Tombelaine

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Tombelaine.

Tombelaine est une île de la Manche située dans la baie du Mont Saint-Michel. Elle fait partie de la commune de Genêts.

Le site est classé monument historique depuis 1936.[1]

Description

Tombelaine par Henri Magron.

Tombelaine est situé à égale distance (3 km) du mont Saint-Michel et du continent [2]. L'ilot couvre une surface de 4 hectares pour un périmètre de 1,2 km [3]. Sa surface est donc plus grande que celle du mont Saint-Michel, mais il est moins élevé. Son sommet est le pic de la Folie, qui culmine à 45 m au-dessus du niveau de la mer.

Étymologie

Vestiges des fortifications de Tombelaine, par Henri Magron.

Son nom naîtrait d'une légende celte, qui dit qu'une princesse nommée Hélène, fille du roi Hoël, fut enlevée par un géant et fut inhumée sur ce rocher. Son étymologie pourrait aussi être celte et signifier « petit mont Tombe » [4].

En 1827, Étienne de Jouy, de l'Académie française, écrit : « Pour éviter de donner à Tombelaine (ou Tomblaine) une étymologie commune avec le « mont Belenus », quelques analystes ont fait dériver son nom de de « Tombuluna » (petite tombe). Mais on a repoussé cette version en faisant observer avec justesse que Tombelaine était plus grande que le mont Saint-Michel. D'un autre côté, un historien breton, d'Argentré, avance que ce rocher était désigné dans quelques bulles sous la dénomination de « tumba Helenœ » (tombe d'Hélène) et il justifie cette orthographe par une histoire. Il raconte que la nièce d'un roi de la Petite-Bretagne, nommée Hélène, fut enlevée par un chevalier espagnol qui la conduisit sur ce roc, qu'après y avoir consommé un hymen qui n'eut que le ciel pour témoin et le plus volage des dieux pour garant, le félon s'enfuit en laissant là la belle qui mourut de désespoir. Il ne manque à la vraisemblance de cette origine que d'être une date plus ancienne, car la belle Hélène dont parle d'Argentré vivait à la fin du XIe siècle et le rocher de Tombelaine était connu sous ce nom bien antérieurement à cette époque. Des recherches plus sévères ont amené à croire que c'était à l'époque de l'invasion des Romains dans ce pays qu'il fallait faire remonter ce nom de Tombelaine, d'une étymologie évidemment latine. » [5].

Histoire

Ordre de démolition du château de Tombelaine par Louis XIV, 1666.
Projet d'aménagement du rocher de Tombelaine, 1927.

Au XIe siècle, deux moines, Anastase et Robert, quittent le Mont Saint-Michel pour s'y retirer en ermites. En 1137, Bernard le Vénérable y fonde un prieuré et l'îlot devient un lieu de pèlerinage. L'église est dédiée à Notre-Marie-la-Gisante [2].

L'îlot est fortifié en 1220 [6], et occupé par les Anglais en 1423, dans l'espoir de prendre le Mont. Les fortifications érigées servent ensuite durant les guerres de religions au comte de Montgomery, qui en fait son repaire. Il y aurait battu de la fausse monnaie et y abrité sa maîtresse.

AU XVIIe siècle, Nicolas Fouquet, surintendant des finances du royaume, achète l'îlot et transforme le prieuré en château [2]. Après sa disgrâce (1696), Louis XIV ordonne la destruction de sa forteresse [2].

Alors que la société nommée Groupement national de la baie du Mont Saint-Michel désire en faire un lieu de résidence pour touristes, Tombelaine est achetée par l'État en 1933, puis classée en 1936 et 1987.

Le Marquis de Tombelaine

voir l'article détaillé Marquis de Tombelaine

Faune

L'îlot est actuellement une réserve ornithologique. On y voit des goélands, des aigrettes garzettes et des tadornes de Belon. On peut voir des phoques gris nager au large.

Bibliographie

  • Ch. Lebreton, « Étude sur la vie et les écrits de Robert de Tombelaine, moine du XIe siècle », Mémoires de la Société d'archéologie, de littérature, sciences et arts d'Avranches, éd. Tostain, Avranches, 1884, p. 1- 56, (lire en ligne)
  • Abbé A. Bouillet, «Tombelaine », La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc ....Manche, partie 2, éd. Lemasle & Cie, Le Havre, 1899, p.183-188 (lire en ligne)
  • Émile-Aubert Pigeon, Le Mont Saint-Michel et sa baronnie Genêts-Tombelaine (Avec les plaintes d'Avranches et les rôles inédits de ses trois ordres : clergé, noblesse et tiers-état, en 1789 : ouvrage orné de plans, de cartes et d'un grand nombre de dessins) , Avranches, impr. de A. Perrin , 1901- reédité à Bécherel (35190) par Anthare de Schuyter , 1997
  • Victor Hunger, « Note sur la démolition de la forteresse de Tombelaine en 1666 », dans Mémoires de l'Académie nationale des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen, 1911.
  • Robert Sinsoilliez , Tombelaine : l'îlot de la baie du Mont-Saint-Michel, éd. Ancre de Marine, 2000

Notes et références

  1. Notice n° PA00110408, base Mérimée (architecture), médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, ministère de la Culture., base Mérimée, ministère de la Culture et de la Communication
  2. 2,0, 2,1, 2,2 et 2,3 « Normandie », Les Guides Bleus, éd. Hachette, 1921, p. 466.
  3. « La baie entre vents et marées », Détours en France, n° 143, mai 2010.
  4. Site de la ville de Genêts (lire en ligne).
  5. Cité dans Manche, Les Éditions nouvelles, 1971, p. 84.
  6. Victor-Adolphe Malte-Brun, Manche (géographie, histoire, administration), 1882, réédité en 1980 par les Éditions du Bastion.

Articles connexes

Lien externe