Auguste Pitron

De Wikimanche

Auguste Pitron, né au XIXe siècle, est un écrivain de la Manche.

On lui doit d'une part des poèmes rédigés dans le parler du nord de la Manche, et où il fait usage d'une langue riche, expressive et imagée.

Voici par exemple les premières lignes d'un texte intitulé "Neu chens hionze !" (« Neuf-cent-onze ! »), composé en 1911 pour le millénaire de la création de la Normandie (la typographie et l'orthographe sont d'origine) :

Hélo ! Déd'pis mille ains, qui j'taient touous feux et flammes,
Les Duits, les Conquérors !… cha n'est qu' poussyîre ach' teu;
Leux chendres sont mêlaîes !… D' nos anchêtres, les âmes,
Fliott'nt sans même un linceu !
Mais lû nom r'prend du r'vi… Pou l' fameux millénaire,
Dont prêch'nt touous les jouourniaux, no z'intalle eun' grand' faire.
Les d's'cendants des Wikings, do lû bliaude en droguet
Front vaie à Rouen, à Caen, qu'aim'nt bi les vull's usages,
Qui hyia des coueff's pach' chin atou d' gentils visages
Et des cott's à muquet [1].

Il est également l'auteur de textes et de poésies en français, au ton parfois grandiloquent. Témoin, à titre de comparaison, ce sonnet sur le même sujet, intitulé "911… !", et composé dans les mêmes circonstances :

Les Wikings, gens du Nord et disciples d'Odin,
Après avoir brûlé, rançonné la Neustrie,
La quittaient à regret; …puis, revenaient soudain
Sus ses fleuves profonds et sa côte fleurie.

Alors un Roi sans cœur leur dit d'un ton badin :
Tout ce que vous pillez sera votre Patrie;
Partagez-vous, bandits, cet immense jardin
Que vous appellerez Terre de Normandie.

Et Charles dit à Roll : « Point n'est promesse vague ».
Forban, je te fais Duc ! Suspends ta courte dague
A ton écu d'acier, près de l'estramaçon. »

Les douze pairs sont là, rougissant de l'entendre…
De plus il ajouta : Duc Rollon, sois mon gendre !
Gisèle et notre sol servirent de rançon ! [2]

Annexes

Notes et références

  1. Publié dans la revue L'Âme Normande, 7e année, n° 68 (Numéro du Millénaire), juin 1911, p. 192-196.
  2. Publié dans la revue L'Âme Normande, 7e année, n° 68 (Numéro du Millénaire), juin 1911, p. 120.