Julien Blondel de Néron

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Julien Blondel, appelé Julien Blondel de Néron, né à Reffuveille, mort à Saint-Domingue en 1792, est une personnalité de la Manche.

Le général aux quatre cent cinquante esclaves

Né à une date que nous ignorons précisément, le général Julien Blondel de Néron mène une existence longtemps obscure. Fut-il d’ailleurs vraiment général ? Il est probable qu’il s’attribua lui-même ce grade. Ce qu’on sait avec exactitude de ce Julien Blondel, qui se fit appeler Blondel de Néron, c’est qu’il débarque en septembre 1764 sur l’île de Saint-Domingue, alors colonie du roi de France [1]. Il fait rapidement fortune. Il y est planteur et posséde une sucrerie, un moulin à sucre, une superbe demeure, une vingtaine de mulets, dix chevaux, trente bêtes à cornes et à quatre cent cinquante esclaves noirs [1]. Le détail de ces biens nous est connu grâce aux travaux d’une commission chargée, en 1830, d’évaluer les fortunes des colons français de Saint-Domingue.

La révolte gronde depuis longtemps chez les Noirs que le général Rochambeau a difficilement vaincus quand la Convention leur reconnaît l’égalité politique. C'est immédiatement une nouvelle explosion. Blondel prend alors la tête d’une nombreuse troupe de colons qui tente de mâter les Noirs en révolte [1]. Le « général » originaire du Mortainais n’a pas à combattre très longtemps car il est tué en plein champ de bataille [1].

Il est intéressant d’évoquer l’existence de ce personnage car elle rappelle que de nombreux Normands partirent au XVIIIe siècle coloniser les Antilles et que beaucoup y connurent un sort tragique après y avoir mis les terres en valeur et fait fortune en profitant d’une main d’œuvre abondante à très bon marché…

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2 et 1,3 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 2, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier.

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