Statue équestre de Napoléon

De Wikimanche

Chargement de la carte...
Le chef-d'œuvre d'Armand Le Véel.

La statue équestre de Napoléon est un monument commémoratif de la Manche, situé place Napoléon, à Cherbourg-en-Cotentin. Elle est classée au titre des Monuments Historiques (arrêté du 24 juillet 2008).

Description

Œuvre du statuaire bricquebétais Armand Le Véel (1821-1905), la statue mesure 5 mètres de haut sur 5,5 mètres de large et 2,30 m au garrot, Elle repose sur un piédestal haut de 4,7 mètres et large de 10 sur 7,6 mètres[1], réalisé par Dominique Geufroy, avec 64 blocs de granit de Flamanville[2], sur lequel est gravé un extrait du Mémorial de Sainte-Hélène, daté du 15 juillet 1816 : « J'avais résolu de renouveler à Cherbourg les merveilles de l'Égypte », c'est-à-dire élever une pyramide, la batterie Napoléon au centre de la grande digue, et creuser un lac Moéris, l'avant-port.

Napoléon est représenté à cheval, face à la mer, désignant du bras droit le port militaire, et non l'Angleterre, comme on le croit souvent : « La main qui fonde, et non celle qui menace »[3].

La statue est creuse, formée d'une couche de bronze de 0,5 cm à 3 cm d'épaisseur. Elle a été fondue à Paris en neuf morceaux [4].

Historique

En 1852, après la décision de Napoléon III de faire arriver le chemin de fer jusqu'à Cherbourg, le conseil municipal de Cherbourg décide d'édifier face à la rade, une statue de Napoléon Ier, créateur du port militaire de Cherbourg.

Armand Le Véel fait la proposition d'une statue équestre début 1853, qui n'aboutit finalement que le 24 avril 1855[5]. Le même jour, Dominique Geufroy est chargé de la réalisation du piédestal, de ses fondations, de la grille et de la pose de la statue de Napoléon Ier. Il déclare avoir recherché pour le piédestal « la puissance et la simplicité »[6].

La statue arrive des ateliers parisiens du sculpteur par le train le 21 juillet 1858 pour être dévoilée à l'occasion de la visite à Cherbourg du couple impérial, pour l'inauguration de la ligne Caen-Cherbourg, le lancement du Ville de Nantes, et l'immersion du troisième bassin du port militaire [3].

Les fêtes débutent le 4 août. Le jeudi 5, la reine Victoria entre dans la rade à bord du yacht Victoria and Albert, et visite avec l'Empereur et Eugénie, l'arsenal, avant d'assister le soir, à l'illumination de la digue et de la rade . Le samedi, après la mise en eau du bassin Napoléon-III, le ciel cherbourgeois s'éclaire des feux d'artifice de Ruggieri sur la place Divette. Le lendemain, le dimanche 8 août, la foule se presse pour l'inauguration de la statue, cérémonie peu au goût de l'Empereur, qui engage alors avec le Royaume-Uni, un rapprochement diplomatique. Ce qui devait être le sacre officiel de Le Véel est donc rapidement expédié, et le statuaire n'est pas décoré de la Légion d'honneur, contrairement à ses espoirs et à ceux du maire Joseph Ludé[3].

Cherbourg 5 065001375nucab 2.jpg

Jusque dans les années 1950, la statue est entourée d'une grille en fer, également conçue par Geufroy, ornée de pilastres décorés de chiffres et surmontés de la couronne impériale[2]. Cette grille a été supprimée (date ?), mais en mai 2001, on pouvait encore en voir les restes tronçonnés au ras du socle.

La statue est inscrite au titre des monuments historiques le 18 août 2006 puis classée le 24 juillet 2008.

En février 2015, la municipalité fait examiner la statue par des spécialistes et décide, par précaution, de la soumettre à un nettoyage approfondi et d'opérer quelques menues réparations [7]. 42 impacts de balles, des fissures et des traces de pollution sont détectés [4]. Le 7 octobre 2015, pour la première fois depuis 1858, les 8,5 tonnes de bronze qui constituent le monument sont désolidarisés de leur socle pour une restauration à Marsac-sur-l'Isle (Dordogne) par la Société Socra. Une autre statue équestre, conçue par les CMN, la remplace durant les travaux [8]. Lors du déboulonnage de la statue, les ouvriers retrouvent dans le socle une cassette, contenant diverses pièces et documents de l'époque [9] : un parchemin listant les donateurs, le décret signé par Napoléon Ier accordant des donations à la ville pour de nouvelles constructions, un parchemin du procès-verbal de l'installation de la statue (également reproduit sur une plaque d'argent), 14 médailles à la gloire de Napoléon III et quelques pièces de monnaie [10].

Le 13 janvier 2016, la statue est remise sur son socle [11].

Bibliographie

  • Jean-Pierre Le Goupillot, « Armand Le Véel et la statue équestre de Napoléon à Cherbourg - Repères chronologiques », La Voix du donjon, 4e trimestre 2015.
  • Jean-Pierre Le Goupillot, « Aristide Frémine, Armand Le Véel et Napoléon », 1re partie, La Voix du donjon, 4e trimestre 2015, 2e partie, La Voix du donjon, n° 88, mars 2016.

Notes et références

  1. La Statuaire monumentale, Direction des Affaires culturelles de la ville Cherbourg-Octeville.
  2. 2,0 et 2,1 Le voyageur à Cherbourg en 1858, Bedelfontaine & Syffert, Cherbourg, 1858. p 16.
  3. 3,0, 3,1 et 3,2 Léon Favier, « Le statuaire Armand Le Véel », Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, vol. 21, 1924.
  4. 4,0 et 4,1 « Statue de Napoléon : ce n'est qu'un au-revoir », Cherbourg-Octeville Magazine, n° 160, octobre 2015.
  5. Léon Favier, « Le statuaire Armand Le Véel », Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, vol. 21, 1924.
  6. Emmanuel Luis, « Autour du piédestal des monuments commémoratifs : le rapport entre sculpteurs et architectes à partir d'exemples bas-normands », Livraisons d'histoire de l'architecture, no22, 2e semestre 2006. pp. 71-86 (lire en ligne).
  7. Gilles Collas, « Napoléon s'exile de Cherbourg pour quelques mois », Ouest-France, 16 février 2015.
  8. La Manche Libre, site Internet, 7 octobre 2015 (lire en ligne).
  9. « Napoléon quitte Cherbourg en livrant son trésor », site Internet France Bleu Cotentin, 7 octobre 2015. (lire en ligne).
  10. « Le trésor de Napoléon révélé », Cherbourg-Octeville Magazine, n° 161, décembre 2015.
  11. « Napoléon a retrouvé son piédestal », Ouest-France, 14 janvier 2016.

Lien interne

Lien externe