École primaire de Villedieu-les-Poêles

De Wikimanche

Vue ancienne

Jules Tétrel, nommé maire de Villedieu-les-Poêles en 1870 [1] jusqu’en 1874, puis élu (après le mandat Lepelletier) de 1878 à 1912, fait ici un rapide tour d’horizon des réalisations de son mandat, peu de temps avant les élections du 3 mai 1908… qu’il remporte.

Constructions d’écoles

Lorsque j’ai eu l’honneur d’être chargé de l’administration municipale de Villedieu, j’ai trouvé un bâtiment d’asile, construit en 1838, répondant aux besoins pour lesquels il avait été édifié.

Au premier étage, dans une chambre meublée de deux tables, une religieuse possédant seulement une lettre d’obédience[2], je ne dirai pas instruisait mais gardait 16 ou 17 petites filles, auxquelles on accordait le bénéfice de la gratuité.

Un seul instituteur et un maître adjoint existaient à l’école primaire des garçons, dans la maison achetée autrefois par la ville de la famille Lechartier, les classes étaient alors insuffisantes, n’offraient pas les garanties d’hygiène exigées par la loi, le cube d’air n’était pas en proportion du nombre des élèves, l’instituteur avait un logement trop exigu pour sa famille, et quel était l’appartement décoré du nom de dortoir, s’accédant par une simple échelle de meunier, ceux d’entre vous qui l’ont occupé, n’ont qu’à rappeler leurs souvenirs et à comparer avec l’état et les exigences d’aujourd’hui.

La création et construction d’un groupe scolaire ayant été votée par le Conseil, l’architecte du département fut chargé de la confection des plans et devis. En présence de l’insuffisance de l’emplacement dont on disposait et la nécessité de séparer les deux écoles, acquisition fut faite le 27 novembre 1881 au prix de 8 000 F de la maison et propriété Lebeurier, contigu à la salle d’asile.

En 1882 furent approuvés les plans et devis s’élevant pour l’école des garçons à 94 000 F, pour l’école des filles à 27 015,04 F Pour faire face à la dépense, un emprunt de 80 000 F fut contracté à la caisse des écoles moyennant 1.25 % d’intérêt annuel et 2,75 % d’amortissement.

Un secours ayant été sollicité du Gouvernement et du département, la ville de Villedieu put obtenir une subvention de 48.000F de l’état et 1 000 F du département. La liquidation complète de la dépense s’est élevée à 156 004 F, dont 36 778,65 F pour l’école des filles, 111 274 F pour l’école des garçons et 8 038,30 F remises de l’architecte.

En juin 1884 la laïcisation de l’école des filles était adoptée par le Conseil et 1 200 F étaient appliqués à l’achat du mobilier scolaire. La lutte semblait impossible contre une école congréganiste très florissante, une école laïque à la tête de laquelle se trouvaient des maîtresses capables, réussit néanmoins grâce au dévouement et à la valeur justement appréciée de notre excellente institutrice.

Dès 1884, on sollicitait l’envoi d’une deuxième maîtresse adjointe à l’école des filles, on demandait également la création d’un cours complémentaire à l’école primaire des garçons et la création d’un emploi d’un troisième instituteur adjoint. L’accroissement rapide du nombre d’élèves à notre école de filles nous plaçait bientôt dans la nécessité de construire une troisième classe en 1886. 3 600 F furent employés à sa création dans les anciens bâtiments situés au bord de la rue d’Ecosse.

Le 13 août 1894, demande a été faite d’une maîtresse auxiliaire à l’école des filles et de la création d’un cours complémentaire qui fut accordée en 1895. le même jour le conseil sollicitait la réouverture à l’école des garçons du cours primaire supérieur de deux classes, autrefois autorisé, formant l’obligation de pourvoir de la manière la plus convenable aux dépenses d’entretien et de renouvellement tant du mobilier scolaire que du matériel d’enseignement, et d’inscrire pendant cinq ans au budget de la ville de Villedieu comme dépenses obligatoires et dépenses incombant à la ville, ainsi que les indemnités de résidence pour chacun des maîtres de l’école primaire supérieure et les allocations nécessaires aux chefs d’atelier, aux ouvriers qui seraient chargés facultativement de l’enseignement industriel et commercial.

La demande du Conseil n’ayant pu être agréée, une quatrième classe devenant absolument indispensable à l’école des filles, on réunit provisoirement à cette école la classe la plus rapprochée de l’école des garçons en employant tous les moyens de séparation désirables.

En septembre 1902, la création d’un pensionnat à l’école primaire, et en 1903 la construction d’un dortoir au dessus de la classe de dessin, nous entraînant dans une dépense de 5 549,90 F Un troisième poste de maître adjoint été accordé à l’école des garçons.

700 F de réparations furent exécutées à l’école des garçons et 500 F à l’asile. En novembre 1904, 703,86 F étaient encore effectuées à l’école primaire de garçons, c’est à cette date que fut approuvé le plein droit de la construction de l’école de filles, d’un pavillon prévu à 16 801,77 F.

La création d’une deuxième classe au cours complémentaire de l’école des filles dont le nombre d’élèves s’était encore accru, mit dans la nécessité d’augmenter le personnel des maîtresses adjointes et de disposer une cinquième classe. Enfin, l’année dernière, 504 F ont été appliqués à la réparation des communs et 1 500 F à la réfection complète des planchers du rez-de-chaussée de l’asile, sans tenir compte de la valeur de l’immeuble Lechartier, du prix de construction de l’asile.

Depuis 1870, la ville de Villedieu s’est imposée une dépense de 200 000 F chiffre rond, pour la construction de son groupe scolaire.

Notes et références

  1. À l’époque les maires sont nommés par les préfets jusqu'à l’adoption de lois sur la liberté municipale.
  2. « Ordre donné à un congréganiste, par son supérieur, de se rendre dans une commune pour y prendre la direction de l'école ».


Lien externe