Lionel Audigier

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Lionel Audigier.

Lionel Philippe Edmond Audigier, né au Havre (Seine-Maritime) le 6 février 1909 [1] et mort à Saint-Lô le 6 juin 1944, est un homme politique de la Manche.

Biographie

Il est le fils de Georges Audigier (1863-1925), député de l'Oise, et de Madeleine Couvert (1871-), petit-fils de Joannès Couvert (1846-1921), président de la Chambre de commerce du Havre.

Docteur en droit, diplômé de sciences politiques, secrétaire général du Vaucluse, il est lieutenant du 27ème régiment des Tirailleurs algériens [2].

Il commence sa carrière administrative dans des cabinets ministériels, auprès de Paul Thellier et ensuite auprès de Pierre Caziot, ministre-secrétaire d’État à l'agriculture sous le régime de Vichy [3]. Ces dernières fonctions lui permettent de découvrir la Manche[4].

Du 18 avril 1942 jusqu'au mois de juin suivant, il est directeur de cabinet de René Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy [5],[6].

Il revient dans la Manche comme sous-préfet de Cherbourg en juin 1942 [4]. Son prédecesseur Louis Dupiech est nommé Préfet de la Meuse le 23 mai 1942.

En octobre 1942, il est contacté par Jean Sainteny, alias « Dragon », pour entrer dans le réseau Alliance, sous le pseudonyme de « Couteau » [4]. La présence du sous-préfet dans le réseau est un atout de choix. Surtout, il se met en liaison avec divers groupes de résistance auxquels il ne cesse de fournir des renseignements [4].

Cela n'empêche pas ce haut-fonctionnaire nommé par Vichy de ne pas être un atout de choix pour les Juifs. Ainsi, le 11 octobre 1942, il réquisitionne les gendarmes pour rafler six personnes juives -parmi lesquelles le jeune Marc Grunberg âgé de 14 ans- et les faire transférer au camp d'internement de Drancy, antichambre du camp d’extermination d’Auschwitz. Il en avise le préfet de la Manche Henri Faugère par une note datée du 17 octobre 1942 [7].

Prétendument dénoncé comme résistant par Élisa de Plinval, il est arrêté par la Gestapo le 14 mars 1944, ( ou le 17, ou le 18 ) et incarcéré à la prison de Saint-Lô. Il y meurt sous les bombardements de la Libération dans la nuit du 6 au 7 juin 1944 [8].

On ignore encore aujourd'hui le motif de son incarcération.

Hommages

Stèle commémorative à Cherbourg.

À Cherbourg, un square porte son nom. Depuis 1994, la stèle commémorative située dans ce square, scellée le 25 juin 1994, est entretenue par les municipalités successives.

Une salle de la sous-préfecture de Cherbourg porte son nom depuis 1982, lors d'une cérémonie en présence du sous-préfet Gérard Lefebvre, son ancien chauffeur Martin ainsi qu'Alphonse Lange[9].

Notes et références

  1. - Acte de naissance n° 376 - Page 102/562.
  2. Selon l'état de services établi aux Archives départementales de la Manche, en 1982.
  3. « Loi du 2 juin 1941 », Mémoire juive et éducation, site internet (lire en ligne).
  4. 4,0 4,1 4,2 et 4,3 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 2, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier.
  5. Éric Conan, « La vraie vie de René Bousquet », L'Express, site internet, 28 septembre 1990 (lire en ligne).
  6. Pascale Froment, René Bousquet, p. 167, éd. Stock, 1994.
  7. « Le sous-préfet de Cherbourg rend compte au préfet de la Manche de l'arrestation d'israélites français par les Allemands », Didac'doc, n° 32, novembre 2012, Service éducatif des archives départementales de la Manche (lire en ligne).
  8. André Picquenot, Cherbourg sous l'occupation, éd. Ouest-France, 1983.
  9. La Presse de la Manche, Ouest-France, 7 juin 1983.

Articles connexes