Maxime Fauchon

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Maxime Fauchon.

Maxime Fauchon, né à Brécey le 4 mars 1894, mort à Avranches le 1er janvier 1981, est un avocat et homme politique de la Manche.

Avocat au barreau d'Avranches, il est député de la Manche de 1932 à 1942 et de 1956 à 1958.

Il écrit une histoire de sa ville natale et plusieurs ouvrages d'histoire locale, et préside la Société d’archéologie de l’Avranchin.

Il est le père de Jacques (1927-1997) et Pierre Fauchon (1929-2016), tous deux avocats et hommes politiques comme leur père.

Il est propriétaire du Grand doyenné d'Avranches de 1936 à la date de sa mort.

Biographie

Maxime Fauchon est né à Brécey dans une famille d'artisans horlogers qui y exerçaient depuis le milieu du XVIIIe siècle. Dérogeant à la tradition familiale, il fait à Paris des études de droit, qu'il pousse jusqu'au doctorat avec une thèse sur le bailliage de Mortain. Mais auparavant, mobilisé avec la classe 1914, il participe à la Première Guerre mondiale sur les fronts de Champagne (1915), de Verdun (1916), et des Monts de Flandre (1918). Il la termine comme sergent avec quatre blessures, une citation et la croix de guerre.

Rendu à la vie civile et son droit terminé, il est d'abord avocat stagiaire à la cour d'appel de Paris avant de s'inscrire au barreau d'Avranches, dont il sera plusieurs fois bâtonnier. Il ne tarde pas à entrer au conseil municipal de cette ville, où il siège de 1928 à 1940.

Très attiré par l'histoire locale, il publie divers ouvrages sur l'histoire de Brécey, les Usages locaux dans l'Avranchin et le Mortainais et préside la Société d'archéologie d'Avranches.

C'est la retraite parlementaire de Lucien Dior, député de la Manche depuis 1906 et plusieurs fois ministre, qui lui offre l'occasion de se présenter dans la circonscription d'Avranches au renouvellement législatif de 1932. À la suite d'une campagne assez vive, il arrive en tête au premier tour avec 8 909 voix sur 19 784 votants contre 7 976 au maire radical socialiste de Granville, Albert Godal, et 2 193 au républicain de gauche Briens. Au deuxième tour, il l'emporte par 10 209 voix sur 20 023 votants sur Godal qui obtient 9 599 voix. En 1936, c'est dès le premier tour que Fauchon est réélu avec 11 695 voix sur 20 464 votants, contre 7 648 à Godal.

Candidat URD dans la ligne politique de Poincaré et de Tardieu, anticartelliste en 1932 et anti-front populaire en 1936, il se pose en défenseur de l'agriculture et en bon normand des bouilleurs de cru. (Il est membre de leur conseil national) ; partisan de l'électrification des campagnes, du vote familial et féminin, il trouve exagérée « l'omnipotence » des Chambres qui siègent trop longtemps.

Inscrit au Centre républicain, puis au groupe des Républicains indépendants et d'action sociale, Maxime Fauchon fait son apprentissage de député durant son premier mandat avant de s'épanouir au cours du second.

Membre de la commission de l'Alsace-Lorraine en 1933, il entre la même année à celle de l'hygiène où il siège de nouveau en 1936, il participe dès la même époque aux travaux des commissions des boissons ainsi que de la législation civile et criminelle et enfin de la santé publique.

Il est l'auteur de près d'une trentaine de propositions de loi dont beaucoup concernent l'agriculture et les problèmes de sa région alors que d'autres ressortissent plus particulièrement de l'homme de loi ; marchés du blé et du vin, défense des bouilleurs de cru, propriété culturale, baux à ferme, lois sur les loyers, conséquences des conventions collectives agricoles, etc.

Le 10 juillet 1940, il vote à Vichy, comme la majorité de ses collègues, les pouvoirs constituants demandés par le maréchal Pétain

À la Libération, Maxime Fauchon est déclaré inéligible pour avoir voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Cet ancien conférencier de la Fédération catholique du général de Castelnau se consacre alors à son cabinet d'avocat et attend la dissolution de l'Assemblée nationale le 2 décembre 1955 pour renouer avec la politique nationale.

Dans la Manche, Maxime Fauchon prend la tête d'une liste du Rassemblement des groupes républicains et indépendants français qui conclut un apparentement avec les listes MRP, CNI, des républicains sociaux du mouvement paysan d'union sociale de la Manche. L'apparentement ayant dépassé la majorité absolue, tous les sièges à pourvoir lui sont attribués. Ainsi, Maxime Fauchon est-il élu avec 21 078 voix sur 206 624 suffrages exprimés, soit la moitié des suffrages de la liste socialiste qui n'a aucun élu. Maxime Fauchon avait fait campagne sur les thèmes du retour au scrutin d'arrondissement, de la réforme des institutions, de la défense de l'Empire, et de l'union des « pays d'Europe enfantés par la vieille civilisation chrétienne ».

De retour au Palais Bourbon, Maxime Fauchon s'inscrit au groupe des indépendants et paysans d'action sociale. Il est nommé membre de la commission des pensions et de celle de la reconstruction, des dommages de guerre et du logement

Au cours de la législature, il dépose six propositions de loi qui portent témoignage de la pérennité de ses centres d'intérêt d'une république à l'autre : défense des paysans normands, des bouilleurs de cru, questions juridiques liées au monde rural. Notons le 7 novembre 1956 une proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à prendre des dispositions pour accueillir les réfugiés hongrois.

Ses interventions se distribuent entre la défense de ses mandants et des points de droit (droit des entreprises agricoles, baux commrciaux, etc.) Lors du débat sur le projet de loi instituant un Code de procédure pénale, il demande à ce que le garde-champêtre soit revêtu de la qualité d'agent de police judiciaire. Il prend la parole pour défendre le beurre fermier (juillet 1957), les producteurs de pommes (20 septembre 1957), ceux de pommes et de poires le 24 janvier 1958. En mars 1958, il défend le maintien des tribunaux dans les petites villes.

Lors des grands scrutins, il vote à l'unisson de son groupe : les pouvoirs spéciaux en Algérie (12 mars 1956), l'ensemble du projet concernant les territoires d'outre-mer (19 juin 1956), la création de la communauté économique européenne et celle de l'Euratom (9 juillet 1957).

Devant la dégradation du fonctionnement des institutions, Maxime Fauchon fait paraître dans Le Monde un "Appel à de Gaulle" pour restaurer l'ordre dans le pays et pacifier l'Algérie. Ainsi vote-t-il, le 1er juin 1958, la confiance au général de Gaulle. Cependant, instruit par l'expérience, il s'abstient volontairement lors du vote des pleins pouvoirs bien qu'ils soient attribués, cette fois, au gouvernement et non à un seul homme. Il approuve la nouvelle rédaction de l'article 90 de la Constitution relatif à la révision constitutionnelle.

Maxime Fauchon meurt à Avranches en 1981, à 86 ans.

Œuvres

  • Étude juridique et historique sur le bailliage de Mortain, Imprimerie de l'Avranchin, 1923
  • Usages locaux de l'arrondissement d'Avranches, Imprimerie de l'Avranchin, 1938
  • Histoire populaire de Brécey, Imprimerie du Glaneur de la Manche, Saint-Hlaire-du-Harcouët, 1935
  • Châteaux de la Manche, Nouvelles éditions latines, Paris, 2 fascicules, 1968 et 1969

Sources

  • Histoire et Patrimoine. Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940. Presses Universitaires de France, Paris, 1960.
  • Histoire et Patrimoine. Biographies des députés de la IVe république.

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