Pierre Divetain

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Pierre Divetain.

Pierre Marie Joseph Divetain, né à Cherbourg le 21 janvier 1893 [1] et mort à Fermanville le 12 octobre 1926, est une personnalité de la Manche.

Un aviateur casse-cou

Au moment du départ.

L’aviation n’en est qu’à ses débuts, mais elle attire déjà l’attention des plus téméraires qui voient là une occasion parfaite de pratiquer un nouveau loisir. Pierre Divetain, à qui ses parents, propriétaires du Grand bazar Divetain à Cherbourg, ne refusent rien, est de ceux-là.

Dès l’âge de 18 ans, il part pour l’école de pilotage Goupy de Juvisy et après trois mois de stage, il obtient son brevet de pilote après avoir réussi le test imposé : monter avec un 50 ch à une altitude de 100 mètres ! [2] Inutile de préciser que ses parents lui achetèrent un avion de 28 000 F de l’époque !

Divetain et son « aéro-yacht » Borel-Denbaut (1913).

Il passe son alors son temps dans les raids dont les aviateurs et le public raffolent : Paris-Madrid, où au départ de la course un avion tombe sur les officiels tuant le ministre de la guerre, Maurice Berteaux [2]. Pierre Divetain ne part que lendemain pour la première étape jusqu'à Angoulême, mais grille son moteur avant l’arrivée [2].

Il se produit fréquemment à Cherbourg et dans les environs où l’aviation connaît un succès croissant.

Il tente aussi quelques coups peu recommandés comme passer sous l’arche du pont de Bezons (Seine) de treize mètres de large et est blessé lors du circuit d’Anjou à la suite d’une panne de moteur [2].

En 1913, il est de le fête pour saluer l’arrivée de Raymond Poincaré, président de la République à Cherbourg et plane au-dessus des navires jusqu’à tomber en panne d’essence au-dessus du Becquet [2]. Lors du départ du chef de l'État, il survole la rade à bord de son hydravion Borel et laisse tomber une jonchée de fleurs sur la plage arrière du croiseur Courbet [3].

La guerre de 1914-18 le voit piloter son hydravion puis avec l’escadrille FBA, il effectue des bombardements en Belgique et en Italie où il perd deux bombes sur la plage du Lido à Venise, qui, fort heureusement, n’explosent pas [2].

À la fin de la guerre, il ouvre un bureau de change à Cherbourg et s’installe comme exploitant forestier à Tollevast avant de se retirer, malade, à Fermanville, où il décède [2].

Notes et références

  1. AD50, NMD Cherbourg, 1893 (5 Mi 2137), page 16/255 Acte de naissance n° 56 (lire en ligne).
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 et 2,6 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 4, sous la direction de René Gautier, ISBN 2914541562.
  3. Bernard Launey, Cherbourg 1900-1975, impr. La Dépêche, 1976, p. 88.