François Davy d'Amfreville

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François Davy, marquis d'Amfreville par Antoine Maurin

Charles François Davy, marquis d'Amfreville, né au château d'Amfreville en 1628[1] ou à Fermanville vers 1630[2], mort à Brest le 2 novembre 1692, est une personnalité militaire de la Manche.

Charles François Davy est lieutenant-général (amiral) des armées navales, commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis. Il appartient à la même famille que le cardinal Jacques Davy du Perron[3].

Dès l'âge de 10 ans, il sert auprès de son père, comme aide militaire. Il entre dans l'armée de terre en 1645 et participe à la campagne d'Artois et de Flandres.

Garde dans la Marine à partir de 1646, capitaine en mars 1666 sur le vaisseau Le Prince, il est appelé à ses côtés par le comte d'Estrée, commandant de l'armée navale, pour la guerre en Hollande en 1673.

On lui donne le commandement du Suffisant face aux marines hollandaises et espagnoles, sous les ordres de Duquesne en janvier 1676, puis sous ceux du maréchal de Vivonne au large de Palerme, en mai suivant.

Fait capitaine de vaisseau, et placé sous les ordres de Duquesne, il commande le vaisseau La Couronne lors du second bombardement d'Alger, en juin 1683. Après que les Algériens eurent demandé la paix, Davy d’Amfreville fut chargé d’exécuter la partie du traité qui prévoyait la libération des esclaves de toutes les nations. Parmi ces esclaves, on comptait beaucoup d’Anglais. Une fois arrivés sur le vaisseau du marquis, ces derniers lui déclarèrent qu’ils ne devaient leur libération qu’à leur seul roi. Alors, Charles Davy d’Amfreville se tourna vers les Algériens et leur dit : « C’est donc à vous de montrer ce que vous devez au roi d’Angleterre ». Et tous les esclaves anglais furent remis aux fers ![3]

L'année suivante, il est blessé à la cuisse durant le bombardement de Gènes.

Nommé lieutenant général des armées navales en 1689, il prend le commandement d'une armée de 36 vaisseaux, quatre brûlots et cinq flûtes l'année suivante, afin de porter secours en hommes et en armes à Jacques II d'Angleterre sur les côtes d'Irlande. Appareillant le 17 mars, elle débarque à Cork le 22, et revient à Brest le 4 mai en s'étant emparé de deux corsaires anglais.

Le 10 janvier 1691, il devient le gendre de son cousin, le maréchal Bernardin Gigault de Bellefonds, par son union avec Jeanne-Susanne ou Louise Gigault, morte le 17 mars 1698, à 33 ans.

À la tête de l'avant-garde de la flotte française lors de la bataille de Barfleur à bord du Merveilleux, il permet à l'amiral de Tourville de se dégager de la flotte anglaise, mais est grièvement blessé dans le combat.

Avant la bataille, il avait dit à Tourville : « En mon âme et conscience, je crois qu’il ne faut pas combattre »[3].

Il meurt peu après, et est enterré dans le chœur de la Sainte-Chapelle de Vincennes.

Deux frères du marquis d'Amfreville participent également à la bataille de la Hougue, aux commandes des vaisseaux L'Ardent et Le Vermandois.

L’amiral Charles-François Davy est l’oncle d’un autre grand marin, le chevalier Louis-Antoine Davy d’Amfreville dont le corps repose depuis 1776 dans l’église d’Alleaume, à Valognes[3].

Notes et références

  1. Joseph Hennequin, Biographie maritime ou, Notices historiques sur la vie et les campagnes des marins célèbres français et étrangers, vol. 1, Regnault, 1835.
  2. André Davy, Le marquis d'Amfreville et la marine de Colbert, 2013
  3. 3,0, 3,1, 3,2 et 3,3 Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 2, Éditions Eurocibles, Marigny, 2001, ISBN 2914541147.