Naufrage de L'Atlantique (1933)

De Wikimanche

L'arrivée de L'Atlantique à Cherbourg.
L'Illustration.

Le paquebot français L'Atlantique fait naufrage le 4 janvier 1933 à l'ouest de Guernesey.

Il a appareillé la veille de Bordeaux (Gironde) à 6 h 47 et se dirige vers Le Havre (Seine-Maritime), où son arrivée est prévue le 4 vers 11 h [1]. Il n'a pas de passagers à son bord, seulement une partie de l'équipage, soit 228 marins dont plusieurs femmes.

Un incendie ravageur

Vers 3 h 30, un incendie se déclare à bord, pour une raison inconnue [1]. Le paquebot se trouve à 22 milles au nord-nord-ouest de Guernesey [1]. L'alerte générale est donnée par un veilleur de nuit « qui a vu des flammes s'échapper des cabines de première classe » [1]. Le feu prend très vite de l'extension. L'équipage s'y attaque avec détermination, mais il est gêné par sa propagation rapide et par la fumée qui envahit les parties internes. Un SOS est lancé à 4 h [1]. Le commandant René Schoofs, constatant que les efforts de l'équipage sont vains, donne l'ordre d'évacuation vers 8 h [1].

Plusieurs navires qui se trouvent dans les parages se portent au secours du paquebot [1]. Son repérage est d'autant plus facile que la lueur de l'incendie est visible « dans un rayon de 20 km malgré la brume » [1]. L'équipage est recueilli par le vapeur hollandais Achilles, le vapeur allemand Ruhr et le vapeur Sierra Salvada [2].

Les rescapés arrivent à Cherbourg le jour même vers 18 h 30 [1]. L'Achilles débarque 32 personnes, dont le commandant Schoofs, le Ruhr 86 personnes et le cargo britannique arrivé un peu plus tard Fort Castle 6 [1]. Le Sierra Salvada en a recueilli 70 qu'il compte débarquer à Brest (Finistère) [1].

L'épave de L'Atlantique dérive vers les côtes anglaises pendant plusieurs heures [2]. Le navire « donne de la bande et s'enfonce par l'arrière » [2]. Il parcourt « plus de 60 milles à environ 3 milles à l'heure » [2]. Le 5 janvier à 8 h, il est visible distinctement depuis Portland (Dorset), d'où il n'est plus éloigné que de 8 milles [2]. Alors que l'incendie est « pour ainsi dire éteint » mais que les ponts sont « toujours chauffés blanc », le paquebot est pris en remorque vers 15 h par des remorqueurs français, le Minotaure et les Abeille 22 et Abeille 24 venues du Havre, auxquels l'Iroise vient prêter main-forte un peu plus tard [2]. Il est alors décidé d'amener L'Atlantique à Cherbourg [3].

L'Atlantique arrive le 7 janvier à 1 h du matin [4] [5] [6]. Le ministre de la mer Léon Meyer, venu la veille de Paris par train, est là, accompagné des autorités civiles, militaires et portuaires de Cherbourg [1].

L'incendie fait 19 morts.

Le paquebot restera finalement trois ans à Cherbourg. Camille Théodore Quoniam, alors président de la Chambre de commerce, impose qu'il soit accosté au quai de France, contre l'avis de l'ingénieur Fleury [7]. Il y reste plusieurs mois avant d'être remorqué dans l'arsenal : il prend place dans la forme du Homet. Jugé irrécupérable, le paquebot est finalement démoli.

Description

L'Atlantique est construit par les Chantiers de Penhoët (aujourd'hui Chantiers de l'Atlantique) à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pour la Compagnie Sud-Atlantique, dont le siège est à Paris [1]. Il est lancé le 15 avril 1930 et baptisé à Bordeaux le 26 septembre 1931 [1]. Affecté aux lignes des Antilles et de l'Amérique du Sud, il appareille pour son premier voyage le 29 décembre 1931 [1].

Il mesure 227,10 m de long pour 30 m dans sa plus grande largeur. Sa hauteur au-dessus de l'eau est de 14,40 m. Il jauge 42 000 tonnes, ce qui en fait le deuxième plus grand paquebot français après l'Ile-de-France (43 000 tonnes) [1].

Ce paquebot à trois cheminées compte 12 ponts-étages. Il peut accueillir jusqu'à 1 208 passagers.

Sa machine se compose de 12 chaudières à mazout qui alimentent 4 turbines d'une puissance totale de 61 000 chevaux [1].

Notes et références

  1. 1,00 1,01 1,02 1,03 1,04 1,05 1,06 1,07 1,08 1,09 1,10 1,11 1,12 1,13 1,14 1,15 et 1,16 « Un des plus luxueux paquebots français L'Atlantique de 40 000 t a été détruit par un incendie », L'Ouest-Éclair, 5 janvier 1933.
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 et 2,5 « Comme un gigantesque brûlot, L'Atlantique s'en est allé à la dérive pendant trente-et-une heures », L'Ouest-Éclair, 6 janvier 1933.
  3. « L'Atlantique arrivera ce soir à Cherbourg », L'Ouest-Éclair, 7 janvier 1933.
  4. « L'Atlantique en rade de Cherbourg », L'Ouest-Éclair, 8 janvier 1933.
  5. L'Illustration, n° 4689, 14 janvier 1933.
  6. Le Miroir du Monde, n° 150, 14 janvier 1933.
  7. Jean-Charles Arnault, « L'incendie de L'Atlantique », Reflets, n° 65. (Lire en ligne).

Lien interne

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