Nicolas du Chevreuil

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Nicolas du Chevreuil, sieur d'Esturville, est une personnalité médicale de la Manche.

Issu d'une famille noble de la Manche, Nicolas, sieur d'Esturville, docteur en médecine, exerce sa profession à Bricquebec.
Il a plusieurs frères : François, curé de Saint-Martin-le-Hébert ; Floxel, curé de Helleville (1627-1675) ; Jacques, mort en 1649, curé de Catz et de Helleville (1623-1627), professeur et principal du collège d'Harcourt à Paris, professeur au Collège royal ; et Gilles, marié à Marie Guiot.

La famille du Chevreuil est apparentée à celle de Thomas Fortin (v. 1620-1680), originaire de Helleville, proviseur du collège d'Harcourt.

Nicolas du Chevreuil épouse Élisabeth Ranquet par contrat passé le 11 juin 1634, la veille probablement du mariage religieux ; Élisabeth avait presque seize ans, étant née le 23 juin 1618. Les deux familles étaient d'origine modeste, bien que Nicolas soit qualifié d' « écuyer ».
Élisabeth était la fille de Pierre Ranquet, « marchand maître apothicaire épicier bourgeois de Paris », et de feue Marguerite Loret (ou Lorret).
Elle a une sœur, Jeanne, qui était mariée à François Delisle, avocat en Parlement, bailli d'Anet, et deux frères : François, chanoine à Vendôme, et Georges, qui, avec son fils, François, sont présents à la signature du contrat de mariage d'Élisabeth (ils signent : « Lorret »).

Dès sa naissance, Élisabeth est prise en affection par la duchesse de Mercoeur : cette dernière, Marie de Luxembourg, veuve de Philippe-Emmanuel de Lorraine, meurt le 6 septembre 1623 au château d'Anet. Sa fille, Françoise de Lorraine-Mercoeur, avait épousé en 1609, César de Vendôme, fils légitimé d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées. De ce mariage étaient nés le parrain et la marraine d'Élisabeth Ranquet, Louis de Vendôme, futur duc de Mercoeur, et Élisabeth de Vendôme, future duchesse de Nemours.

La vieille duchesse de Mercoeur veilla sur l'éducation de la jeune Élisabeth. Et les Vendôme continuèrent à protéger la famille Ranquet, qui fait partie de leur clientèle la plus fidèle.

Nicolas du Chevreuil et Élisabeth eurent un fils, Jacques Floret du Chevreuil, qui se marie à Catherine Presle, fille d'un bourgeois de Paris, par un contrat du 2 février 1660, où Jacques est qualifié d'écuyer, conseiller secrétaire du roi, greffier des expéditions de la Grande Chancellerie de France et avocat ès Conseil de sa Majesté. Le premier témoin du mariage de Jacques n'est autre que Thomas Fortin, déclaré son cousin. Un autre témoin est Pierre Padet, proviseur du collège d'Harcourt, où Nicolas du Chevreuil, venu à Paris pour la circonstance, a reçu l'hospitalité.

Or Jacques Floret du Chevreuil est celui sous le nom duquel a été obtenu le privilège, en date du 30 avril 1655, d'un ouvrage intitulé : La Vie de damoiselle Elisabeth Ranquet, la mère de Jacques Floret, et dont l'auteur est le même Thomas Fortin, du collège d'Harcourt. Jacques n'avait pu naître avant 1635 (ses parents s'étant mariés en juin 1634) ; il n'avait pas vingt ans lors de la composition de la vie de sa mère, et avait tout au plus quatorze ans quand mourut son oncle Jacques du Chevreuil, fin décembre 1649.

La Vie de damoiselle Elizabeth Ranquet, publiée avec le privilège présenté le 31 mai 1655, présentait une épitaphe « sur la mort de Damoiselle Elizabeth Ranquet... », qui a été composée par le Rouennais Pierre Corneille : ce dernier bénéficiait de la même protection des Vendôme que les Ranquet et les du Chevreuil. Le même texte paraîtra en 1658 dans les Poësies diverses de Mr de Brébeuf : mais il est à restituer sans aucun doute possible au poète normand.

Sources

  • H.-L. Bouquet, L'Ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis, Paris, 1891.
  • Charles Berthelot du Chesnay, « Thomas Fortin et La Vie de damoiselle Elizabeth Ranquet [...] », Revue du département de la Manche, tome III, 1961, p. 54-66.
  • Jean Mesnard, « Deux poésies à restituer à Corneille », Mélanges Georges Mongrédien, Paris, 1974.