Jean Turmeau

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Monument à Jean Turmeau

Jean Turmeau, né à Brétignolles-le-Moulin (Mayenne), aujourd'hui Le Housseau-Brétignolles, le 24 avril 1922, mort à Saint-Lô le 11 mai 1944, est un résistant de la Manche.

Résistant à 20 ans

Jean Turmeau entre en résistance courant 1942, à Brest où il est étudiant ; il devient adjoint départemental pour l’Ille-et-Vilaine du commandant Tanguy et arrive dans la Manche en 1943 [1].

On distingue trois phases dans sa carrière de résistant : une première dans une organisation gaulliste brestoise, une seconde dans les FTPF communistes d’Ille-et-Vilaine, une troisième à la tête du groupe Francs-tireurs et partisans français (FTPF) d’Avranches et responsable de l’ensemble des FTPF de la Manche [2].

À Avranches, quelques individus étaient disposés à constituer un groupe FTPF en lien avec des camarades d’Ille-et-Vilaine. Louis Renault, coiffeur à Avranches va entraîner son voisin, Georges Lourdais artisan peintre, le couvreur Louis Morazin, le contremaître Jacques Mansuy. Chacun a un nom de guerre : Renault est « Léon » ; Lourdais, « Isidore » ; Morazin, « André » et Mensuy, « Michel ». Le premier groupe FTPF d’Avranches est constitué. Il est dénommé Charles Tillon, du nom du fondateur rennais des FTPF, membre du comité central du PCF Il est prêt à passer à l’action, sous les ordres de Jean Turmeau,dit « Alfred » [1].

Jean Turmeau est responsable militaire à l’échelon départemental mais il dirige plus précisément le nouveau groupe d’Avranches, il est spécialiste en sabotages, déraillements de trains, confection de tracts, de faux papiers, tickets d'alimentation et aide aux réfractaires du STO [1].

Il est d’abord hébergé par Albertine Jehan, qui tient « Le Chat noir », un magasin de chaussures à Avranches, puis chez Germaine Chenu, restauratrice à Sainte-Pience, membre du mouvement « Libération Nord » [1].

Il est arrêté une première fois le 3 septembre 1943 et parvient à s’évader le 7 de la prison de Rennes.

Entre le 4 décembre 1943 et le 1er février 1944, il organise neuf déraillements dans le sud-Manche, le sabotage d’un train en gare et un attentat contre l’usine hydro-électrique de Vezins [2].

Le 31 janvier 1944, il passe sa dernière nuit à Avranches ; le matin du 1er février 1944, il part pour Flers (Orne), où il est capturé par des policiers français de la brigade régionale de police de sûreté de Rouen lors d'un rendez-vous connu à la suite de l’arrestation de l’inter-régional militaire. Interrogé pendant plusieurs jours, il est remis aux autorités allemandes à Flers, écroué à Domfront, puis à Saint-Lô. Début mai, il est condamné à mort par le tribunal de la Feldkommandantur 722 [1].

Le 2 mai, il écrit sa dernière lettre à ses parents et sa petite sœur [2].

Le 11 mai 1944, il est extrait de la prison très tôt et exécuté au champ de tir, route de Baudre, à Saint-Lô, le lieu habituel des exécutions [1] et sa dépouille ensevelie secrètement dans un bois, à La Barre-de-Semilly [2].

Hommage

Le 2 mai 1948, un monument est inauguré dans le jardin de l'Évêché à Avranches, on y lit :

« A Jean Turmeau.
Responsable F.T.P.F. de la Manche.
Chef du groupe d’Avranches.
Héros de la Résistance.
Fusillé par les Allemands
à St-Lô le 10 mai (sic) 1944
à l’âge de 22 ans. ».

Il n'est pas fait mention du rôle de la police française dans l'arrestation du martyr [1].

Bibliographie

  • Yves Murie, « Jean Turmeau, un héros méconnu de la résistance avranchinaise », Revue de l'Avranchin, t. 92, 2015, p. 47-57

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 « Dernière lettre d’un résistant fusillé, Jean Turmeau (Saint-Lô, mai 1944) », Olivier Jouault, « Didac'doc », Archives départementales de la Manche.
  2. 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Olivier Jouault, « La résistance », Docu’Manche, n° 1, Archives de la Manche, Maison de l'Histoire, 23 mars 2017 (lire en ligne) consulté le 24 mars 2019.