Auderville

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Auderville est une commune du département de la Manche.

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Commune de Auderville
Arrondissement Cherbourg-Octeville
Canton Beaumont-Hague
Intercommunalité Communauté de communes de la Hague
Gentilé Audervillais(es)
Population 295 hab.
Superficie 4 33 km²
Densité Erreur d’expression : opérateur < inattendu, hab./km2
Altitude 0 m m (mini) - 133 m m (maxi)
Code postal 50440
N° INSEE 50020
Maire Alain Dixneuf
[[Fichier:Auderville1.png|300px |Blason d'Auderville]]

Blason d'Auderville


Toponymie

Attestations anciennes

  •  ? Heldeardivilla 1063/1066 [1], 1118/1134 (ou 1154 ?) [2].
  • Audervilla 1156/1162 [3].
  • Auderville 13e s. [3].
  • Audervilla 1332 [4], 1351/1352 [5].
  • Anderville [lire Auderville] 1635 [6].
  • Auderville 1612/1636 [7], 1677 [8], 1713 [9], 1753 [10], 1753/1785 [11], 1854 [12], 1903 [13].

Étymologie

Toponyme médiéval en -ville (élément issu du gallo-roman VILLA « domaine rural »). L'identification du premier élément, un nom de personne d'origine germanique (francique ou anglo-saxonne), ne fait pas l'unanimité parmi les spécialistes.

Adigard des Gautries et Lechanteur [2] avaient en leur temps considéré la première attestation Heldeardivilla comme valide, et vu dans son premier élément un nom anglo-saxon en -heard. Elle est également acceptée par par Marie-Thérèse Morlet [14], qui, pour sa part, identifie le premier élément à un nom de personne germanique féminin de type francique Hildigardis. Cette opinion est partagée par Ernest Nègre [15], qui admet la forme Heldeardivilla, et la rattache au même nom.

François de Beaurepaire [3] rejette pour des raisons phonétiques la première attestation, qui selon lui aboutirait à °Heudiarville ou un nom similaire, où il voit lui aussi un produit de Hildigardis, et rattache la forme suivante Audervilla à un nom de personne anglo-saxon Ealdhere, présent dans plusieurs toponymes anglais. Effectivement, Marie Fauroux [1], auquel il se réfère, n'a pas tenté de localiser Heldeardivilla qu'elle n'identifie donc pas à Auderville [16]. René Lepelley [17] ne fait que reprendre l'interprétation de François de Beaurepaire, sans modification ni commentaire.

En l'absence d'autres éléments, il n'est pas possible de rejeter de manière définitive la première hypothèse reposant sur la forme Heldeardivilla, dont l'évolution a pu être contrariée ou influencée par l'analogie. Dans ce cas, il s'agit du « domaine rural de Hildigardis » [18]. Si l'on s'en tient à la forme Audervilla et à l'hypothèse de François de Beaurepaire, qui privilégie souvent la place des anthroponymes anglo-saxons dans la toponymie normande [19], il s'agirait alors du « domaine rural d'Ealdhere » [20].

Remarque

En considérant la note qui précède, on ne voit pas très bien pourquoi l'hypothèse d'un nom de personne germanique de type francique Aldhari serait à rejeter, si ce n'est la volonté de certains toponymistes (normands) de voir dans la toponymie du nord de la Manche des noms de personnes d'origine sanglo-saxonne ou scandinave, de préférence à toute autre. Le débat reste ouvert.

Géographie

Positionnée à l'extrémité du cap de la Hague, Auderville est connue pour le port de Goury, qui abrite la station de la SNSM et son canot tous temps « Mona Rigolet », et pour le phare de la Hague, qui se dresse sur le rocher « le Gros du Raz », à 800 m de la côte. Il balise le courant du « Raz Blanchard » et le passage de la Déroute, entre le cap de la Hague et l'île d'Aurigny. Un canon pointé vers le sud permettait autrefois au sémaphore d'alerter l'équipage du canot de sauvetage.

Auderville est dispersée autour d'un bourg (La Rue) et de quatre hameaux : Goury, Laye, La Valette et La Roche.

Histoire

  • En 1823, en une seule année, 27 navires ont sombré dans les parages. Au nombre de ceux-ci, le 31 octobre, le paquebot Le Paris, en provenance de New York et à destination du Havre, s'échoue sur les rochers des Camelards. Toute la population se précipite pour sauver passagers et équipages. Parmi eux, se trouvait Jean Lefebvre de Cheverus, premier évêque catholique de Boston, rentrant en France pour être nommé évêque de Montauban. De santé fragile, un marin le prit sur les épaules et l'amena au presbytère. Il fit l'honneur aux paroissiens de présider la messe de la Toussaint, le lendemain.
  • En 1903, Branly monte le premier mât TSF auprès du sémaphore, mais doit le démonter en l'absence d'autorisation militaire.
  • Le 8 juin 1912, le sous-marin le Vendémiaire (modèle Pluviose) coule par 50 mètres de fond avec ses 24 hommes d'équipage au large de Goury. Sorti pour une simulation d'attaque sous-marine, il est éperonné par le navire Saint-Louis alors qu'il effectuait une remontée, et son épave est emportée par le Raz Blanchard. Une croix au bout du port commémore cet événement tragique. Plus récemment, une plaque de bronze portant les noms des disparus a été apposée sur cette croix.
  • En 2006, a été tourné dans le village le documentaire Paul dans sa vie sur la vie d'un paysan à l'ancienne, Paul Bedel et récompensé d'un FIPA d'argent.

Le territoire communal témoigne, par de nombreux restes de fortifications, de l'importante présence des militaires allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

Démographie

Évolution démographique
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007
232 233 204 218 283 283 287 295
Nombre retenu à partir de 1962 : Population sans doubles comptes

Administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

Les maires

Liste des maires
Période Identité Qualité
....... - 1829 Nicolle
1829 - 1839 Enquebec
1839 - ....... Nicolle
....... - ....... François Lecouvey
1995 - 2008 Albert Gosselin
2008 - ....... Alain Dixneuf
À compléter

Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Saint patron catholique

La commune a pour saint patron saint Gilles.

Lieux et monuments

La Croix du Vendémaire et le Phare de la Hague, sur le port de Goury.

Personnalités liées à la commune

Transports

Lignes Manéo

Bibliographie

  • Pilastre, « Économie d'Auderville et de Saint-Germain-des-Vaux », mémoire de l'École normale d'instituteurs de la Manche présenté en 1953, manuscrit, 170 pages, cité dans Annales de Normandie, tome IV, n° 2, mai 1954

Notes

  1. 1,0 et 1,1 Marie Fauroux, Recueil des actes des ducs de Normandie (911-1066), Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XXXVI, Caen, 1961, p. 430, § 224.
  2. 2,0 et 2,1 Jean Adigard des Gautries & Fernand Lechanteur, “Les noms de communes de Normandie”, in Annales de Normandie XI (décembre 1961), § 112.
  3. 3,0, 3,1 et 3,2 François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 70.
  4. Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 331B.
  5. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 377D.
  6. Normandia Ducatus (carte du duché de Normandie), Atlas Van der Hagen, 1635
  7. Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BN, ms. fr. 4620]
  8. Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BN, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
  9. Dénombrement des généralités de 1713 [BN, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  10. Herman van Loon, D2.me [= Deuxième] carte particuliere des costes de Normandie contenant les costes du Cotentin depuis la Pointe de la Percée Jusqu'a Granville ou sont Comprises les Isles de Jersey, Grenezey, Cers, et Aurigny, avec les Isles de Brehat. Comme elles paroissent a basse Mer dans les grandes marées, Atlas Van Keulen, Amsterdam, 1753 [BN]
  11. Carte de Cassini.
  12. V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
  13. Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
  14. Marie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle, Paris, CNRS, t. III (Les noms de personnes contenus dans les noms de lieux), 1985, p. 360a.
  15. Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. II, 1991, p. 924, § 16480.
  16. Cependant Julie Fontanel, dans dans son ouvrage plus récent Le cartulaire du chapitre cathédral de Coutances, Archives départementales de la Manche, Saint-Lô, 2003, p. 486, § 339, cite le même document de 1063/1066 et identifie Heldeardivilla à Auderville.
  17. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993.
  18. Ce nom germanique féminin est issu de la combinaison des éléments hild- « combat » et -gard, pour lesquels plusieurs sens sont possibles : « jardin, enclos », « conserver, protéger », ou encore « bâton, baguette ».
  19. Cf. par exemple François de Beaurepaire, « Les noms d'Anglo-Saxons contenus dans la toponymie normande », in Annales de Normandie X, 1960, p. 307-316; « Quelques finales anglo-saxonnes dans la toponymie normande », in Annales de Normandie XIII, 1963, p. 219-136.
  20. Nom d'homme anglo-saxon, combinaison des éléments eald- « vieux, âgé » et -here « armée ». Il correspond au type francique Aldhari, à l'origine du patronyme français AUDIER.

Voir aussi

Liens internes

49°42′33″N 1°56′15″O / 49.70917, -1.9375