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Bieu (mot dialectal)

De Wikimanche

Dictionnaire manchois
Bieu (mot dialectal)

1) Ruisseau, canal, bief.

2) Bleu.
Aide — Cette page est une entrée du dictionnaire manchois.

Bieu, blleu, (dial.) :

  1. n. m., ruisseau, canal, bief.
  2. adj., bleu.

Le double "L" signale un son mouillé comme dans "fille".
Graphie normalisée : bieu [1].

Répartition géographique

Manche ? Normandie ?

Attestations écrites

Dans les noms de lieux
  • bieu : ruisseau affluent de la Sée.
Dans les glossaires et dictionnaires

Dans l'ordre chronologique.

  • bieu, 1849, non localisé : « ruisseau, canal en bois qui conduit l'eau sur la roue moulin » [3].
  • bief, bieu, biez, 1856, non localisé : à l'entrée bief, « biez, canal qui conduit l'eau au moulin » et plus loin à l'entrée bieu « 1) biez ; ruisseau 2) bleu. L' i pour l' l, comme on a vu ci dessus dans bianc', etc. » [4].
  • bieu, 1887, non localisé : « biez, ruisseau, canal » [5].

Attestations orales

Dans un alphabet phonétique Lequel ?
  • blœ̄z, localisation à préciser : féminin de bleu [7]Source à repréciser.
Transcription francisée.
  • bieu, 1970, Tourlaville : « bieu gris pouque » (bleu gris comme un sac à patate, expression ironique pour désigner la couleur des yeux ; les sacs à patates ne sont jamais bleu !) [8]. Prononciation du titre dans sa version originale Écouter

Histoire et étymologie

Pour la couleur

Bieu est manifestement une prononciation particulière de bleu. Curieusement, le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL), nous apprend avoir trouvé des attestations du XIIe siècle, ou bleu désigne : une « couleur pâle, blanchâtre, livide », ainsi qu'une graphie possible en blef. Il propose :

« à rapprocher de l'ancien haut allemand “blāo, blāwēr”. Les formes [en] ancien français “blo(e), blou” s'expliquent à partir de la forme primitive “blāo”, la forme bleu provient du type °bláwu par l'intermédiaire de °blę̄wu. Blef est une forme masculine refaite sur le féminin ancien français blève (de °blę̄wa) ».
Pour bief

Quant à bief, le même CNRTL signale bied, toujours au XIIe, « lit d'un cours d'eau ». On a donc un sens plus large que notre actuel bief, et qui correspond bien au bieu du parler local. Le tout viendrait d'une forme gauloise hypothétique °bedum, (canal, fosse), qu'on retrouverait en gallois (bedd) et breton (bez pour tombe).

« le “f” final représente le traitement de -d- intervocalique (devenu ensuite final) dans un certain nombre de mots anciens d'origine germanique ou celtique (cf. °bladu > °blavu [voir emblaver] > ancien français blef, français moderne blé; germanique -bodu dans Elbeuf) »

Mot apparenté

Notes et références

  1. [2016 Magène-UPNC] Magène et Université populaire normande du Coutançais, Trésor de la langue normande, Dictionnaire français/normand, t. 2 tomes, Éditions Eurocibles, .
  2. [1841 Houël] Ephrem Houël, Glossaire adressé au capitaine Lamarche, .
  3. [1849 Duméril] Édélestand et Alfred Duméril, Dictionnaire du patois normand, Caen, (lire en ligne), p. 37.
  4. [1856 Du Bois] Louis du Bois, Glossaire du patois normand : augmenté des deux tiers, et publié par M. Julien Travers, Caen, A. Hardel, , 440 p. (lire en ligne), p. 38 (transcription).
  5. [1887 Moisy] Henri Moisy, Dictionnaire de patois normand, Caen, H. Delesques, (lire en ligne), p. 69.
  6. [1993 Bourdon-Cournée-Charpentier] Jean-Pierre Bourdon, Alexandre Cournée et Yvon Charpentier, Dictionnaire normand-français, Paris, PUF, .
  7. [1948 Lechanteur] Fernand Lechanteur, « L'enquête en Basse-Normandie », Le Français moderne,‎ .
  8. Témoignage personnel d'au moins un contributeur de Wikimanche.