Élément vast / gast

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L'élément vast apparaît dans de nombreux toponymes de la Manche, le plus souvent en finale, mais également à l'initiale, et aussi tant qu'appellatif isolé. Il a le sens de « terre inculte, friche, jachère ».

Étymologie

Cet élément représente l'ancien normand wast, vast « terre inculte, friche, jachère », forme normano-picarde de l'ancien français gast, de même sens, mais qui a également eu ceux de « ravage, pillage; dilapidation » qui le rattachent au verbe gaster « ravager, dévaster; détruire ». Les mots wast / gast sont issus du gallo-roman °WASTU, reposant sur le croisement du latin vastus « vide, désert; dévasté, ravagé; inculte » [1] et du francique °wōsti [2], de même sens [3].

Dans certains cas, cet élément peut aussi correspondre à l'adjectif wast, vast / gast « dévasté, ravagé; abandonné, désert; inculte, en friche », de même étymologie.

Emploi en toponymie

La très grande majorité des toponymes en vast se regroupe dans le nord du Cotentin, et témoigne d'une certaine mode toponymique au Moyen Âge, utilisant ce type de composé ancien (déterminant + déterminé). Dans la quasi-totalité des cas, le premier élément est issu d'un nom de personne médiéval, d'origine scandinave, germanique continentale ou romane. Cependant, l'emploi de la forme isolée le Vast ou de ses dérivés est attestée un peu partout, et n'est d'ailleurs pas limitée à la Manche.

Abréviations : a., ancien(ne); bs, bois; c., commune; ch., château; chle, chapelle; h., hameau; mn, moulin.

En finale

- formes en -vast :
- forme (adjectivale) en -gaste, -gatte :

À l'initiale

Emploi isolé

Forme simple 
- formes en vast :
- formes en -gast :
Formes dérivées 
- en -ard.
- en -el.
- en -ine.

Notes et références

  1. Le latin vastus est issu de l'indo-européen °wās-to-s, dérivé adjectival en -to- du radical °wās-, élargissement en -s de °wā-, autre élargissement de la racine °eu- « vide » au degré zéro °w-.
  2. Le francique °wōsti procède de la formation indo-européenne parallèle °wās-ti-.
  3. Plusieurs croisements du même type se sont produits en gallo-roman, lorsque certains mots latins ressemblaient à leurs équivalents francique, expliquant le passage de v- latin à W- gallo-roman, aboutissant à g(u)- en français (produit régulier de w- germanique, qui se maintient en normano-picard) au lieu de v- : c'est le cas en particulier de guêpe (latin vespa; forme dialectale normande vêpe), guéret (latin vervactum; forme dialectale normande varet, voret) et gué (latin vadum; forme dialectale normande vey).