Louis Le Bourgeois

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Louis Le Bourgeois, né à Héauville vers 1620, mort à Avranches le 30 septembre 1680, est un poète et théologien de la Manche.

Biographie

Au début du XVIIe siècle, ce docte ecclésiastique, seigneur d’Héauville, sa paroisse natale, exerce son ministère dans le diocèse d’Avranches [1].

Louis Le Bourgeois est le fils de Robert Le Bourgeois, mort le 6 avril 1616, et de Marie de Mathan, dame de Ducy et de Carnet, mariés en 1604.

Nommé, en 1634, chapelain de Sainte-Julie de Ducy, après son frère Robert, Louis est, le 12 décembre 1637, prieur d'Héauville et le reste deux ou trois ans.

Il fait ses études à la Sorbonne et devient, en 1640, bachelier en théologie. Curé d'Héauville du 13 janvier 1640 au 2 avril 1643, puis, à partir de 1640, il est nommé abbé de Chantemerle, dans le diocèse de Troyes (Aube), puis, le 31 juillet 1642, chanoine et grand doyen d'Avranches. Il démissionne de cette charge le 23 juin 1656 en faveur de son frère Robert, curé de Carnet [2].

En 1655, avec François de La Luthumière, Louis Le Bourgeois fonde le séminaire de Valognes, une maison qui connaîtra de graves difficultés avec l'évêque de Coutances, en raison de ses liens avec Port-Royal : il reste un appui très ferme pour La Luthumière.

C'est là qu'il compose un Catéchisme en vers avec des prières quand on assiste à la messe destiné à enseigner à monseigneur le Dauphin « les plus importantes vérités de la religion en cantiques »[1]. L'ouvrage voit le jour en 1669 avec de nombreuses approbations d'évêques, et de plusieurs docteurs parisiens, amis de Port-Royal, dont les Normands François Diroys, docteur de Sorbonne, et Thomas Fortin, proviseur du collège d'Harcourt ; il sera traduit en néerlandais et connaîtra de nombreuses rééditions. Le théologien en exil Antoine Arnauld vantera en 1682 les « fort beaux vers [de Le Bourgois], quoique fort naturels et proportionnés à l'intelligence des simples » et se loue de compter leur auteur parmi ses amis.

De 1670 à 1672, le séminaire de Valognes connaît encore une période florissante, mais pour une assez courte durée.

Louis Le Bourgeois publie un autre ouvrage : Les Devoirs du Chrétien, qui paraît, en juillet 1673 avec l'approbation de nombreux évêques et docteurs, dont celle de Thomas Fortin.

Il semble n'avoir quitté Valognes que deux ans après la fermeture du séminaire (1675), tandis que François de La Luthumière continue à y demeurer : le 4 octobre 1677, Le Bourgeois reprend possession de sa charge de grand-doyen d'Avranches, que lui rétrocède son frère Charles, à qui Louis donne en échange le priorat d'Héauville. On considère ce dernier, à la différence de Louis, comme un médiocre rimailleur [1].

Il meurt le 30 septembre 1680. Son successeur comme grand-doyen se nomme Étienne Diroys, un autre ami de Port-Royal.

Publications

  • Catéchisme en vers dédiés à Mgr le Dauphin, Paris, 1669 ;
  • Les Devoirs du Chrestien, Paris, 1673 ;
  • Œuvres spirituelles, Paris, 1680.

Bibliographie

  • Émile Jacques, Les années d’exil d’Antoine Arnauld, Louvain, 1976, p. 608-611.
  • Jean Lesaulnier, Chroniques de Port-Royal, 36, 1986, p. 74, 101-102.
  • Jean Lesaulnier, Images de Port-Royal, Paris, 2002, p. 138-139 et passim.
  • Jean Lesaulnier et Antony McKenna (dir.), Dictionnaire de Port-Royal, Paris, Champion, 2004, p. 605.

Notes et références

  1. 1,0 1,1 et 1,2 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 2, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, éd. Eurocibles, Marigny.
  2. J.-L. Adam, « Valognes », in Cherbourg et le Cotentin, impr. Le Maout, 1905.