Louis Corbière

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François Marie Louis Corbière, né à Champsecret (Orne) le 10 mai 1850, mort à Cherbourg le 3 janvier 1941, est un botaniste de la Manche.

Biographie

Né près de la forêt d'Andaine, dont son père est garde forestier, Louis Corbière entre à l'École normale des instituteurs d'Alençon à 16 ans. Sorti premier, il est nommé professeur au collège de Sées (Orne), puis rapidement, en 1869, à celui d'Argentan (Orne). En parallèle de ses cours, il poursuit des études en latin et obtient une licence ès lettres puis ès sciences naturelles. Il entame à cette époque ses recherches personnelles de botanique et géologie. Remarqué par Morière, ce dernier lui confie la réédition de la Flore de Normandie.

En octobre 1882, il est nommé au collège de Cherbourg. Dès 1883, il étudie la flore locale, remarquant notamment l'introduction de l'élodée du Canada (elodea canadensis) dans le Cotentin, en provenance d'Amérique du Nord. Il étudie également les voies de chemin de fer reliant Sottevast et Martinvast, où apparaissent de nouvelles espèces amenées par les graines collées aux wagons. Il publie en 1889 un mémoire sur les muscinées dans la Manche, obtenant le prix Thore de l'Académie des sciences.

Le 2 janvier 1884, il est élu membre titulaire de la Société nationale académique de Cherbourg [1].

En 1893, il publie la Nouvelle flore de Normandie, succédant à l'ouvrage de Morière. Cet ouvrage reconnu reste sa plus grande contribution.

Vice-président de l'Association française de botanique dès sa fondation en 1898, il entre à la Société botanique de France en 1907, où il se forge une réputation de bryologue (étude des mousses). Membre de la Société nationale des sciences naturelles et mathématiques de Cherbourg dès son arrivée dans le Cotentin en décembre 1882, puis secrétaire en 1895, il est élu secrétaire perpétuel en 1903, et la dirige après la mort d'Auguste Le Jolis en 1904. En 1920, il prend le titre de directeur perpétuel de la société.

Il prend sa retraite après la Première Guerre mondiale, mais demeure actif. Conservateur du muséum d'histoire naturelle de Cherbourg, directeur scientifique du Parc Emmanuel-Liais, il est aussi inspecteur du service phytopathologique et président de la société d'horticulture de la ville. Après avoir étudié les algues, il revient aux champignons, vice-président de la société mycologique en 1923. Il ne délaisse pour autant pas les autres branches de la botanique, exception faite des lichens. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1923 et reçoit le prix Noury de l'Académie des sciences en 1932.

En 1905, quelques mois avant sa mort, le statuaire Armand Le Véel le choisit comme dépositaire du manuscrit de ses Mémoires : il en fera don à la Société nationale académique de Cherbourg [1].

Distinctions

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, vol. XXIII, 1942, pp. 27-28.
  2. Cherbourg-Éclair, 5 octobre 1923.