Lambert-Léonard Le Forestier

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Lambert-Léonard Le Forestier, né à Cerisy-la-Forêt le 4 mars 1764, mort le 25 février 1849, est une personnalité de la Manche, sauveur de la cathédrale de Bayeux (Calvados) et des tapisseries de la reine Mathilde sous la Révolution[1].

Le sauveur de la tapisserie de Bayeux

Fils de Pierre Le Forestier, médecin, et de Madeleine Cœuret de Séqueville, Lambert-Léonard Le Forestier étudie au collège du Mont, à Caen (Calvados). À 18 ans, il intègre le régiment de la Reine-Dragons sous le commandement du baron de la Tour-du-Pin qui en est colonel. A l'expiration de son engagement, il suit des cours de droit, et est reçu avocat. Installé à Bayeux, il plaide au bailliage et à l'Officialité de cette ville [2].

Avec la Révolution, il est candidat pour enseigner gratuitement au collège de Bayeux en remplacement des religieux qui refusent tous de prêter serment à la Constitution civile du clergé, et éviter ainsi que l'établissement ferme. À la chaire de seconde de la fin de 1790 jusqu'en 1792, il quitte sa fonction quand il est élu membre du district, après avoir été nommé officier municipal et capitaine de la compagnie de chasseurs de la garde nationale [2].

Il est ensuite nommé commissaire du Directoire exécutif pour le district de Bayeux. A cette fonction, il s'illustre en protégeant la tapisserie de la reine Mathilde et la cathédrale de Bayeux [2].

En effet, alors que la République est attaqué à sa frontière, les volontaires se rassemblent au sein du 6e bataillon bis du Calvados, et cherchent de la toile pour couvrir les voitures qui doivent les mener au combat. La tapisserie de la Reine Mathilde conservée dans le dépôt de la cathédrale est convoitée mais Le Forestier s'oppose à cette utilisation et place l'ouvrage dans son cabinet [2].

Il empêche également la destruction de l'église Saint-Patrice de Bayeux, en en faisant un dépôt de fourrages, et s'oppose à l'arasement de la cathédrale, voulu par le pouvoir révolutionnaire. Il s'en rend acquéreur pour deux cent mille francs après avoir écarter les autres acheteurs potentiels en introduisant dans le cahier des charges certaines conditions impossibles à réaliser [2].

Adjoint au maire de Bayeux entre 1799 et 1800, et membre du conseil d'arrondissement depuis sa création, il est désigné commissaire de Police et assume cette charge jusqu'à sa destitution, vers 1835 [2].

Son fils, Louis Édouard le Forestier, est architecte.

Notes et références

  1. Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 2, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, Éditions Eurocibles, Marigny, ISBN 2914541147.
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 et 2,5 V-E Pillet, « Lambert-Léonard Le Forestier », Annuaire du département de la Manche, volume 21, 1849.