Jetée du Homet

De Wikimanche

Vue générale.
Le musoir.

La jetée du Homet ou digue du Homet, écrit aussi Hommet, est une protection maritime de la Manche, située à Cherbourg-en-Cotentin.

Son nom vient du rocher sur lequel elle s'appuie. Elle mesure 1 km de long [1].

Une vigie a été construite à son extrémité, gérée par la Marine nationale, qui permet de surveiller le trafic à l'entrée du port militaire.

Elle est reliée par voie ferrée à la gare d'Équeurdreville.

Situation

La jetée du Homet délimite, à l'ouest, la petite rade de Cherbourg. Elle est le pendant, à l'ouest, de la jetée des Flamands. Elle est « enracinée à la pointe nord-est de l'arsenal de la marine, sur un terre-plein gagné sur la mer » [1].

Histoire

Elle est construite entre 1910 et 1914 par la Marine militaire [1] « pour abriter dans la petite rade les flottilles de navires légers et pour couvrir les manœuvres des navires devant entrer dans la nouvelle cale sèche du Homet » [2].

D'abord uniquement militaire, sa fonction s'ouvre pendant la Première Guerre mondiale à une activité commerciale par un acte du 23 septembre 1916 passé entre les ministres de la Marine et de la Guerre, d'une part, et ceux des Travaux publics, des Finances et du Commerce, d'autre part [2]. Le 15 août 1917, une décision du Service général d'exploitation des ports maritimes y crée l'Établissement maritime du Homet (ETH). La gestion en est confiée à la Société pour l'exploitation de l'ETH. De juin 1917 à fin décembre 1920, 590 navires viennent s'y amarrer [2]. La jetée sert de quai d'accostage à des cargos transportant essentiellement du charbon, devenant, de fait, le premier terminal charbonnier du port de Cherbourg. De juin 1917 à fin décembre 1918, 347 702 tonnes de houille y sont ainsi déchargées [2]. Le charbon en provenance des États-Unis est particulièrement abondant : du 1er juin 1919 au 31 décembre 1920, sur les 428 281 tonnes de houille qui y sont débarquées, 203 573 tonnes (48 %) viennent des États-Unis [2].

Après la Première Guerre mondiale, la jetée du Homet sert de « base d'évacuation » à l'armée portugaise, la Pologne y établit « une importante base de ravitaillement » et les sociétés Hudson's Bay et Transit Maritime en font un poste d'approvisionnement de leurs navires [2]

« Il est possible d'accoster à la jetée du Homet à toute heure du jour, quelle que soit la marée : deux heures après son entrée sur rade, un navire peut y commencer ses opérations. » [2].

Notes et références

  1. 1,0 1,1 et 1,2 Raymond Fleury, « Les travaux d'extension du port de Cherbourg », Journal de la Marine marchande, n° 648, 3 septembre 1931.
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 et 2,6 Camille Théodore Quoniam, Pour le port de Cherbourg, Impr. E. Domin, Caen, 1921, pp. 51-62.