Pierre Le Conte

Pierre Le Conte, né à Cherbourg le 1er mars 1894, mort dans cette même ville le 7 septembre 1946, est un peintre de la Manche.

[modifier] Biographie

Peintre, imagier, graveur, navigateur, explorateur, cet artiste autodidacte, né à Cherbourg où il passera toute sa vie, est issu d’une vieille famille de marchands de nouveautés dont l’enseigne Au Pèlerin[1] (puis Le Conte-Dubégny) était fort connue. Brillant élève au lycée de sa ville, Pierre Le Conte se sent attiré très jeune par la mer. A treize ans, il commence à naviguer sur un cotre à bord duquel il prend ses premiers croquis de navires[2] .

Après avoir renoncé à l'École navale pour raisons de santé, Pierre Le Conte intègre l'infanterie. Il est blessé quelques jours avant l'armistice de 1918[3] .

La paix revenue, il prend la direction du magasin de ses parents. C’est un patron original qui offre tous les jours le thé à ses employés ! Le métier ne le passionne guère et il laissera sa femme diriger l’affaire en 1925[2], année de son mariage.

Entre temps, il a trouvé sa voie artistique au contact de l’école coutançaise du Pou qui grimpe. C’est lui qui illustre alors les recueils de Joseph Quesnel, notamment les Sept clochers normands en 1920[2].

Il se consacre dès lors à la mer et se lie d'amitié avec le commandant Charcot : il effectue plusieurs croisières à bord du Pourquoi Pas[3]. Durant sept ans, il prend part à toutes les expéditions du célèbre explorateur. Il participe notamment en 1928 aux recherches d’Amundsen. Il rapporte de passionnants carnets de croquis de ses voyages au Groenland, dans l’Atlantique et en Méditerranée[2].

En 1924, il est nommé peintre officiel du Département de la Marine. C’est en 1932 qu’il publie son œuvre maîtresse, le volumineux Répertoire des navires de guerre français qui compte plus de sept mille bâtiments[2] !

Il se passionnera par exemple pour l’étrange phénomène du « canon des îles », dans la Hague, et pour le passé de l’ancienne mine de La Ferrière, près de Ruffosses[2].

Il se consacre parallèlement à la peinture, sa grande passion. Il peint des tableaux, il illustre des monographies. Il est élu membre titulaire de la Société nationale académique de Cherbourg le 1er juin 1938[3].

La vie de ce personnage très attachant et surdoué a été racontée en 1980 dans un ouvrage de Jean-Charles Arnault et Robert Marie qui ont apporté des révélations sur sa fin tragique : On sait que Pierre Le Conte a été arrêté par les Allemands en août 1941 et déporté le mois suivant au camp d’Obercassel. On ignorait les causes de son arrestation. L’artiste cherbourgeois n’a fait que de donner quelques conseils à deux jeunes gens qui veulent fuir en Angleterre. Arrêtés à Paris, ces derniers fournissent le nom de Pierre Le Conte chez lequel, comble de malchance, la police découvre un vieux revolver à barillet hors d’usage. D’abord emprisonné à Saint-Lô, Pierre Le Conte est ensuite envoyé outre-Rhin. Libéré par les Américains en 1944, il meurt deux ans plus tard des suites de sa captivité [2].

[modifier] Notes et références

  1. Voir : ouverture des grandes banques et des grands magasins à Cherbourg
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3, 2,4, 2,5 et 2,6 Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 2, Éditions Eurocibles, Marigny, 2001, ISBN 2914541147
  3. 3,0, 3,1 et 3,2 Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, vol. XXIV, 1950