Jean Magloire Dorange

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Jean Dorange.

Jean Magloire Dorange, né le 17 novembre 1911, mort à Montebourg le 14 avril 1941, résistant, est une personnalité liée au département de la Manche.

Fusillé main dans la main avec Devouassoud

Il serait injuste de le séparer de son compagnon Pierre Devouassoud.

Jean-Magloire Dorange, moniteur-aviateur de vingt-neuf ans, est le professeur-instructeur de Pierre à la base de Saint-Brieuc (Côtes d'Armor) [1].

Répondant à l’appel du 18 juin du Général de Gaulle, le « Buhara », un bateau de pêche qu’ils ont acheté avec treize autres résistants, quitte le 12 février 1941 au soir, la baie de Fresnaye près de Saint-Cast en Bretagne [1].

Un bateau en mauvais état qu’ils ont payé très cher, qui tombe en panne et c’est à la grande voile qu’ils traversent la Manche de nuit [1]. Mais à hauteur de Guernesey, au petit matin, un patrouilleur à croix gammée s’approche… Faits prisonniers, les passagers du « Buhara » sont dirigés d’abord sur Guernesey, puis la prison maritime de Cherbourg où ils sont livrés à la Gestapo et enfin la prison de Saint-Lô, antichambre du tribunal [1].

L’acte d’accusation est le suivant :

  • 1 - Quinze jeunes gens, tous de nationalité française, sont accusés d’avoir quitté, en temps de guerre, le territoire occupé par les troupes allemandes, et cela sur un bateau de pêche acheté par la communauté, pour la somme de 40 000 francs.
  • 2 - D’avoir eu l’intention de se rendre en Angleterre afin d’y aider volontairement les forces rebelles du Général de Gaulle et les armées britanniques, ce qui est considéré comme un crime envers le Grand Reich.

En fait, aucun des quinze prisonniers n’a parlé, mais c’est sur les lieux même de leur embarquement que la police allemande a trouvé les preuves de leur engagement [1].

Malgré les efforts, reconnus par les prisonniers eux-mêmes, du capitaine allemand Rolls, avocat chargé de leur défense, le réquisitoire est terrible : 15 demandes de condamnation à mort [1]. Le tribunal en prononce onze. L’avocat plaide à nouveau, exaltant le patriotisme qui a inspiré l’aviateur .

La cour prononce sa dernière sentence : peine de mort pour Dorange et Devouassoud, travaux forcés pour douze autres (dont deux – Raymond Carvel et Auguste Zalesky – ne reviendront pas) et sept ans pour le plus jeune, Maurice Queret (16 ans) [1].

Après plusieurs recours, l’exécution est décidée pour le 12 avril, jour du Samedi Saint au champ de tir installé par les Allemands dans l’enceinte des vieux murs de l’Abbaye de Montebourg.

Arrivés au terme de leur calvaire, ils s’embrassent une dernière fois, se tiennent par la main, font face au peloton d’exécution, les yeux libres, et crient : « Vive la France, vive l’Angleterre » avant que la décharge n’ébranle l’air… [1].

Inhumés d’abord à Ozeville, leurs corps reposent depuis 1945 au cimetière d’Orglandes [1].

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 1,6 1,7 et 1,8 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 4, sous la direction de René Gautier.