Marie-Madeleine (bateau)

De Wikimanche

La Marie-Madeleine.
À Cherbourg, entre 1934 et 1944.

La Marie-Madeleine est un bateau de la Manche.

Il s'agit d'un cotre à tapecul, type bautier de Barfleur, qui mesure 22 mètres de long (dont 14 mètres de coque) et 4,65 mètres de large, et dont le tirant d'eau est de 2 mètres. Elle jauge 25 tonneaux. Sa voilure (6 voiles) couvre 193 mètres carrés.

Lancée en avril 1934, elle est classée au titre d'objet dans la liste des monuments historiques le 16 juillet 1984 [1].

Histoire

Elle est construite à Saint-Vaast-la-Hougue en 1934 par le chantier Pierre Bellot pour les patrons Paul et Robert Clarke de Barfleur.

Elle cesse son activité de pêche en 1967 et est déclarée innavigable en 1975. Il est vendu en 1977 au Deauville Yacht-club (DYC) comme bateau de service.

Déclarée impropre à la navigation, elle est rachetée pour un franc symbolique en 1977 par Jacques Dadure, un passionné des vieux gréements, qui la restaure pendant huit ans. « J'ai eu un coup de cœur en la voyant à l'état d'épave », raconte-t-il [2].

Elle a d'abord comme port d'attache Trouville-sur-Mer (Calvados), puis Saint-Vaast-la-Hougue.

Le 5 septembre 2015, le Marie-Madeleine s'échoue sur les rochers des îles Saint-Marcouf [3]. Les 14 passagers et les deux membres d'équipage sont secourus par le canot tout temps de Barfleur, l'Amiral de Tourville, et la vedette SNS 210 Président-Jules-Pineaux, de Saint-Vaast-la-Hougue. Le bateau, lui, est en mauvaise posture. Plusieurs tentatives de déséchouage restent infructueuses. Le 9 septembre, au soir, le dernier essai met les sauveteurs en situation périlleuse [4]. L'un d'eux tombe à la mer. Le CROSS Jobourg fait intervenir l'hélicoptère de la Marine nationale pour hélitreuiller les sauveteurs, le bateau sombre aussitôt après [4]. Il gît par 10 mètres de fond, éventré sur 4 m à babord [5] et un mètre de large, avec des membrures brisées. Des portes sont retrouvées sur la plage de Quinéville[6].

« C'est une partie de moi-même qui vient de disparaître, quarante années de ma vie qui sombrent au fond de l'eau, c'est l'histoire d'une vie maritime, analyse Jacques Dadure. Avoir été propriétaire d'un tel navire a été une vraie passion avec des moments difficiles et d'autres passionnants. » [2].

Le 20 septembre suivant, le bateau est remorqué à Saint-Vaast-la-Hougue par l'équipe du Ceres [5]. Les travaux de remise en état de la coque sont estimés à 418 000 €, qui pourraient être subventionnés à 80 % [7]. Le reste, environ 80 000 €, pourrait être financé par du mécénat, des dons et diverses animations.

Notes et références

  1. Base Palissy, ministère de la Culture, 1992 (lire en ligne).
  2. 2,0 et 2,1 « Marie-Madeleine : 40 ans de ma vie qui sombrent », Ouest-France, 11 septembre 2015.
  3. « Le “Marie-Madeleine” au péril de la mer», Ouest-France, 6 septembre 2015.
  4. 4,0 et 4,1 « Saint-Marcouf : le Marie-Madeleine a sombré », La Manche Libre, site Internet, 10 septembre 2015 (lire en ligne). ; « Le “Marie-Madeleine” gît entre les îles Saint-Marcouf », Ouest-France, 11 septembre 2015.
  5. 5,0 et 5,1 « «Le Marie-Madeleine renfloué », Ouest-France, 21 septembre 2015.
  6. Ouest-France, 30 septembre 2015.
  7. « La Marie-Madeleine a besoin de 418 000 € avant l'été », Dimanche Ouest-France, 7 février 2016.