Phare de Gatteville

Vu du ciel.

Le phare de Gatteville ou phare de Gatteville-Barfleur est un phare de la Manche, situé sur la pointe de Barfleur (commune de Gatteville-le-Phare). Il signale les forts courants du raz de Barfleur.

Sommaire

[modifier] Histoire

Gravure de 1866.

Les courants forts au large de la pointe de Barfleur, et les nombreux naufrages (dont le plus célèbre est sans doute celui de la Blanche-Nef) rend indispensable l'édification d'un phare. En 1774, la Chambre de commerce de Rouen décide donc de faire construire un premier phare de 27 mètres, pour relier le phare du Havre à celui de l’île de Wight.

Trop petit pour recevoir les lentilles modernes conçues par Fresnel, on décide d'ériger une nouvelle tour en 1825. L'architecte Charles-Félix Morice de la Rue, qui dessinera ensuite le phare de la Hague, conçoit les plans du plus haut phare de l'époque qui devient également le plus haut monument de France (jusqu'en 1889, année de construction de la Tour Eiffel). Les travaux qui débutent en 1829 et s'étalent jusqu'en 1835, constituent le plus grand chantier du règne de Charles X. L'érection, sans échafaudage, de la tour de plus de 70 mètres de haut, et d'un diamètre variant entre 9,25 m à sa base, 6 m à la passerelle, requiert plus de mille ouvriers, 11 000 blocs de granite, taillés à la main, formant des murs de 1 m à 2,60 m d'épaisseur. Il est allumé pour la première fois le 17 janvier 1893 [1].

Le phare comporte autant de marches que de jours dans l'année, autant de fenêtres que de semaines et autant de paliers que de mois, à l'instar du phare de l'Île Vierge (Finistère), dont la construction s'achève en 1902 et qui le dépasse en hauteur. L'ancien phare devient sémaphore[2].

Automatisé en 1984, son dernier gardien part en 1990.

Par arrêt du 19 juin 2009, il a été classé aux titre des monuments historiques.

Ouvert à la visite, il reçoit entre 35 000 et 39 000 visiteurs par an[3].

[modifier] Caractéristiques

Vue ancienne.
  • Description : Tour cylindrique de 9,25 mètres à la base et 6 mètres à la passerelle.
  • Position : 49°41'47" N et 1°15'57" W
  • Construction : 1829-1835
  • Élévation : 75 m
  • Nombre de marches : 365
  • Architecte : Charles-Félix Morice de La Rue
  • Électrification : 1893
  • Automatisation : 1984
  • Visitable : oui
  • Feu : blanc à éclats /10 secondes
  • Éclairage : Lampe au xénon 1 600 watts
  • Visibilité : 29 milles (56 km)

[modifier] Le phare de Gatteville dans les arts

Le phare a été peint par Jean-Louis Petit et par le pointilliste Paul Signac, tous les deux exposés au musée Thomas-Henry de Cherbourg-Octeville.

Dans les années 1980, le phare a accueilli le tournage de Diva de Jean-Jacques Beineix.

[modifier] Anecdote

On assure que, de nuit et par temps clair, on peut, de son sommet, apercevoir l'éclat de son homologue de l'Île de Wight, de l'autre côté de la Manche [4].

[modifier] Bibliographie

Articles
  • Albert Desile, « Le phare de Gatteville», La Manche Libre, 28 février 1954

[modifier] Notes et références

  1. Alain-François Lesacher, Le Sentier des douaniers en Normandie, éd. Ouest-France, 2008, p. 49.
  2. « Le phare de Gatteville est entré dans l’Histoire », La Manche libre, 19 septembre 2009.
  3. « Elle veille sur le phare de Gatteville », La Presse de la Manche, 24 août 2012.
  4. Michel Hébert et Philippe Coligneaux, Cherbourg, coll. Mémoire en images, éd. Charles Corlet, 1996, p. 125.

[modifier] Articles connexes

[modifier] Lien externe