L'église de Gréville

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L'Église de Gréville est un tableau de Jean-François Millet, représentant l'église Sainte-Colombe de Gréville-Hague.

Histoire

Jean-François Millet se réfugie dans le Cotentin de la fin août 1870 à novembre 1871. Il loge alors à l'auberge de Gréville. « C'est pour moi une bien grande et une bien triste émotion de revoir en étranger la maison où je suis venu au monde, où mes parents ont vécu et sont morts... J'ai aussi parcouru les champs où je travaillais autrefois. Ces champs sont à des étrangers qui ont maintenant le droit de me demander pourquoi j'entre là et de m'en faire sortir, je suis tout gonflé de mélancolie et de tristesse. »[1]

Il dessine durant ce séjour des dessins de paysages haguards, qui deviennent pour certains des toiles une fois revenu dans son atelier de Barbizon. Parmi ces esquisses, plusieurs sont consacrées à l'église Sainte-Colombe de Gréville-Hague, mais la toile qu'il en tire ne lui convient pas. « Je ne suis pas arrivé, écrit-il en 1873 à son collègue britannique Henry Wallis, à rendre une certaine impression de cette scène qui avait frappé mon imagination lorsque j'étais enfant, mais j'espère y parvenir un jour. »[2]. Il retravaille longtemps cette toile et la conserve jusqu'à sa mort.

« La vieille église, fortement assise, domine la falaise ; la mer s'étend au loin ; dans un ciel de printemps, où flottent de fines vapeurs, des oiseaux voltigent. Au fond, les premières maisons du village ; devant l'église, un grand champ pierreux, un sentier à peine tracé ; dans le clos, une vieille croix de pierre. Un homme passe lentement[1]. »

Julien Cain écrit : « L'œuvre est d'une harmonie pénétrante et forte. Toutes les réserves que l'on pouvait faire sur Millet coloriste doivent tomber ici ; il n'y a plus de lourdeur ni de dureté, mais une grande clarté et même quelque raffinement[1]. » La peinture mêle la modernité du style à la nostalgie mélancolique du lieu[2].

Cette toile, peinture à l'huile de petit format (60 cm de haut sur 73,4 cm de large)[3], est mise en vente à la mort de l'artiste. Acquise par les Musées nationaux pour 12 200 francs, en même temps que Les Baigneuses (810 francs) et 16 dessins[1], elle est exposée au musée Luxembourg jusqu'en 1886, puis au musée du Louvre jusqu'en 1986, date à laquelle elle est affectée au nouveau musée d'Orsay[3].

La toile influence une nouvelle génération de peintres, parmi lesquels Vincent Van Gogh, qui s'en inspire probablement pour son Église d'Auvers-sur-Oise, et Cézanne qui en possède une photographie[2].

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2 et 1,3 Julien Cain et Paul Leprieur, Millet, coll « l'Art de notre temps », Librairie centrale des Beaux-Arts
  2. 2,0, 2,1 et 2,2 Commentaire de l'œuvre, Musée d'Orsay
  3. 3,0 et 3,1 Notice de l'œuvre, musée d'Orsay

Articles connexes