Abraham Bazire

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Abraham Bazire, mort le 27 février 1674, est une personnalité catholique de la Manche, vicaire général de Coutances.

Biographie

Il fait ses études à Paris, mais sans fréquenter le collège d'Harcourt, le « collège de la nation normande », comme le font de nombreux Normands. Il devient docteur en théologie de la Maison et Société de Sorbonne en 1626. Dans les années 1620, il est précepteur de Claude Auvry (1606-1687), Parisien de naissance et futur évêque de Coutances.

Bazire intervient à ses dépens, comme docteur en théologie, dans l'affaire de la censure d'un livre du protestant Théophile Brachet de La Milletière (1595-1665) : Le Pacifique véritable sur le débat de l'usage légitime du sacrement de pénitence expliqué par la doctrine du S. Concile de Trente (1644). Bazire approuve cet écrit en même temps que deux autres docteurs de Sorbonne, Valérien de Flavigny et Hénière. Ce dernier se soumet à la censure de la Faculté de théologie, mais Bazire et Flavigny ne l'acceptent pas, ne se rendant, au dire de Godefroy Hermant, « qu'après avoir été privés des droits de la Faculté pendant des années entières ».

Bazire occupe plusieurs fonctions ecclésiastiques successives dans le diocèse de Coutances, d'abord comme curé de Chef-du-Pont, et curé-archiprêtre de Sainte-Marie-du-Mont entre 1638 et 1641. Il est nommé, avant 1646, vicaire général du diocèse de Lisieux : l'évêque, entre 1636 et 1646, en est Philippe Cospeau.

De retour dans le diocèse de Coutances, il approuve, le 13 juillet 1649, en compagnie d'un certain Le Moussu, l'office composé par Jean Eudes, le "missionnaire de la Normandie", en l'honneur du sacerdoce. Il est nommé vicaire général de Coutances par Claude Auvry le 18 avril 1651 et il le restera jusqu'en 1658. Il se montre d'abord favorable à Jean Eudes, fondateur du séminaire de la ville épiscopale. Toutefois Bazire prendra parti contre Jean Eudes, en particulier dans l'affaire de Marie des Vallées, la « voyante de Coutances ». Il défend François de La Luthumière, fondateur du séminaire de Valognes, quand cette maison est attaquée en raison de ses liens avec Port-Royal.

Bazire est en relation avec les amis du théologien Antoine Arnauld et de Thomas Fortin, principal, puis proviseur du collège d'Harcourt ; un manuscrit antijanséniste de 1673 classe Abraham Bazire parmi les « jansénistes politiques ».

Il quitte ses fonctions de vicaire général vers 1659.

Il meurt sans doute dans la ville épiscopale.

Article connexe

Sources

  • Godefroy Hermant, Mémoires ecclésiastiques, éd. A Gazier, Paris, 1905, t. I, p. 286-287.
  • D. Boulay, Vie du Vénérable Jean Eudes, Paris, 1907, t. III, p. 221-231 et Appendice, p. 78-79, t. IV, p. 324, Appendice, p. 53ss.
  • Jean Eudes, Lettres, p. p. Ch. Berthelot du Chesnay, Paris, 1958, p. 48.
  • Charles Berthelot du Chesnay, Les Missions de Saint Jean Eudes, Paris, 1967, p. 107-108, 266, 271, 276, 278, 324.
  • Yves Poutet, Divus Thomas, 1978, p. 233.
  • Paul Milcent, Un Artisan du renouveau chrétien au XVIIe siècle : Saint Jean Eudes, Paris, 1985, p. 324, 326, 489.
  • Jean Lesaulnier, Chroniques de Port-Royal, 35, 1986, p. 74, 79.
  • Jean Lesaulnier et Antony McKenna, Dictionnaire de Port-Royal, Paris, Champion, 2004, p. 157 (notice de J. Lesaulnier).