Union laitière normande

De Wikimanche

L'Union laitière normande (ULN) était une coopérative de production laitière de la Manche, basée à Condé-sur-Vire.

Son existence s'étend de 1962 à 1992.

Historique

La coopérative Elle & Vire fondée en 1945 par Auguste Grandin pour la collecte du beurre, s'oriente progressivement vers la collecte de la crème pour la fabrication du beurre confiée à l'Union des beurreries de la Manche, créée avec dautres coopératives du département en 1954[1].

Face à l'élargissement géographique de l'Union des beurreries de la Manche, et l'augmentation de la collecte du lait aux dépens du beurre et de la crème, l'Union laitière normande est créée en 1962 par Auguste Grandin. Elle poursuit la réunion des coopératives bas-normandes, rachète le négociant en crème et œufs Negobeureuf en 1965, et appuie la constitution de la Coopérative syndicale des producteurs de lait du Calvados (CSPLC) à Vire en 1955, et la Coopérative laitière d'Ille-et-Vilaine (COLIV) à Saint-Méen-le-Grand en 1965[1].

L'ULN cesse la collecte du beurre (1966), puis celle de la crème (1972), et se diversifie dans l'alimentation animale. Le chiffre d'affaires suit ce developpement, multiplié par cinq de 1961 à 1965 pour atteindre 300 000 millons de francs avant le rachat de Negobeureuf, et plus d'un milliard de francs en 1970. À cette date, l'ULN collecte 7 % du lait français, produit 12 % du beurre hexagonal et 20 % de lait en poudre national, et se dote de la plus grosse usine laitière d'Europe[1].

En 1979, Bernard Denis succède à Auguste Grandin et garde la présidence jusqu'en 1987 [2].

En 1983, elle regroupe douze coopératives, représentant 43 000 producteurs, et la société Neugoreubeuf. Son rayonnement s'étend à l'ensemble de la Basse-Normandie.

Implantée dans le Sud-Manche (à Ducey, Mortain et Torigni-sur-Vire), l'ULN ne regroupe dans le Cotentin que les coopératives de Barneville-Carteret (crème, produits frais) et de Sainte-Mère-Église (beurre, crème, fromages dont le « Sainte-Mère »)[3].

En 1986, un plan de restructuration est mis en place [4]. Le directeur Christian Prieur décrit les faiblesses de l'entreprise qui le motivent : « Une vingtaine de structures juridiques que l'Union n'arbitre pas », « une fusion qui ne voulait pas dire son nom, une répartition des résultats dont personne ne voulait assumer la responsabilité, 37 employeurs pour 450 cadres » [4]. Il dit souhaiter mettre désormais en place une gestion proche de la conception japonaise [4].

Suite à une mauvaise gestion financière, l'ULN est partiellement rachetée par Bongrain et ses banques créancières, et ses activités transférées à la Compagnie laitière européenne et sa filiale Elvir.

Elle est fermée en 1992 [5].

Bibliographie

  • Gérard Deshayes, La Mutation exemplaire d'une entreprise coopérative : l'Union laitière normande, Skippers, 1990
  • André Van Ruymbeke, Une guerre et deux Républiques (Mémoires), Perseides, 2004

Notes et références

  1. 1,0 1,1 et 1,2 Jean-Pierre Peyon, L'essor des coopératives agro-alimentaires dans les années 1970 en France, Économie rurale, 1988 Volume 184 Numéro 184-186 pp. 123-127
  2. « Nécrologie : Bernard Denis, ancien président de l'ULN », Ouest-France, 7 février 2013.
  3. Colette Muller et Yves Guermond, Le Cotentin aujourd'hui, éd. Gérard Montfort, 1984
  4. 4,0 4,1 et 4,2 « Assemblée de l'Union laitière normande : l'heure des vérités et des silences », Ouest-France, 3 juillet 1986.
  5. Guillaume Le Du, « Agrial, la pépite de l'agroalimentaire normand », Ouest-France, 12 novembre 2013.