Benoîtville

De Wikimanche

Benoîtville est une commune du département de la Manche.

  • Prononciation standard. — API : [bənwɑ'vil]; transcription francisée : be-noi-vil.
  • Prononciation dialectale. — API : [bnɛ'vil] ou [bne'vil]; transcription francisée : b'nè-vil ou b'né-vil.


Commune de Benoîtville Coordonnées géographiques de la mairie Logo-Mairie.png
49° 31' 40.55" N, 1° 46' 48.77" W (OSM)
Arrondissement Cherbourg-Octeville
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Canton Les Pieux
Ancien canton Les Pieux
Intercommunalité CA du Cotentin
Gentilé Benoisvillais(es)
Population 622 hab. (2016)
Superficie 8,29 km²
Densité 75 hab./km2
Altitude 35 m (mini) - 131 m (maxi)
Code postal 50340
N° INSEE 50045
Maire Daniel Gancel
Communes limitrophes de Benoîtville
Tréauville Helleville Sotteville
Tréauville Benoîtville Sotteville
Les Pieux Les Pieux Grosville

L'église.
L'église.


Toponymie

Attestations anciennes

  • Benedicti villa 996/1008 [copie 17e s.] [1].
  • Benedicta villa ~1080 [2], 1156/1161 [3], 1159/1181 [2].
  • ecclesia Benedicte ville 1174/1182 [4].
  • Benedictivilla 1195 [5].
  • Beneevilla s.d. (f-12e s. / d-13e s.) [2].
  • Benedicta villa 1215 [2].
  • ecclesi[a] de Benedictavilla 1332 [6].
  • Benedicta villa 1351/1352 [7].
  • Benestville 1421 [2].
  • Benesteville 1634 [8].
  • Benesville 1612/1636 [9].
  • Benedict-auilla [sic; lire Benedictavilla] 1648 [10].
  • Benoistville 1677 [11].
  • Benoist-ville 1689 [12].
  • Benoistville 1713 [13].
  • Benoitville 1716 [14].
  • Benoistville 1719 [15], 1735 [16], 1757 [17].
  • Benoîtville 1753/1785 [18].
  • Benoist Ville 1793 [19].
  • Benoistville 1801 [20].
  • Benoitville 1804 [21].
  • Bênoisville 1828 [22].
  • Benoitville 1829 [23], 1830 [24], 1837 [25], 1835/1845 [26].
  • Benoist-Ville 1854 [27].
  • Benoistville 1878 [28].
  • Benoîtville 1880 [29].
  • Benoistville 1903 [30].
  • Benoitville 1954 [31].
  • Benoîtville, Benoistville 1962 [32].
  • Benoistville 1972 [33].
  • Benoitville 1978 [34].
  • Benoîtville 1993 [34], 2007 [35].

Étymologie

Toponyme médiéval en -ville (élément issu du gallo-roman VILLA « domaine rural »). Le premier élément est probablement l'anthroponyme (nom de personne) roman Beneoit (forme dialectale de l'Ouest Beneet), d'où le sens global de « domaine rural de Beneoit / Beneet » [36]. On remarquera que la forme dialectale normande a finalement été supplantée dans les textes par la forme francisée au 17e siècle, mais qu'elle subsiste à l'oral, en contexte patoisant ([bnɛ'vil], [bne'vil]). Ce type toponymique est également attesté en Normandie sous la forme Bénesville (Seine-Maritime), qui a conservé sa forme dialectale.

Remarque 1. — Au vu de la forme Benedicta villa attestée du 11e au 14e siècle, Albert Dauzat [37], Auguste Vincent [38] et à leur suite François de Beaurepaire [2], ont opté pour une interprétation par un adjectif qualifiant le mot ville, à savoir « la ville bénie » [39]. Comme le fait remarquer Marie-Thérèse Morlet [40], Benedicta représente vraisemblablement l'emploi adjectival de l'anthroponyme Benedictus, soit « de Benedictus », accordé avec villa. Cette explication est d'ailleurs reprise comme allant de soi par Ernest Nègre [41]. Elle semble confirmée par la toute première attestation, Benedicti villa, « le domaine rural de Benedictus », qui précède de près d'un siècle les formes en -a. Il a pu d'ailleurs y avoir pendant un certain temps coexistence de ces deux formes, que reflètent les variations du premier élément : Benee- (féminin) / Benest- (masculin).
Remarque 2. — Julie Fontanel [42] identifie à Benoîtville le toponyme Buinoldevilla, attesté en 1223/1236 dans le cartulaire de Coutances. Cette forme est en complète contradiction avec toutes les autres attestations du nom de Benoîtville, et correspondrait probablement aujourd'hui à °Binouville ou °Binoudeville. De deux choses l'une : ou bien il s'agit d'une notation aberrante de Benoîtville, dont il ne convient pas de tenir compte; ou bien ce nom désigne une autre localité, non identifiée, et qui ne nous concerne pas ici.

Géographie

Histoire

Le 19 juin 1944, les Allemands tentent de ralentir l'avancée du 60e régiment de la 20e division américaine, en dynamitant le pont, noyant le village, détruisant le vieux moulin et abimant l'église.

Démographie

Sous l'Ancien régime

Sous l'Ancien régime, le dénombrement des populations se fait généralement par feux, c'est-à-dire par foyers. Le nombre de personnes habitant sous un même toit variant beaucoup suivant celui d'ascendants et d'enfants [43], ces données sont donc relatives, mais donnent néanmoins une idée de l'évolution démographique.

Depuis la Révolution

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793.
À partir du 21e siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[44]. En 2016, la commune comptait 622 habitants.

           Évolution de la population depuis 1793  [modifier] (Sources : Cassini [45] et INSEE [46])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
650 552 613 614 615 652 667 660 646 602
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
570 555 522 507 511 502 462 441 428 420
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
434 432 434 408 398 424 420 363 336 320
1982 1990 1999 2004 2006 2007 2008 2009 2010 2011
416 443 458 524 541 551 561 571 592 600
2012 2013 2014 2015 2016 - - - - -
606 613 620 622 622
Notes : De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Sources :
Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[47] puis INSEE à partir de 2004.



Administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

Circonscriptions administratives depuis la Révolution

Les maires

Liste des maires
Période Identité Parti Qualité Observations
.......-....... Le Machon 1793
1795-1798 Jean-Louis Turbert
1798-1799 Jean Roger
1799-1799 Jean-François Salley
1799-1800 Jean Roger
1800-1806 Thomas Siouville
1806-1808 Charles François Bouchard
1808-1812 Louis Langlois
1813-1831 Thomas Siouville
1831-1841 Louis Langlois
1841-1847 Louis Folliot d'Argence
1847-1848 Léon Houel
1848-1868 Jacques Roulland
1869-1876 Jean-Jacques Houel
1876-1881 Maurice Simon
1881-1896 Jean Mabire
1896-1900 Clément Buhot
1900-1904 Henri Bouchard
1904-1912 Clément Buhot
1912-1925 Henri Bouchard
1925-1945 Auguste Thomine
1945-1965 Louis Lecoutour
1965-1970 René Thiébot
1970-1977 Lucien Hochet
1977-1989 Maurice Hamel
1989-1992 Albert Leroy
1992-2008 Henri Legoupil DVD agriculteur réélu en avril 1997
2008-actuel Daniel Gancel SE gendarme retraité, clerc d'huissier
Sources : État civil de 1790 à 1892 - De 1892 à nos jours : 601 communes - Dictionnaire incontournable de notre patrimoine.


Mairie

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour signaler une erreur cliquez ici)
Lundi - -
La mairie (2012)

La mairie (2012)

Adresse : 9 Bis le Bourg[48]
50340 Benoîtville

Tél. 02 33 52 91 59
Fax : 02 33 52 17 19
Courriel : Contacter la mairie
Site internet : Pas de site officiel
Commentaire :
Source : ouest-france.fr (25 juin 2012)

Mardi 10 h - 12 h -
Mercredi - -
Jeudi 10 h - 12 h -
Vendredi - -
Samedi 10 h - 12 h -


Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Patronage

  • Dédicace de l'église paroissiale : Saint-Pierre.
  • Patron (présentation) : l'abbé de Montebourg.
  • Fête patronale : ?

Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

Lieux et monuments

Personnalité liée à la commune

Naissance

Économie

  • Un moulin, près de l'église, a été transformé à la moitié du XIXe siècle en teinturerie pour la laine locale. On y adjoint un bâtiment abritant une boutique au rez-de-chaussée et un grenier où sèchent les écheveaux. Il est détruit lors de la retraite allemande, le 19 juin 1944.
  • Laiterie coopérative de Benoîtville, créée en 1904.
  • La zone artisanale mixte Les Fleurys s'étend sur 3,7 hectares.
  • Parc éolien : un projet d'EDF est abandonné en 2015 [49].
  • Anciennes serres à tomates, réinvesties par la société Solar Invest 2 en 2012 pour y installer 13 872 panneaux photovoltaïques pour une production attendue de 2 500 000 kWh.

Transports

Ligne Manéo

Sports

  • Équitation : haras de B'Néville (Jean-Baptiste Thiébot). Le selle français Piaf de B'Néville, monté par Astier Nicolas, remporte la médaille d'or du concours complet aux Jeux Olympiques de Rio (Brésil) en 2016.

Bibliographie

  • Laurence Jeanne, « Une villa gallo-romaine à Benoistville », Revue du département de la Manche, n° 200, avril 2008.

Notes et références

  1. Marie Fauroux, Recueil des actes des ducs de Normandie (911-1066), Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XXXVI, Caen, 1961, p. 85, § 11.
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3, 2,4 et 2,5 François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 78.
  3. Léopold Delisle, Recueil des actes de Henri II, revu et publié par Élie Berger, Imprimerie Nationale, Paris, t. I, 1916, p. 325, § CXCIII.
  4. Léopold Delisle, op. cit., t. II, 1920, p. 154, § DLXX.
  5. Léchaudé D’Anisy, Grands Rôles des Échiquiers de Normandie, première partie, Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XV, 2e série, 5e volume, Paris, 1845, p. 86a.
  6. Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 314G.
  7. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, op. cit., p. 376D.
  8. Sébastien Cramoisy, Carte générale de toutes les costes de France tant de la mer Océane que Mediterranée, 1634 [BNF].
  9. Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BNF, ms. fr. 4620].
  10. « Benefices du dioceze de Coutances », p. 15, in Pouillié general contenant les benefices de l’Archevesché de Rouen […], chez Gervais Alliot, Paris, 1648.
  11. Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BNF, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
  12. G. Mariette de La Pagerie, cartographe, Unelli, seu Veneli. Diocese de Coutances, divisé en ses quatre archidiaconés, et vint-deux doiennés ruraux avec les Isles de Iersay, Grenesey, Cers, Herms, Aurigny etc., chez N. Langlois, Paris, 1689 [BNF, collection d'Anville, cote 00261 I-IV].
  13. 13,0 et 13,1 Dénombrement des généralités de 1713 [BNF, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  14. Guillaume de l'Isle, Carte de Normandie, Paris, 1716.
  15. Bernard Jaillot, Le Gouvernement général de Normandie divisée en ses trois généralitez, Paris, 1719.
  16. 16,0 et 16,1 Nouveau dénombrement du royaume par generalités, elections, paroisses et feux […], t. II, Impr. Pierre Prault, Paris, 1735, p. 57b.
  17. L. Brion de la Tour, Recueil des Côtes Maritimes de France, Desnos, Paris, 1757, carte n° 9-15.
  18. Carte de Cassini.
  19. Site Cassini.
  20. Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Nationale, Paris.
  21. Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, impr. Baudouin, libr. Laporte, vol. I (A-CNO), an XIII (1804), p. 296c.
  22. Louis Du Bois, Itinéraire descriptif, historique et monumental des cinq départements de la Normandie, Mancel, Caen, 1828, p. 392.
  23. Annuaire de la Manche (1829), Statistique de l'arrondissement de Cherbourg, p. 130.
  24. J. G. Masselin, Dictionnaire universel de géographie physique, commerciale, historique et politique du Monde Ancien, du Moyen Age et des Temps Modernes comparées / Dictionnaire universel de géographie, t. I, Auguste Delalain, Paris, 1830, p. 137b.
  25. Dictionnaire géographique universel ou description de tous les lieux du globe sous le rapport de la géographie physique et politique, de l’histoire, de la statistique, du commerce, de l’industrie, etc., etc., Sociétés de Paris, Londres et Bruxelles pour les publications littéraires, Bruxelles, 1837, t. I, p. 312b.
  26. cartes d’État-Major (relevés de 1820 à 1866, mises à jour jusqu’à 1889; Basse-Normandie cartographiée entre 1835 et 1845).
  27. V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
  28. Abbé Auguste Lecanu, Histoire du diocèse de Coutances et d'Avranches depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours; suivie des actes des saints et d'un tableau historique des paroisses du diocèse, impr. de Salettes, Coutances, t. II, 1878, p. 307.
  29. Adolphe Joanne, Géographie du département de la Manche, Hachette, Paris, 1880, p. 52a.
  30. Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
  31. Nomenclature des hameaux, écarts et lieux-dits de la Manche, INSEE, 1954.
  32. Atlas de Normandie, Caen, 1962.
  33. Anne Vallez, Pierre Gouhier, Jean-Marie Vallez, Atlas Historique de Normandie II (économie, institutions, comportements), Université de Caen, Caen, 1972.
  34. 34,0 et 34,1 Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
  35. Carte IGN au 1 : 25 000.
  36. Il ne s'agit pas ici du nom de famille, mais du nom de baptême médiéval Beneoit / Beneet, réemploi du nom de nombreux saints dont le plus connu est saint Benoît de Nursie (5e-6e s.), fondateur en 529 du monastère du Mont-Cassin, puis de la Règle bénédictine qui devait longtemps régir le monachisme occidental. Ce nom est issu du cognomen latin d'usage chrétien Benedictus, réemploi anthroponymique de benedictus « béni », participe passé du verbe bene dicere « bénir, consacrer », initialement « dire du bien de; louer, célébrer ». Ce verbe composé est lui-même constitué des éléments bene « bien » et dicere « dire ».
  37. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963, p. 71b.
  38. Auguste Vincent, Toponymie de la France, Bruxelles, 1937, p. 290, § 758. Il faut dire à la décharge des deux premiers qu'ils ne disposaient pas de la première attestation Benedicti villa, datée de 996/1008.
  39. René Lepelley, quant à lui, ne prend pas position, et ne fait que reproduire les deux hypothèses (Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993, p. 65a).
  40. Marie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle, Paris, CNRS, t. III (les noms de personnes contenus dans les noms de lieux), 1985, p. 36a.
  41. Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. II, 1991, p. 999, § 18031.
  42. Julie Fontanel, Le cartulaire du chapitre cathédral de Coutances, Archives départementales de la Manche, Saint-Lô, 2003, p. 411, § 273.
  43. Une moyenne de 5 à 6 personnes semble cependant le chiffre le plus vraisemblable.
  44. Au début du 21e siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  45. Population avant le recensement de 1962.
  46. INSEE : Population depuis le recensement de 1962.
  47. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  48. La nouvelle mairie de Benoistville a été inaugurée le samedi 23 juin 2012.
  49. «Le conseil municipal de Benoistville dit non aux éoliennes », La Presse de la Manche, 29 avril 2015.