Nicolas René Lesplu-Dupré

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Nicolas René Lesplu-Dupré, né à Avranches le 27 mars 1755 et mort dans la même commune le 29 novembre 1837 [1], est une personnalité catholique de la Manche.

Famille

Nicolas René Lesplu-Dupré naît place Baudange [2] dans une grande famille d'Avranches : son père, René-Robert Lesplu, sieur du Pré (1728-1797), est notaire, membre de la Fournée d'Avranches ; sa mère, Jeanne Ginette Henry, est la sœur de Joseph Henry (1737-1817), échevin d'Avranches [3], de Nicolas Henry (?-1801), curé d'Aucey, et de Julien-René Henry, maitre ès arts et bachelier en théologie à Paris, chapelain de Saint-Georges en la cathédrale d'Avranches puis chanoine du Mans. On compte parmi les Henry d'Avranches également Julien, vicaire perpétuel de la Saint-André au XVIIIe siècle, Louis, curé du Val-Saint-Père en 1720, Jacques, curé de Ducey en 1730, Joseph, également chapelain de Saint-Georges puis curé de Virey en 1733, et Joseph Nicolas, chanoine d'Avranches et curé de Beauvoir en 1765 [4].

Ses frères, dont il est l'aîné [4], Joseph (1756-1819), Julien (1766-1838) et René (1768-1840), sont respectivement procureur du Roi à Avranches, supérieur du séminaire d'Avranches et fondateur du Grand séminaire de Coutances, et médecin des hospices d'Avranches, fondateur du comité royaliste de la Manche [3]. Sa sœur, Louise (1763-?), épouse Jean-François Deschamps (1751-1838), avocat et maire de Saint-Pierre-Langers.

Biographie

Après des études classiques au collège d'Avranches, il suit des cours de philosophie au séminaire parisien de Saint-Sulpice. Les Sulpiciens le nomment à 21 ans, maître de conférences puis professeur de théologie [5].

Il reçoit l'ordination en 1779 et devient une année chapelain et prédicateur pour la communauté de Trainel. Son père ne souhaitant pas qu'il poursuive des études à la Sorbonne qui aurait pu en faire un grand prélat, il sollicite pour ce fils une cure auprès des moines du Mont-Saint-Michel qui proposent la cure de Saint-Méloir-des-Ondes près de Cancale (auj. Ille-et-Vilaine) en 1780. Nicolas René préfère celle des Pas, qu'il occupe à partir du 18 juin 1781, pour demeurer près de sa terre natale[4].

Il est choisi comme représentant pour l'arrondissement de Saint-James auprès de l'Assemblée provinciale qui s'ouvre le 6 décembre 1787[4].

Lors de la Révolution française, il refuse d'être député du clergé et fuit en Angleterre en 1792 avec son évêque Belbeuf où il accompagne vers l'état ecclésiastique plusieurs hauts membres de la noblesse émigrée[5].

Il revient dans la Manche en 1802 et devient curé de Saint-Gervais d'Avranches en 1803 [5].

Face aux propositions de postes plus prestigieux, comme l'évêché de Grenoble et la coadjuration de Rouen, il préfère demeurer à Saint-Gervais [5].

Distinction

Vicaire général et chanoine honoraire, il est fait chevalier de l'ordre royal de la Légion d'honneur le 30 avril 1836 [5].

Bibliographie

  • Joseph Deschamps du Manoir, Biographie de M. Lesplu-Dupré, ancien curé d'Avranches (1755-1837), impr. J. Durand, Avranches, 1895

Notes et références

  1. AD50, NMD Avranches, 1833 – 1837 (5 Mi 13), page 583/591 Acte de décès n°205 (lire en ligne).
  2. La maison familiale a disparu dans le percement de la Rue de la Constitution.
  3. 3,0 et 3,1 Grands notables du Premier Empire, vol. 14, Centre national de la recherche scientifique, 1986.
  4. 4,0 4,1 4,2 et 4,3 Édouard Le Héricher, Keepsake avranchinais, 1863.
  5. 5,0 5,1 5,2 5,3 et 5,4 Alexandre Foisil, Particularités biographiques et nécrologiques sur M. Lesplu-Dupré, curé d'Avranches, 1838.

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