériatrie
  • Soins palliatifs
  • Consultations externes
  • Pharmacie
  • Urgences

Personnel

En 2014, l'hôpital regroupe 400 agents, dont 25 médecins, ainsi que 25 élèves aide-soignants.

Directeurs

  • 1990-2008 : Michel Bonnamy
  • 2008-2020 : Thierry Lugbull
  • 2020-actuel : Frédérick Marie

Administration

Adresse : 2, rue de la Gare
50208 Coutances Cedex
Tél. 02 33 47 40 00
Courriel : direction@ch-coutances.fr

Chargement de la carte...

Bibliographie

  • Constant Dusaussey, « Mémoire sur les hospices de Coutances » Annuaire des cinq départements de la Normandie, 1845, p. 366-386 (lire en ligne)
  • Paul Le Cacheux, Essai historique sur l'Hôtel-Dieu de Coutances, l'hôpital général et les Augustines hospitalières, depuis l'origine jusqu'à la Révolution, avec cartulaire général (1209-1789) (1re partie : l'Hôtel-Dieu), éd. Alphonse Picard, 1895
  • Joseph Toussaint, L'Hôtel-Dieu de Coutances, les Augustines et l'hôpital général, huit siècles d'histoire régionale, (Études et documents d'histoire de Basse-Normandie), Coutances, Éditions OCEP, 1967
  • Yves Nédélec, « L'hôpital de Coutances », Annuaire des cinq départements normands, congrès de Saint-Lô, 1977, pp. 33-34

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Léon Le Grand, « Essai historique sur l'hôtel-Dieu de Coutances, l'Hôpital général et les Augustines hospitalières, depuis l'origine jusqu'à la Révolution, avec cartulaire général, 1re partie : L'hôtel-Dieu (1209-1789), par Paul Le Cacheux. », Bibliothèque de l'école des chartes, 1896, vol. 57, n° 1, p. 92-94. ((lire en ligne).
  2. Gralon (guide touristique, culturel et annuaire Internet), Ancien Hôtel-Dieu, puis hôpital de Coutances, dans la Manche (50) [consulté le 10 février 2018] (lire en ligne).
  3. 3,0 3,1 3,2 et 3,3 Brève histoire de l'hôpital de Coutances, site internet, consulté le 22 janvier 2019. (lire en ligne)
  4. La Presse de la Manche, 1er juin 2007.
  5. « À l'hôpital, une refonte prescrite pour la médecine », Ouest-France, 18 nocembre 2021.
  6. Christopher Cordeiro, « Un bâtiment des Monuments historiques vendu », Ouest-France, 13 janvier 2023.

Lien externe