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Bacul

De Wikimanche

Dictionnaire manchois
Bacul

1) court sur patte
2) pièce de harnachement du cheval.

Cette page est une entrée du dictionnaire manchois.

Bacul, (dial.), n. m.,

  1. homme dont le derrière est peu élevé.
  2. pièce de harnachement du cheval.


Graphie normalisée : bacul [1].

Répartition géographique

Arrondissement de Saint-Lô, France entière et Québec suivant les sources et les significations.

Attestations écrites

Dans les glossaires et dictionnaires

Dans l'ordre chronologique.

  • bacul, 1849, arrondissement de Saint-Lô : « crapoussin, homme dont le derrière est peu élevé. Dans le département de l'Orne ce mot est pris dans une acception différente ; il signifie une traverse en bois (baculus) à laquelle les traits des chevaux sont attachés. » [2].
  • bacul, bas-cul, 1856, arrondissement de Saint-Lô : « traverse de bois pour attacher par derrière les chevaux attelés. Ce mot, dans l'arrondissement de St.-Lo, employé pour désigner une personne qui a les cuisses et les jambes courtes, doit s'écrire bas-cul, et n'est pas l'exact homonyme de bacul (bat-cul). » [3].
  • bătchu, 1886, Hague, « petit bâton placé en travers derrière le cheval attelé. […] Étymologie populaire : ce qui bat le tchu. Quand ce mot a le sens de bāsentchuláĕ, la première syllabe est longue : bātchu. » [4]
  • bacul, 1887, non localisé, : « 1) large croupière du cheval de trait et particulièrement du limonier. L'observation faite sous le mot précédent (bacouette) est applicable à celui ci, qui devrait s'écrire bat-cul ». Exemple donné : Paoure et chetif baudet, j'ay de toy pitié et compassion : tu travailles journellement beaucoup ; je l'apperceoy à l'usure de ton bacul Rabelais, Pantagruel, L. V, chapitre VII p. 469. » 2) traverse de bois assujettie aux traits du cheval et destinée à les tenir écartés. Du latin baculus, bâton [5].
  • batchu, 1897, Hague : « morceau de bois (sorte de gros bâton) d'environ 80 cm de longueur, ordinairement garni de crocs ou d'anneaux en fer à ses extrémités. C'est dans le harnachement, une sorte d'arc-boutant aux extrémités duquel viennent s'attacher les traits du cheval, et dont la longueur maintient, entre les dits traits, un écartement suffisant pour ne blesser ni même incommoder ledit cheval. Il s'agit du trait d'union entre le cheval et la charrue ou la herse qu'il met en mouvement » [6].
  • ba-cul, 1923, Hauteville-sur-Mer : « pièce de la charrue à laquelle on attache les traits et qui se trouve, en conséquence, immédiatement derrière l'attelage » [7]
  • Graphies, dates et localisations à repréciser Source à repréciser. Le mot est cité dans les glossaires suivants :
    • [1892 Lepêqueux] Lepêqueux, manuscrit, .
    • [1911 Beaucoudrey] R.-G. de Beaucoudrey, Le langage normand au début du XXe siècle noté sur place dans le canton de Percy (Manche), Paris, Picard, .
    • [1942 Mouchel] Alfred Mouchel, Glossaire et expressions du patois normand des régions de Valognes et de Quettehou, .
    • [1974 Lepelley] René Lepelley, « Le parler normand du Val-de-Saire (Manche) : phonétique, morphologie, syntaxe, vocabulaire de la vie rurale » (thèse pour le Doctorat d'État-ès-Lettres présentée à l'université de Paris X-Nanterre [Lettres et sciences humaines] le 6 novembre 1971), Cahier des Annales de Normandie, no 7,‎ , pp. 5-442 (lire en ligne). — [1974 Marie] Éric Marie, Le langage maritime à Saint-Germain-des-Vaux et Auderville (Pointe de la Hague) (étude linguistique et ethnographique), Saint-Lô, coll. « Parlers et traditions populaires de Normandie », .

Attestations orales

Transcriptions francisées

  • baku, batchu ?, 1970, Bretteville [8] Source à repréciser Avec quelle pronociation et quelle signification ?.

Emploi particulier

Proverbes et dictons
  • bacul, 2015, Québec : « "Chier sur le bacul". Abdiquer, démissionner. Autrefois, les chevaux pris de panique déféquaient souvent sur le palonnier ou bacul de la voiture, d'où l'expression. "V'nez pas m'bâdrer avec Godbout! Y va chier sus ]'bacul, ben crère! Y vont nous mener direct à ruine, ces gensses-là. Toutes les suicides pis les vols qu'on entend parler, là, c'est parce que !'monde croye pus à rien." » (M. LASERGE, C'était avant la guerre … , p. 88) [9].

Mot apparenté

  • bāsentchuláĕ, (dial.), « adj, qui a les jambes courtes, qui a le tchu bas » [4].

Notes et références

  1. [2016 Magène-UPNC] Magène et Université populaire normande du Coutançais, Trésor de la langue normande, Dictionnaire français/normand, t. 2 tomes, Éditions Eurocibles, .
  2. [1849 Duméril] Édélestand et Alfred Duméril, Dictionnaire du patois normand, Caen, (lire en ligne), p. 26.
  3. [1856 Du Bois] Louis du Bois, Glossaire du patois normand : augmenté des deux tiers, et publié par M. Julien Travers, Caen, A. Hardel, , 440 p. (lire en ligne), p. 25 (transcription).
  4. 4,0 et 4,1 [1886 Fleury] Jean Fleury, Essai sur le patois normand de la Hague, Paris, Maisonneuve frères & Ch. Leclerc, éditeurs, (lire en ligne), p. 129.
  5. [1887 Moisy] Henri Moisy, Dictionnaire de patois normand, Caen, H. Delesques, (lire en ligne), p. 49.
  6. [1897 Le Boullenger] François Le Boullenger, Glossaire du patois normand dérivé des langues scandinaves (Avranchin et Mont-Saint-Michel) : Notes diverses (de l'orthographe et de la prononciation), remarques sur le patois de la Hague, (lire en ligne), p. 363.
  7. [1923 Lemesle] Gabriel Lemesle, Le passé d'une commune française : Notes recueillies et classées jusqu'en 1914 sur Hauteville-sur-Mer (Manche), (lire en ligne), p. 293.
  8. Témoignage personnel d'au moins un contributeur de Wikimanche.
  9. Pierre DesRuisseaux, Trésor des expressions québécoises, Petit dictionnaire de la langue imagée dans la littérature et les écrits québécois, 2015, Groupe Fides Inc. non paginé (lire en ligne)