Adolphe La Lyre

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Autoportrait, 1886.

Adolphe Lalire, dit Adolphe Lalyre ou La Lyre, né à Rouvres (Meuse) le 1er octobre 1848, mort à Courbevoie (Hauts-de-Seine) le 23 janvier 1933, est un peintre de la Manche,

Biographie

Fils de maréchal-ferrant, aîné de sept enfants, il est premier prix de dessin de l'Académie de Nancy (Meurthe-et-Moselle) en 1866 et étudie architecture à Verdun (Meuse). Sa famille déménage à Paris, et il entre en 1872 à l'École spéciale des dessins et mathématiques, dont il obtient le premier prix de dessin en 1874. Reçu ensuite premier au concours de l'École des Beaux-Arts de Paris en 1875, où il apprend des maîtres tel Puvis de Chavannes, il expose au Salon des artistes français chaque année entre 1876 et 1929. Il enseigne à son tour aux adultes dans les écoles du XIIe arrondissement de Paris entre 1877 et 1889.

Sainte Cécile. Huile sur toile, 1896, musée des Beaux-Arts de Chartres.

Après quelques portraits, il débute avec des compositions religieuses, à l'image de Sainte Cécile martyre, et Sainte Geneviève instruisant sainte Clothilde. Représentant ces saintes dénudées, il poursuit l'exploration du nu féminin sous l'influence de Jean-Jacques Henner, à travers des scènes de genre comme des baigneuses, et mythologiques à l'image de Psyché aux Enfers et Léda et le cygne. Il se consacre à la peinture de nombreuses naïades, lui valant le surnom de « peintre des sirènes ».

Inspiré par la mode de l'époque de l'Art nouveau et du symbolisme, par les mythes revisités par Offenbach, il peint la femme fatale, « rousses opulentes aux croupes prometteuses »[1], à la « beauté laiteuse »[2]. Pour Gérald Schurr et Pierre Cabanne, il « peint avec fougue et une hâte excessive des groupes de nudités e mouvement dont les lourdeurs d'écriture ou de pâte sont parfois contestables »[2]

Critique d'art, collaborateur de la Revue des Beaux-Arts et des lettres, il publie en 1910 Le Nu féminin à travers les âges. Le poète et critique d'art Armand Sylvestre le présente comme « l'un des peintres de ce temps les plus fidèles au nu ; j'entends au nu féminin, c'est-à-dire au plus admirable thème de dessin et de couleur qui ait jamais inspiré les artistes ».

Ayant découvert le Cotentin en 1872, il revient à plusieurs reprises à Carteret, notamment au Grand hôtel de la mer à partir de 1883, puis fait bâtir en 1897, sur des terrains achetés à la Société des terrains et vapeurs de Carteret, sur la corniche, une villa qui prend le nom de « Château des sirènes ». Dès lors, il peint sa maison et les plages des alentours, et fait don à la commune, en 1923, d'une partie de ces paysages pour orner la salle des fêtes inaugurée le dimanche 15 juin 1924. Le 11 août 1886, il épouse Marthe Lévesques, son élève de dix-huit ans sa cadette.

Le « château des sirènes », demeure du peintre sur la corniche de Carteret.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, il cède sa villa au député radical Henry Franklin-Bouillon, ancien ministre d'État du gouvernement Painlevé et propriétaire de la villa voisine Les Liserons, sans cesser d'y habiter. En 1918, à la demande du curé de Carteret, il dessine les vitraux du chœur de l'église Saint-Germain détruits en 1941.

Il meurt à Courbevoie où se situe son atelier depuis 1897, boulevard Saint-Denis, après s'être installé à Paris place des Vosges (Pavillon Henri-IV), et rue Saint-Paul. Il est inhumé au cimetière Montmartre. Sa femme, Marthe, sociétaire des Artistes français à partir de 1901, exposée au salon de cette association, fait ensuite plusieurs dons, aux institutions locales et à divers musées en France, pour valoriser l'œuvre de son mari.

Collections et hommages

La mairie de Barneville-Carteret dispose d'une collection de ses œuvres suite à plusieurs dons de l'artiste et de son épouse, oubliées puis restaurées et exposées du 22 août au 5 septembre 2005 salle des Douits à Carteret.

Le Musée Thomas-Henry de Cherbourg, qui détient dans ses collections trois toiles de l'artiste (Autoportrait, Odalisque ou l'Égyptienne et Sirènes visitées par les Muses), lui consacre une exposition du 25 octobre 2008 et le 1er février 2009.

Le musée de Tatihou possède également plusieurs toiles d'inspirations maritimes de l'artiste.

Distinctions

Sociétaire des Artistes français à partir de 1880, il reçoit une médaille aux expositions universelles de Paris en 1889 et 1900, et une médaille de deuxième classe au Salon de 1900. Il reçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur le 10 octobre 1926 à Carteret.

La mairie de Carteret a également rebaptisé la rue des Tamaris à son nom le 22 août 2005[3].

Notes et références

  1. E. Bénézit (dir. Jacques Busse), Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays par un groupe d'écrivains spécialistes français et étrangers, Gründ, 1999.
  2. 2,0 et 2,1 Gérald Schurr et Pierre Cabanne, Dictionnaire des Petits Maîtres de la peinture, 1820-1920, éditions L'Amateur, 1996
  3. barneville-carteret.fr, consultée le 29 décembre 2011.

Lien interne