Émilienne Laruelle

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Émilienne Denise Pascaline Laruelle, Soulard pour l'état civil, née à Ponts le 20 avril 1924, rentrée d'Allemagne, est une déportée de la Manche.

Habitant Avranches, Émilienne Laruelle écoute la radio anglaise, chez une commerçante. Avec de simples ciseaux, elle coupe à quatre reprises un câble électrique posé sur le sol, près de la ville d'Avranches. L'enquête et les soupçons se portent sur un de ses voisins. Ne voulant pas que cet homme, monsieur Couëtil, soit inquiété, elle déclare à la Kommandantur que les coupures sont le fait d'une femme qui serait depuis partie à l'étranger, mais elle coupe à nouveau un câble.

Émilienne Laruelle est arrêtée le 14 février 1941 [1]. Lors de son arrestation, un policier français récupère des papiers compromettants qu'elle brûlait. Elle est conduite à la prison de Saint-Lô. Mais les fils sont à nouveau coupés ! Par qui ? Nul ne le sait, mais il est permis de supposer que quelqu'un avait voulu lui venir en aide [2].

La Cour Martiale, en raison de son jeune âge, la condamne à cinq ans de détention. Après les prisons de Caen (Calvados) et Troyes (Aube), elle est déportée le 22 juillet 1943 à destination de Freiburg-im-Breisgau (Allemagne) en même temps que les Manchois Marcel Baudry et Arthémise Lecouteur.

Elle est emprisonnée sous le protocole ""NN"" [3]. Elle transite par les prisons allemandes de Gotteszell, Franfort-sur-le-Main, Flussbach et Mayence. Elle est ensuite transférée à Darmstadt, kommando dépendant du camp de concetration de Sachsenhausen. Les détenus y travaillent pour la firme Hans Heymann à la production de pièces pour les fusées V2).

Émilienne Laruelle est libérée le 9 avril 1945.

Distinction

  • Chevalier de la Légion d'honneur (2000) [4], déportée-résistante ; 58 ans d'activités associatives et de services militaires.

Notes et références

  1. « Le Bonhomme normand », Normannia, numéro du 28 février 1941, page 2.
  2. « La Résistance dans le Bocage », Beaucoudray, site internet, 2004.
  3. Nacht und Nebel = "Nuit et brouillard" - interprétation du signe N.N. accolé par l'administration SS à tout détenu désigné dès sa déportation.
  4. « Décret du 31 décembre 1999 portant promotion et nomination », Légifrance, Journal officiel n°1 du 1er janvier 2000.

Sources

Lien interne