Nonains

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Les Nonains est un cours d'eau de la Manche, affluent rive gauche du ruisseau du Hamel à Condé-sur-Vire.

Description

Il prend sa source au hameau de la Grande Renoudière à Guilberville, traverse Saint-Symphorien-les-Buttes, Torigni-sur-Vire, et rejoint le ruisseau du Hamel à Condé-sur-Vire.

Il est à noter que ce cours d'eau porte sur la carte d'État-Major (1825/1866) le nom de ruisseau de Torigni.

Hydronymie

Site de la communauté de religieuses (carte de Cassini, 1753/1785).

Attestations directes

  • Nonnains R. 1689 [1].
  • Nonains R 1736 [2].
  • les Nonains 2010 [3].

Étymologie

Ce nom représente une forme elliptique de °rivière aux Nonains ou °ruisseau aux Nonains, c'est-à-dire « aux nonnes (religieuses) » : nonain est en effet le cas régime (forme complément) du mot none en ancien français.

Il fait référence à une ancienne communauté religieuse autrefois située à la limite de Torigni-sur-Vire et de Saint-Amand. Elle est attestée sur les cartes de Mariette de La Pagerie (1689) et de Jaillot (1736) par le symbole de l'abbaye (de l'ordre de saint Bernard), et sur celle de Cassini (1753/1785) par un ensemble toponymique caractéristique : l'Abbaye, les Religieuses et l'Hopital, légèrement au nord de Torigni.

☞ L'ancien français none « nonne, religieuse » est issu du latin ecclésiastique nonna, forme féminine de nonnus « moine ». Il s'agit initialement, comme pour le mot abbas « père » d'où procède abbé, d'un terme de parenté d'abord employé par respect par les moines pour s'adresser aux plus anciens d'entre eux, avec le sens de « père nourricier ». C'est à l'origine un terme enfantin à reduplication (tel que papa(s) « père nourricier » ou mamma « sein; mère » en latin), qui possède des analogues dans la plupart des langues indo-européennes où il désigne divers liens de parenté : grec ancien nonnos, nennos, nannas « oncle », nannē « tante »; sanskrit nanā « petite mère », persan nana « mère », serbo-croate nana « mère », russe няня (njánja) « nourrice », etc. Les termes féminins de cette série reposent sur une formation indo-européenne °nana, désignant au départ dans le langage enfantin une nourrice ou une femme adulte autre que la mère.

Notes et références

  1. G. Mariette de La Pagerie, cartographe, Unelli, seu Veneli. Diocese de Coutances, divisé en ses quatre archidiaconés, et vint-deux doiennés ruraux avec les Isles de Iersay, Grenesey, Cers, Herms, Aurigny etc., chez N. Langlois, Paris, 1689 [BNF, collection d'Anville, cote 00261 I-IV].
  2. Bernard Jaillot, Carte topographique du diocèse de Bayeux, Paris, 1736 [BNF, Collection d’Anville, cote 00260 B].
  3. Site de la Fédération Départementale de pêche de la Manche, consulté le 4/07/2011.