Achille Mesnil

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Achille Mesnil

Achille Louis Mesnil, né à Octeville le 27 février 1901 et mort à Suresnes (aujourd'hui Hauts-de-Seine) le 21 septembre 1942 fusillé au Mont-Valérien par les nazis, est un résistant de la Manche, « Mort pour la France ».

Biographie

Il est le fils de Louis Mesnil, ajusteur, et de Mélie Typhagne, ménagère [1].

Il se marie à Cherbourg le 16 août 1924 avec Marie Letourneur, qui lui donne trois enfants [1].

Avant la Seconde Guerre mondiale, Achille Mesnil habite Cherbourg et travaille comme charpentier en fer à l’arsenal ; c’est un militant communiste et un syndicaliste CGT. Pendant la guerre d’Espagne, prélude à la tragédie mondiale, il collecte avec son frère Jules des sommes importantes destinées aux combattants républicains espagnols et aide des réfugiés venus à Cherbourg, comme l'antifasciste allemand Karl Deck.

En 1939, il est licencié de l’arsenal, comme le sont systématiquement les communistes ; cela ne décourage pas Achille Mesnil qui, mobilisé, fait son devoir de Français. Après sa démobilisation, révolté de voir la France livrée aux nazis, il retrouve en septembre 1940 André Defrance qui organise la Résistance active dans la Manche sous l’égide du Parti communiste illégal. Ainsi, malgré les risques infinis que cela comporte pour lui et les siens, Achille Mesnil crée et anime des groupes de résistants, reçoit et distribue lui-même tracts et journaux clandestins, récupère munitions, explosifs et engins incendiaires (qui serviront plus tard à la destruction du matériel allemand entreposé dans les hangars de l'entreprise Grouard). De plus, avec son épouse et son frère, il donne asile aux militants illégaux qui se déplacent constamment d’un lieu à un autre : Louis Canton, le militant des industries chimiques de Sotteville-les-Rouen ; Roger Bastion, le métallurgiste caennais ; Henri Messager, l’ouvrier havrais. Ils seront ses compagnons de tortures et de supplice.

La police française au service des hitlériens veille (affaire Pican-Cadras) [2]. Le 18 février 1942, six policiers font irruption dans son domicile et l’arrêtent. Parmi eux, se distinguent particulièrement Henri Laniez chef des RG de Saint-Lô et Leymarie de Cherbourg. Dans le même temps sont arrêtés : Jules Mesnil, Louis Canton, Roger Bastion, Henri Messager, Marie Lesage (belle-soeur de Pierre Vastel).

Malgré les nombreux sévices, subis au commissariat central de Cherbourg, puis aux mains de la Gestapo, aucun des suppliciés ne livre les secrets qu’il détient. Jules Mesnil, renvoyé à Cherbourg, meurt des suites des tortures.

Détenu à Romainville, Achille Mesnil tombe sous les balles des nazis au Mont-Valérien le 21 septembre 1942. Selon le journal de l'aumônier allemand Franz Stock, les corps auraient été incinérés [1].

La mention « mort pour la France » lui est attribuée par le Secrétariat général aux anciens combattants le 16 novembre 1945.

Marcel Bosquet, artisan sculpteur natif de La Glacerie en 1901, tombe sous les balles au Mont Valérien le 2 décembre 1943. Plusieurs manchois y seront fusillés entre 1942 et 1943.

Sources

  • Écrits d'André Defrance : Attestation d'appartenance à la Résistance d'Achille Mesnil ; discours à sa mémoire prononcé le 15 novembre 1947.
  • Mémoire des hommes, SGA, Ministère de la Défense

Hommages

Square Achille Mesnil

Notes et références

  1. 1,0 1,1 et 1,2 Claude Pennetier, « Mesnil, Achille », Le Maitron, 8 avril 2015 (lire en ligne).
  2. Mémoire vive, site internet (lire en ligne).

Articles connexes

Lien externe