Alfred Noël

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Alfred Noël (1883-1918).

Alfred Noël, né à Valognes le 30 décembre 1883 et mort le 16 mars 1918 [1], est un chansonnier de la Manche.

Biographie

Alfred Noël a pour parents Alphonse Noël (1839-1884), né à Saint-Vaast-la-Hougue de parents inconnus, et Agathe Florine. Alphonse, recueilli à l'hospice de Valognes, y apprend la profession de jardinier. Il exerce ce métier à Valognes, où il habite rue des Religieuses[2].

Le cadet de trois enfants, Alfred devient très tôt orphelin, et est à son tour admis à l'hospice. Il est dès l'enfance handicapé par une malformation de la hanche, qui lui inflige une constante claudication[2].

Il devient apprenti tailleur. À l'hospice, il est également chargé de la surveillance des enfants, qu'il conduit chaque matin à l'école. Ses premières tentatives dans le domaine de la chanson patoise sont encouragées par un jeune instituteur, Pierre Guéroult, qui devient l'auteur que l'on sait. D'autres personnalités littéraires telles que Louis Beuve et Alfred Rossel le soutiennent également[2].

Ayant appris la musique, et surtout à jouer du violon, grâce à l'abbé Louis Meurier, Alfred Noël peut animer des concerts d'enfants au patronage, puis organiser des spectacles musicaux à la salle des fêtes. Il publie ses chansons dans divers recueils qu'il confectionne et reproduit lui-même, principalement entre les années 1911 et 1914[2].

Au même titre que Louis Beuve, Alfred Noël participe au développement du patois sous sa forme écrite. Sa notation en est spontanée, et comporte un certain nombre d'incohérences graphiques qui ne gênent en rien la compréhension et l'appréciation que l'on peut avoir du texte.

Il est également l'auteur de chansons en français évoquant divers aspects de la culture normande, telles que la Chanson du cidre d'or, composée en 1913.

Œuvres

  • La Bonne veillée, 1911
  • Veillée normande, 1912
  • Veillée concert, 1913
  • Veillée rustique, 1914
  • Chansons normandes du pays de Valognes, paroles et musique d'Alfred Noel, illustrations de Ch. Roger de Gérigné, avec un lexique de mots patois, Coutances, préface de Georges Cadel, éditions Notre-Dame, 1941. [3] (lire en ligne).

Bibliographie

  • Roger-Jean Lebarbenchon , « Charles Leboulanger, poète du Coutançais, et Alfred Noël, chansonnier de Valognes », Les Chansons des assemblées (Littératures et cultures populaires de Normandie), Cherbourg, Isoète, 1989, p. 85-95.

Hommages

Une rue de Valognes porte son nom.

Le groupe folklorique valognais L'Payîs d'Valougnes a pris pour nom le titre d'une de ses chansons.

Le groupe folklorique le P'tit capé d'Brix perpétue son souvenir en faisant référence dans son nom à l'une de ses chansons

Notes et références

  1. L'introduction des Chansons normandes du pays de Valognes (voir Œuvres ci-dessous) le fait naître en 1870 et mourir en 1922, ce qui est manifestement une erreur.
  2. 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 2, Éditions Eurocibles, 2001.
  3. Recueil posthume d'un choix de vingt chansons en patois, rééditées à l'intention des prisonniers de guerre. La date de cette réédition partielle (1941) n'est sans doute pas indifférente : le thème de ces chansons cadrait parfaitement avec le « retour à la terre », la devise « travail, famille, patrie » et la pétainiste Révolution nationale.

Voir aussi