Aimable Constant Jéhenne

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Aimable Constant Jéhenne, né à Saint-Malo-de-la-Lande le 11 septembre 1799 (25 fructidor an VII) [1] et mort à Brest (Finistère) le 20 mai 1863 [1], est une personnalité militaire de la Manche.

Très fort de café !

Il est le fils de Jacques Jéhenne, né à Saint-Malo-de-la-Lande-de-la-Lande, et de Marie Fauvel, née à Blainville-sur-Mer.

Hydrographe de formation, Aimable Constant Jéhenne fait la plus grande partie de sa carrière dans la Marine [2]. Il y entre en 1812 comme mousse. Il sert sur L'Adéle et Le Rhône, basés à Cherbourg.

Il entre à l'École navale de Brest et en ressort aspirant en août 1815. Il participe à une campagne aux Antilles et dans le golfe du Mexique à bord du Laurier, puis sur les côtes occidentales d'Afrique à bord de L'Écureuil.

En 1821, promu enseigne de vaisseau, il prend part pendant l'expédition d'Espagne au blocus de Saint-Sébastien et de La Corogne.

Le 15 octobre 1822, il se marie à Lorient (Morbihan) avec Élisa Le Pontois, qui lui donne deux enfants : Eugénie et Paul Auguste (1830-1896).

De 1824 à 1829, il effectue cinq campagnes hydrographiques sur les côtes de France, puis une autre en 1835 dans la baie de Rio de Janeiro (Brésil) sur la Sirène.

En juillet 1830, il participe au débarquement d'Alger sur l''Algésiras.

En 1840, il se voit confier la mission d’explorer la côte nord-ouest de Madagascar [2]. Trois ans plus tard, il est chargé d’étudier les côtes de Mayotte, dont il entreprend la colonisation et signale l’intérêt stratégique [2]. Il fait ensuite plusieurs campagnes à Terre-Neuve et aux Antilles [2].

En 1840, promu capitaine de corvette, il prend le commandement de la gabare La Prévoyante et part pour l'océan Indien. Il mène de nouvelles campagnes hydrographiques à La Réunion, aux Comores et à Madagascar.

En 1842, il s'empare à Moka (Île Maurice) de plusieurs centaines de plants de café qu'il amène jusqu'à l'île de la Réunion, puis en Guyane, pour les distribuer aux colons afin de régénérer leurs plantations [3].

En 1843, il commande la station de Granville.

En 1854, il est commandant du Henri-IV et participe à la campagne de Crimée. Pris dans une tempête, le 16 novembre, il échoue volontairement son bateau à Eupatoria pour sauver son équipage, ce qui lui est un temps reproché avant qu'il ne soit blanchi par l'Empereur [4]. En février 1855, il est promu au grade de contre-amiral et nommé major général de la marine à Brest (Finistère) [5].

En 1858, il est nommé préfet maritime à Lorient (Morbihan) [2]. En 1860, il est commandant en chef de l'escadre d'évolutions à bord du Donawerth. Il prend sa retraite en septembre 1861.

Distinctions

Il est nommé officier de la Légion d'honneur en janvier 1813, puis commandeur.

Hommages

Il figure avec l'amiral de Hell et le commandant Passot sur un timbre poste émis en 1941 par Madagascar pour célébrer le centenaire de la mission à Mayotte et Nossi-Bé.

Bibliographie

  • Aimable Jéhenne, Renseignements nautiques et autres sur l'île de Mayotte, Imprimerie royale, Paris, 1843
  • Henry des Grèves, Du mousse à l'amiral : vie de Aimable Jéhenne 1799-1863, 2001

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 La Manche-Libre, édition Coutances du 14 octobre 2012.
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 et 2,4 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 2, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier.
  3. Michel Lohier, Les Grandes étapes de l'histoire de la Guyane française, 1969.
  4. César Lecat Bazancourt, L'Expédition de Crimée, Librairie d'Amyot, Paris.
  5. Journal des débats politiques et littéraires, 8 février 1855.

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