Pierre Campain

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Pierre Émile Campain, né à Cherbourg le 24 mars 1893 et mort dans la même commune le 21 octobre 1967 [1] [2], est un artiste peintre de la Manche.

Biographie

Fils unique d'Adolphe Campain, maître armurier de la marine, et de Marie Lepigeon, il naît à Cherbourg au n° 50 de la rue Grande-Vallée[3].

Élève du lycée de Cherbourg, il s'initie à la peinture auprès du professeur Alfred Rolez à l'école des Beaux-Arts de Cherbourg, puis se lie d'amitié avec Émile Dorrée[4].

Son talent est reconnu très tôt. Dès 1908, à 15 ans, il expose à Caen au Salon des artistes bas-normands où il obtient une médaille d'argent[3]. Il remporte un prix de dessin à l'exposition internationale de Dresde (Allemagne) en 1910[3] et obtient le prix Conté en 1911[3]. Il entre aux PTT, où il effectuera sa carrière professionnelle, et, en 1912, s'installe à Paris où il fréquente l'atelier de Fernand Cormon, avant de revenir à Cherbourg[3].

Dispensé en 1913 du service militaire pour « faiblesse pulmonaire », il n'en participe pas moins à la Première Guerre mondiale au sein du 25e Régiment d'infanterie, avant d'être définitivement réformé en 1917[3]. Il reprend alors son emploi aux PTT et est affecté à Alençon (Orne)[3].

Le 23 avril 1918, il se marie à Cherbourg avec Rose Thomas, née à Toulon (Var), qui meurt trois ans et demi plus tard[3]. Il se remarie le 5 juin 1929 à Tourlaville avec Jeanne Gravé[3].

Il s’applique à fixer sur les toiles les aspects les plus pittoresques de sa région natale : ville et port de Cherbourg, vieilles demeures, vieux bateaux etc.[4]. On lui doit aussi des tableaux de Valognes après les bombardements et de Saint-Lô en ruines. Il s’oriente ensuite vers le « cubisme humanisé » et, sur la fin de sa vie, il part peindre des paysages et des églises en Espagne [5].

Il expose au Salon des artistes français de 1926 à 1950[6] et obtient une mention "honorable" en 1937. Il devient sociétaire en 1932. Il milite également hors de l'art officiel en exposant régulièrement au Salon des indépendants. Après sa mort, sa veuve continuera d'y envoyer des tableaux jusqu'en 1978[6]. En 1953, il devient délégué du groupe Normandie-Bretagne pour le Salon de l'art libre[3], dont il deviendra président quelques années plus tard[4].

Dans les années 40, il illustre trois livres[7] de son ami et collègue postier Augustin Le Maresquier, dont La Manche libérée et meurtrie (1946)[4].

Après la Seconde guerre mondiale, il expose en France, à Paris, Menton (1953), Bergerac, Vichy (1965), Deauville, Rouen, Caen[3], mais aussi à l'étranger : en 1959, chez Duncan à New York, puis à San Francisco et Bruxelles[3]. Sa dernière exposition a lieu à la galerie Gautier à Cherbourg en juin 1967[3].

Nombre de ses œuvres appartiennent aux collections des musées de Cherbourg, d’Équeurdreville-Hainneville[6], de Valognes et de Saint-Lô[5].

Il est élu membre de la Société nationale académique de Cherbourg le 4 janvier 1961[4].

À la fin de sa vie, sous le pseudonyme de Pierre Jourdan, il écrit des nouvelles et des romans, dont Némie[3][8].

Il habite à Cherbourg rue Bonhomme, puis au n°125 de la rue de la Bucaille[3].

Hommage

Une rue de Cherbourg-Octeville et une rue de Saint-Lô portent son nom.

Bibliographie

  • Jean Fouace, Pierre Campain 1893-1967, éd. Isoète, 1996.

Notes et références

  1. AD50, NMD Cherbourg, 1893 (5 Mi 2137), page 61/255 Acte de naissance n° 234 (lire en ligne).
  2. Signalé par erreur le 23 octobre, selon les Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, tome 23, 1969, p. 18.
  3. 3,00 3,01 3,02 3,03 3,04 3,05 3,06 3,07 3,08 3,09 3,10 3,11 3,12 3,13 et 3,14 Jean Fouace, Pierre Campain 1893-1967, éd. Isoète, 1996.
  4. 4,0 4,1 4,2 4,3 et 4,4 Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, tome 23, 1969.
  5. 5,0 et 5,1 Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 1, Éditions Eurocibles, Marigny, 2001, ISBN 2914541090
  6. 6,0 6,1 et 6,2 Collection de peintures et de sculptures, ville d'Equeurdreville-Hainneville, s.d., p. 14
  7. Respectivement Notes historiques sur la paroisse et commune d'Equeurdreville (1942), Histoire de Tourlaville (1943), et La Manche libérée et meurtrie (1946, réed. 1994).
  8. Pierre Jourdan, Némie - Roman et nouvelles, Éd. OCEP, Coutances, 1974.

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